Information
Pavard, nouveau départ
La Provence
Dans le dur depuis plusieurs semaines, le champion du monde 2018 a livré l’une de ses meilleures prestations à l’OM, samedi soir sur la pelouse du Stadium. Un redressement qui tombe à point nommé pour une défense qui peine à rassurer.
Il n’est pas encore trop tard. Et si c’était, enfin, l’heure de Pavard ? Certes, cette saison est une immense déception, l’OM pique ses crises, les supporters boudent (à juste titre), la savoureuse Ligue des champions n’est plus, tout comme l’espoir de ramener la coupe de France sur le Vieux-Port. Mais demeure un objectif. Peut-être pas le plus excitant, assurément le plus important. Reconquérir ce podium, synonyme de qualif en C1, d’un pactole vital pour les finances du club.
L’OM ne sortira pas indemne de ces neuf prochaines, et dernières, journées sans une défense retrouvée. Une charnière autoritaire, des hommes rassurants, des joueurs en phase avec leur solide réputation. En somme, il faudrait que Benjamin se remette à "jouer comme Pavard". "Au Koweït, ça, c’était le vrai Pavard, celui que j’aimerais voir tout le temps", avait ajouté Roberto De Zerbi début février, avant le naufrage de ses protégés, dont Pavard, au Parc des Princes.
"Il aura sa carte à jouer…"
Libéré de ses fonctions, le Lombard n’a pas été entendu. Le temps que ce souhait soit exaucé, Habib Beye, son successeur, pourrait bien en profiter. Après un baptême catastrophique à Brest, dans des circonstances loin d’être aisées (débarqué sur le gong, Beye s’est presque contenté de coucher des noms, misant sur la préparation du tandem Pancho-Ferrier), Benjamin Pavard a rongé son frein durant l’Olympico (entrée à la 85e), et n’a pas spécialement goûté rester sur le banc en coupe face au Téfécé. "Tous les joueurs ont un rôle à jouer en cette fin de saison. On fait des choix, certains joueurs ne sont pas tout de suite impliqués. Benjamin doit être un leader par rapport à son vécu, et son expérience. Il doit être impliqué à 100% et il aura sa carte à jouer", avait toutefois insisté son nouveau guide à la veille de se rendre au Stadium.
Le champion du monde 2018 l’a abattue dès le lendemain. Au bon moment, avec aplomb. Profitant, peut-être, du forfait de Nayef Aguerd, le défenseur prêté par l’Inter Milan s’est montré sous sa plus belle nuit. Dans la ville rose, Pavard a marqué son territoire. Il a chassé les remuants Emersonn, Gboho et Methalie, quitte à sacrifier son corps. Une semelle, reçue dès les premières minutes, n’a pas freiné ses ardeurs. Moins d’une semaine après avoir été sifflé par le Vel', mais chaudement applaudi par Beye, soucieux de voir le stade soutenir son numéro 28, l’ancien Lillois a signé l’un de ses meilleurs matches à l’OM.
Pour remplir sa mission, avec sérieux et sans fausse note, Pavard a (enfin !) pu compter sur le soutien du milieu (lire en page précédente). Protégé par les robustes Kondogbia, Hojbjerg et Timber, il n’avait plus qu’à "ramasser les miettes", dixit son ami et prédécesseur en Provence Adil Rami, et non plus à intercepter des bolides lancés à vive allure.
Résultat des courses, la pire défense de Ligue 1 en 2026 (18 buts encaissés avant ce week-end) a signé son premier clean-sheet de l’année en championnat. Pour le plus grand plaisir d’Habib Beye, qui tient scrupuleusement les comptes et a plusieurs fois relevé cet "exploit" dans les entrailles du Stadium.
La prestation de Pavard, auteur d’un sauvetage dans les derniers instants de la rencontre, n’y est pas étrangère. Elle devrait, a minima, lui offrir du crédit au sein d’une charnière où personne ne s’impose. Leonardo Balerdi vient de perdre son brassard, Nayef Aguerd, diminué par une pubalgie, n’est plus que l’ombre de lui-même, Facundo Medina prend ses aises dans le couloir gauche, tandis que "CJ" Egan-Riley fait le nombre… Pavard a une autoroute pour devenir le patron tant attendu à son arrivée, à la fin du mercato d’été, quand il a préféré la bouillante Marseille au pont d’or saoudien.
Si son rêve de disputer le Mondial-2026 paraît fort compromis, le Français pourrait, pourquoi pas, inverser la tendance en Provence. Entre son rendement, son salaire rondelet, le prix de son option d’achat (15M) et l’instabilité à la tête du club, le flou règne toujours sur son avenir. Et si Benjamin Pavard s’offrait un nouveau départ ?