Information
OM : Benoît Cheyrou estime que "les remplaçants ont fait la différence" contre Strasbourg
Présent à la Meinau vendredi pour commenter l'affiche entre Strasbourg et l'OM, Benoît Cheyrou a été surpris par la composition d'équipe de Roberto De Zerbi. Mais pour l'ancien joueur marseillais, la profondeur de banc de l'effectif olympien est un atout supplémentaire pour cette saison.
Les remplaçants du côté olympien ont-ils modifié la physionomie du match ?
Oui, mais pour Strasbourg aussi, avec notamment l’entrée de Ouattara à la pause, qui marque très rapidement. À l’OM, les remplaçants ont fait la différence avec la profondeur d’un (Pierre-Emerick) Aubameyang, entré dans la dernière demi-heure avec plus d’espaces devant lui. C’est très malin. (Robinio) Vaz et (Benjamin) Pavard ont aussi été décisifs sur le but de la victoire, mais j’ai envie de parler de Vaz. Il s’était montré contre le Paris FC, avec les jeunes Nadir et Bakola, en marquant son premier but. Il avait impulsé quelque chose, il est spontané, plein de culot, mais aussi très fin. Dans le jeu de position de De Zerbi, on voit des joueurs qui doivent rester dans certaines zones pour être trouvés, mais les jeunes comme Vaz sortent de ce cadre pour le déformer et donner un peu plus de folie.
Etiez-vous surpris par la composition de départ avec Aubameyang, Greenwood et Pavard sur le banc ?
Un peu. Entre Strasbourg et l’OM, on a eu mal à la tête au moment de faire les compositions probables. La nouveauté d’hier, pour moi, était de voir Angel Gomes en numéro 10 et Matt O’Riley un cran plus bas. Je pensais que ce serait l’inverse d’ailleurs. Mais ça peut être une force pour la suite, on a vu les trois tourner et permuter, jouer en une touche. S’ils arrivent à bien s’entendre et à trouver une relation comme celle du PSG, entre Vitinha, Neves et Fabian Ruiz, ça peut faire mal. (Arthur) Vermeeren va entrer dans cette rotation, ce sera un plus.
Cette profondeur de banc est-elle la principale différence avec l’effectif de la saison dernière ?
Oui, surtout derrière, où tu avais Pavard et Emerson sur le banc au coup d’envoi. C’était indispensable de recruter dans ce secteur, aussi bien en quantité qu’en qualité. Ça va les aider. Un joueur comme Emerson a encore fait une super entrée, il va beaucoup apporter. Le plus intéressant sur cet aspect, c’est que l’OM dispose de profils différents au même poste. Ça aussi, c’est très malin. Un garçon comme Timothy Weah a été recruté pour sa polyvalence, il peut jouer ailier droit, ailier gauche, piston droit, piston gauche… Comme Murillo, c’est un joueur capable de jouer de partout et de surprendre à tout moment. Ça offre plus d’options et d’opportunités pour l’OM.
Buteur victorieux, Murillo n’avait justement pas joué contre le Real Madrid et le PSG. C’est aussi le symbole de cette rotation ?
Murillo est un cas typique. Il a très peu été sur le banc la saison dernière parce qu’il a été bon et, aussi, parce qu’il n’y avait pas d’autres options. J’étais presque frustré pour lui de le voir sur le banc pour les deux matches les plus prestigieux du début de saison contre le Real et le PSG. C’est un super joueur, fiable, complet et capable de jouer à plusieurs postes. C’est le symbole de la rencontre car il revient sur le terrain après deux matches sans jouer, il marque son but du gauche et l’OM s’impose.
Le coach de l’OM doit-il revenir à son onze-type pour la réception de l’Ajax, mardi, au Vélodrome ?
Je ne fais pas de prédictions par rapport aux choix du coach, mais quand tu gagnes, c’est toujours plus facile de faire tourner, de montrer à ceux qui sont habituellement sur le banc qu’ils ont apporté. Quand tu gagnes, le coach a toujours raison. L’OM le sait et c’est le challenge de la saison : il faut être compétitif tous les trois jours. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait dans ce groupe des mecs qui vont à Madrid pour faire des photos du Bernabeu. Mais les parcours de Brest et Lille en Ligue des champions doivent aussi leur donner envie.
Paixao a été préféré à Greenwood au coup d’envoi. Comment le trouvez-vous ?
Par rapport à ce que je vois depuis son arrivée, il était beaucoup plus décisif et en confiance à Feyenoord. Je ne sais pas quelles sont les libertés que lui laissait le coach à Rotterdam, mais il doit désormais faire avec les idées très arrêtées de De Zerbi. On l’a vu jouer à droite à la place de Greenwood, mais je le préfère à gauche, où il peut rentrer sur son pied droit. Il l’a fait en deuxième mi-temps et je pense que sa qualité de frappe servira à l’OM. Il n’hésite pas à tenter sa chance de très loin et c’est là qu’il peut aussi apporter au club, en inscrivant des buts en dehors de la surface de réparation. Ce sera intéressant cette saison face à des blocs bas. L’an dernier, l’OM s’était mis en difficulté dans ce genre de match, avec personne qui tirait de loin… Il a des qualités différentes de Weah, par exemple, qui a besoin d’espaces et de cavaler. Paixao, lui, va peut-être trouver des failles dans les petits espaces.
En parlant de Greenwood, êtes-vous étonné par son implication ?
Oui, il est toujours surprenant. Pendant un match, tu le vois disparaître, tu te demandes où il est alors qu’il va dribbler deux gars et marquer derrière. On l’a vu sur sa frappe au premier poteau, c’était imprévisible, personne ne l’attendait dans cet angle. C’est lui. C’est déconcertant quand tu le vois, avec une nonchalance et un certain dilettantisme, mais son langage corporel reflète sa nature. Contre Paris, il a fait des courses de repli incroyables. Quand on se souvient de sa prestation la saison passée, ce n’était pas le même. Ce n’est peut-être pas pour rien si Paixao a couru 70 mètres pour faire un repli contre Strasbourg.