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"Essayer d'offrir un spectacle"
D1 FÉMININE - Nicolas Chabot a été nommé entraîneur des Marseillaises hier. Le Vendéen de 31 ans, élu meilleur coach du championnat cette saison, a été séduit par le projet et veut bâtir une équipe séduisante, comme il l'a fait à Nantes.
Les 48 dernières heures ont été intenses pour Nicolas Chabot. Arrivé dans la cité phocéenne jeudi, le nouvel entraîneur des Marseillaises a signé son contrat de trois ans hier avant de quitter la Provence pour des vacances bien méritées. Quelques minutes avant d'embarquer, le meilleur coach d'Arkema Première Ligue cette saison a livré ses premiers mots à La Provence. Entretien.
Vous avez eu de nombreuses sollicitations, pourquoi avoir choisi l'om ?
Plusieurs choses. C'est un projet qui coche plusieurs cases, autant sur le plan sportif que personnel et familial. Il y avait une hésitation entre la France et l'étranger et j'ai trouvé que Marseille avait la volonté de donner une nouvelle image au projet, à la méthodologie, au style de jeu, de donner beaucoup plus de stabilité et continuité au projet. J'ai senti qu'on avait les moyens de faire de Marseille un bon projet parce que j'ai senti une direction qui avait envie d'investir et de croire en ses féminines. Ça, ça m'a attiré. Après, sur le plan personnel, c'est important pour ma famille de rester en France.
Vous avez signé un contrat de 3 ans, ce qui est rare, cela prouve votre envie de construire ici ?
J'estime être un profil de bâtisseur sur les projets. Je suis resté 12 ans à Nantes. Effectivement, pour mettre un projet, il faut du temps, de la patience, du calme. Trois ans, c'est le minimum pour mettre des choses en place. Ça montre aussi la volonté de Marseille d'être stable et de nous faire confiance.
Quel type d'entraîneur êtes-vous ?
Je suis quelqu'un de passionné, d'authentique, qui est le même au quotidien avec mes amis, avec ma famille et sur le terrain. Je suis un grand passionné de foot, je suis perfectionniste, j'aime travailler dur pour bien préparer mes matches et pour mettre toutes les chances de notre côté de gagner un maximum de rencontres. Je suis humble, tranquille, et exigeant sur la qualité du jeu et les valeurs humaines.
Vous aimez gérer la partie recrutement, est-ce que ce sera le cas à l'OM ?
C'était aussi une des conditions de pouvoir bosser en coordination avec les forces en présence du club, mais c'est important pour moi. Le style de jeu qu'on essaie de pratiquer demande d'avoir un certain type de joueuse aussi. Évidemment que je donne un peu les lignes directrices sur le recrutement. On essaie de signer des joueuses dont on sait que ça peut coller dans la méthodologie de travail.
L'effectif va être grandement renouvelé, ça ne vous effraie pas ?
Je l'ai déjà fait deux fois lors de l'année de la montée (avec Nantes), et l'année dernière lorsqu'on a changé 40% de l'effectif. Ça ne change rien pour moi.
Quels sont vos objectifs ?
L'objectif qu'on va fixer aux joueuses va être sur la qualité du jeu. Le plus gros challenge cette année est de construire une identité qui colle à ce qu'on a fait à Nantes. Parce qu'à la fin, on a gagné des matches, on a produit un football de qualité. C'est la manière dont j'ai envie d'animer mon métier. Mais la chance qu'on a, c'est que ces valeurs de jeu là, elles collent aussi à l'identité marseillaise. Ce sont des valeurs offensives, des valeurs intenses. C'est être une équipe qui a de la confiance mais de l'humilité, qui essaie de produire un football de qualité, un spectacle, de communier avec les supporters. Comptablement parlant, on veut essayer de faire mieux que cette saison.
Votre philosophie, c'est d'avoir les résultats par le jeu...
Le football, c'est le sport et le sport, ce sont les émotions, le partage. En tout cas, mon métier, je le conçois comme ça. Ça passe par le style de jeu, par le spectacle qu'on va pro-poser, par les risques que l'on prend. Les gens payent leur billet pour voir des gestes, de la confiance, des prises d'initiatives, pas que pour voir trois, un ou zéro point. Donc c'est à nous d'essayer d'offrir un spectacle qui donne en-vie aux gens de revenir, qui donne du crédit au projet. Ça, c'est capital parce qu'à la fin, quand tu arrives à gagner et en même temps, en produisant un football de qualité, tu es deux fois plus heureux.
Thibault Lopez pour la Provence