J 13 | OM-DFCO : rester zen et ne pas sénévé *

Après quatre défaites en l’espace de quatorze jours, ponctuées d’un drame dans les rues de Marseille, inutile de préciser que le moral n’est pas au beau fixe dans les rangs des supporteurs Marseillais. Une victoire dimanche mettrai sans doute un peu de baume au cœur de la cité phocéenne, même si les plaies de la ville plus encore que celle du club seront lentes à cicatriser.

Faire bloc !

A l’image de la ville, l’OM tremble en ce moment sur ses bases : des défaites (humiliantes qui plus est, n’en déplaise à la direction du club, ainsi qu’à l’entraîneur et à certains joueurs qui semblent peiner à sortir leurs têtes du sable…) qui s’enchaînent sans que l’on perçoive une vraie réaction d’orgueil, et pire, un fond de jeu aux abonnés absents. En effet, alors que les supporteurs regardent avec une émotion teinté de nostalgie certaines séquences de jeu de matchs de la saison précédente, l’équipe, ou ce qui nous en tient lieu ces temps-ci, semble s’acharner à nous proposer une variété de jeu égale à celle du régime alimentaire d’un nourrisson : inexistante ! De passes téléphonées en animations offensives vues et revues, d’absence d’engagement en tristesse tactique, cet OM ressemble à un détestable contraire de ce qu’il était il y a tout juste un an !

Comptablement la situation n’est pas encore désespérée, loin de là : souvenons nous de la désastreuse dix-neuvième place que le club tenait quand Eric Gerets avait pris les rênes du club après la treizième journée de la saison 2007-2008, et du redressement spectaculaire qui nous avait menés à la seconde place !

Seulement voilà, Rudi Garcia, s’il n’est certainement pas la nullité que certains, portés par leur colère, décrivent, ne semble pas disposer de ce qui avait fait la force du Lion de Rekem : le soutien inconditionnel de ses joueurs ! Tant et si bien que cet effectif semble trop souvent agir comme une bande de poulets sans tête, comme si le message du coach semblait se perdre dans les limbes du doute.

Ces échecs sont aussi ceux d’un mercato mal géré, d’une communication aussi énigmatique que maladroite, à l’image du temps que le club à mis à réagir au drame de la rue d’Aubagne **. Même si le recul nécessaire au respect du deuil, des nécessités des secours et de celles de l’enquête est logique, l’absence d’une marque de soutien immédiate du club envers la ville à laquelle il s’estime intrinsèquement lié fut de nature à chagriner les supporteurs, le rédacteur y compris.

Ainsi, si le lien entre le club, particulièrement sa direction, et les supporteurs n’en est pas encore au stade de la fracture. Des fissures se dessinent et il appartient aux joueurs, ainsi qu’au club dans son ensemble de commencer à panser les plaies sous peine de voir les fans déserter un Stade Vélodrome. Ce dernier qui avait été si dur à reconquérir après la lente descente aux enfers ayant suivi le décès de Robert Louis Dreyfus, à peine soulagée par quelques bonnes mais courtes périodes !

Oser !

« J’ose tout ce qui sied à un homme, qui n’ose plus n’en est pas un ! » écrivait en 1605 William Shakespeare dans MacBeth. Voilà sans doute une maxime que Rudi Garcia devrait afficher, autant dans le vestiaire qu’au dessus de son lit, tant on ressent la fébrilité de cet OM, son manque d’ambition et son déficit de confiance.

Si la première période au cours du match retour face à la Lazio semblait annonciatrice d’un mieux. Mais l’impossibilité des joueurs à convertir leurs occasions, et la punition infligée par une équipe adverse, à laquelle le réalisme devant le but ne fait pas défaut, a vite fait réapparaître le visage émacié d’un OM vacillant et malade : erreurs indignes d’une équipe de district, manque de liant, joueurs apeurés et jouant sur le reculoir, passes latérales à profusion, jeu sans mouvement, et au final peu de danger créé sur le but adverse en dépit d’un gardien qui était loin d’être « fuoriclasse » comme disent nos voisins transalpins.

Néanmoins, quelques phocéens sont positivement sortis du lot, soit par leur positionnement, soit par leur simple présence. Ce fut notamment le cas de Lucas Ocampos, repositionné au poste d’arrière gauche en lieu et place du fantôme de Jordan Amavi ! Ce replacement, pour lequel je milite depuis le début de saison, a permis à Lucas de mettre sa combativité et son volume de jeu au service d’un couloir gauche bien moins faible que ces dernières semaines.

Le retour de Maxime Lopez dans le onze fut aussi une bonne chose : son jeu simple, porté vers l’avant a grandement fluidifié les offensives, ainsi que les phases de transitions entre le milieu et l’attaque.

Plus étonnant, fut le cas de Clinton Njie en pointe de l’attaque ! Loin de nous l’idée de prétendre que sa partie fut bonne, son intelligence de jeu étant ce qu’elle est, c’est à dire conceptuelle, sa vitesse à néanmoins fait apparaître une dimension depuis trop longtemps absente du jeu olympien : la profondeur ! Le simple fait que Clinton semble être la meilleure option au poste de numéro neuf met néanmoins en lumière l’état de déliquescence de ce secteur du jeu marseillais !

Face à une formation dijonnaise, actuellement dix-septième du championnat, qui viendra probablement pour jouer le contre et profiter d’une défense phocéenne aux abois, il sera plus que temps pour Garcia et ses troupes d’oser ! Temps de sortir ses tripes, d’arrêter d’avoir peur, et enfin de croire que quand on aligne sur un terrain des Payet, des Thauvin, des Strootman, des Gustavo… on ne doit pas monter sur le pré en se demandant si l’on va gagner ou perdre, mais de combien on va augmenter son goal-average !

Un onze pour, enfin, vibrer ?

Votre humble serviteur militant pour un 4-3-3 voyons les force en présence.

Au poste de gardien c’est avant tout l’insécurité qui s’impose : Mandanda et son regard de chien battu quand il va chercher le ballon dans ses filets ou Pelé dont la réactivité ressemble parfois à celle d’un panda, y a-t-il seulement un choix meilleur qu’un autre ?

La ligne arrière : mes aïeux quel chantier ! Entre un Adil Rami dont la combativité n’a pas du prendre l’avion du retour après la coupe du monde, un Rolando en phase de reprise ce qui ne saurait garantir quoi que ce soit, un Caleta-Car à qui Garcia a interdit d’enchaîner les matchs (et donc de prendre confiance), un Amavi qui profite de l’absence de concurrence naturelle à son poste pour barboter tranquillement dans son couloir gauche en oubliant que son rôle est d’empêcher son vis à vis de passer, les certitudes sont rares.

Elles se limitent en l’espèce à un Bouba Kamara, qui s’il est parfois encore un peu vert, est probablement le plus rassurant des défenseurs axiaux du haut de ses dix huit ans (!), et au couloir droit, occupé au gré des besoins par Bouna Sarr et Hiroki Sakai. Pour un club comme l’OM, force est d’admettre que de n’avoir qu’un élément sur deux satisfaisant dans une défense à quatre est inquiétant !

Au milieu, c’est différent, sur le papier nous avons des problèmes de riches. Gustavo, Strootman, Sanson, Lopez, normalement avec de tels potentiels la principale difficulté de Rudi Garcia devrait être de savoir comment profiter au mieux des quatre ! Malheureusement l’alchimie n’existe pas, ou trop peu entre ces éléments, et que ce soit dans un milieu à trois ou à deux on ne trouve pas l’impact que l’on serait en droit d’attendre d’un milieu que l’on espérait voir faire tourner la Ligue 1 en bourrique. Pour l’heure, et vu les performances récentes, la meilleure option semble être une association Gustavo-Lopez au coeur du jeu avec un Strootman en sentinelle.

A l’avant, difficile de penser à se passer de Thauvin, qui, s’il n’est pas dans les meilleures dispositions par les temps qui courent, reste l’un des rares offensifs à porter le danger. Dans le couloir gauche, c’est habituellement Payet qui se voit attribué l’animation offensive, mais vu son impact sur le jeu ces temps-ci, serait-ce une bonne idée ? Radonjic et Ocampos ne présentant pas moins de garanties. Reste le poste du neuf, vu l’inefficacité chronique des trois éléments sensés s’y coller, pourquoi ne pas privilégier la vitesse d’un Njie qui permettrait à tout le moins d’étirer les lignes bourguignonnes.

Ainsi voici la composition imaginée par votre serviteur pour, tout à la fois gagner (ce qui face au dix-septième de Ligue 1 relève de la normalité), mais surtout voir un tant soit peu de beau jeu  :



Mandanda


Ocampos


Kamara


Caleta-Car


Sakai


Lopez


Strootman


Gustavo


Radonjic


Njie


Thauvin

 

Quoi qu’il advienne dimanche après-midi, le peuple olympien voudra voir des guerriers, des hommes rendre hommage à la ville qui les accueille et dont ils peuvent être les héros s’ils s’en montrent dignes. Plus que jamais dans cette semaine à l’actualité difficile au cœur de la cité, l’OM devra agir comme un poumon pour nous donner un peu d’air, et même si en face ce ne sera « que » Dijon, joueurs, entraîneur, staff et direction devront mettre le bleu de chauffe pour mériter Marseille, l’OM, et ses supporteurs !

Allez l’OM !

 

* la moutarde noire, ou « sénevé », appartient à la famille des Brassicacées, base de la fabrication du condiment qui parfois monte au nez.

** une minute de silence sera observée avant le coup d’envoi du match en mémoire des victimes de la rue d’Aubagne, et les joueurs porteront un brassard noir.

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A propos de Ragnarok


Juriste de raison, confiseur de métier, ancien habitant du bassin parisien repenti en Marseillais pur sucre qui n'a toujours vibré que pour l'OM. Joueur occasionnel au Z5 (option « pieds carrés et contrôles aléatoires » incluse), et désormais fier rédacteur de Massalia Live !
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