J 27 | OM-Lyon : avec ou Sampaoli ?

À l’heure où l’OM brille plus sur les parquets des tribunaux que sur le rectangle vert, le match de dimanche face aux Lyonnais revêt un intérêt plus que relatif. Outre l’écart au classement, ce sont bien l’ambiance délétère et l’avenir sportif du club à court terme qui priment, reléguant ce match au second plan.

Le calme avant la tempête

Ploum ploum ce sera toi au bou… Florian tu sors !” 

Depuis le départ d’AVB et de son brushing éventé, le sérénité semblait presque revenue au sein du club. Il n’a pas fallu longtemps pour que Nasser Larguet amarre enfin un navire olympien en perdition, sans capitaine, prêt à être mis en cale sèche. Non content d’apaiser les esprits, il a aussi profité des aléas sportifs (blessures, suspensions) pour donner du temps de jeu à quelques jeunes (Dieng, Henrique, Perrin), dépoussiérer le bibelot Khaoui et même tenter un 4-4-2 des familles.

Sans être éblouissants, ses résultats restent honnêtes pour un novice (trois nuls, une victoire, une défaite en Ligue 1 et une qualification en Coupe de France), et pour les esprits chagrins, rappelons qu’il a marqué plus de points en quarante-cinq jours qu’un certain Raymond (pas la science). En somme, c’est ce qui s’appelle une transition réussie.

Pour le reste, Nasser n’a pas réalisé de miracles : Thauvin a bien la tête ailleurs, Nagatomo ressemble plus à Paolo De Ceglie qu’à un footballeur, Sakai continue à ouvrir allègrement son couloir, transformé en maison d’hôte pour l’occasion. Quant à Valère Germain, il est pressenti pour animer le festival de Montreux 2021, où son imitation du rôle d’avant-centre devrait faire fureur.

C’est dans ce contexte d’accalmie – qui en général à Marseille n’augure rien de bon – que les évènements de la commanderie ont eu lieu. Après bien des péripéties, la direction a décidé de jouer la carte de la pacification, et quoi de mieux pour apaiser une atmosphère tendue volcanique que de pondre le manifeste du bon supporteur :

– Chapitre 1 : la remise en question de la convention sur la gestion des abonnements par les groupes.

– Chapitre 2 : le projet AgoraOM

– Chapitre 3 : le procès des supporters.

En somme une trilogie, dont on prie encore une fois pour que Disney ne rachète pas les droits ! Nous n’en dirons pas plus, ces sujets ayant été largement développés dans l’excellent podcast avec Brahim Thiam comme invité, que vous pourrez réécouter ici si ce n’est pas déjà fait.

Chauve qui peut !

“Ma cé qui célui-là ? Oh Nagatomo cabron !”

C’est donc dans ce contexte pittoresque que le facétieux mais néanmoins compétent Pablo Longoria, égérie des matelas Bultex, s’évertue à dénicher la perle rare pour le poste d’entraîneur. En dépit des rumeurs les plus folles (Mazarri, Sarri, Kombouaré), son choix s’est porté sur Jorge Sampaoli, le fantasque Argentin, le disciple du loco Marcelo, l’alopécique tatoué le plus célèbre du Chili, le « Bielsa de Wish » comme on le surnomme parfois sur les réseaux sociaux (et dans certains couloirs de quotidien sportifs nationaux).

Le traitement médiatique qu’il subit est d’ailleurs surprenant vu qu’il n’a même pas posé un pied à Marseille à ce jour. La presse spécialisée met déjà en doute ses qualités de coach, les analyses psychologiques de comptoirs se multiplient, et décrivent ainsi un homme instable émotionnellement, caractériel, hyper impulsif. Ils raillent aussi un palmarès famélique, qui hormis une Copa America (conquise grâce à l’héritage laissé par Bielsa) ne compte aucun titre majeur. 

Bon, il faut reconnaître que son passage à la tête de l’Albiceleste en tant qu’adjoint de Messi lors du Mondial 2018 n’est pas une franche réussite. Les plus taquins diront également qu’ à Séville, il a atteint la finale de la Ligue Europa, ce que même Rudi Garcia a réussi à faire, excusez du peu ! Enfin au Brésil, son principal fait d’armes est l’obtention du titre poids lourds MMA lors du match Recife-Atletico Mineiro, sonnant comme un adieu, le rapprochant un peu plus de la Canebière.

Tu lui ressembles, quand elle tremble…

“…et dans sa voix, j’entends parfois un peu ta voix !”

Jugé sur son apparence ou son côté volubile, aucune prise en compte son histoire et ses qualités humaines, on jurerait qu’il est natif de Marseille ! Tout d’abord, Sampaoli est un bourreau de travail. Il ne laisse aucun détail au hasard, connaît chaque phase de jeu offensive ou défensive adverse, emmagasine des heures de vidéo chaque semaine, ce qui lui permet de mettre en place son style, teinté de technique en mouvement et de déplacements millimétrés (répétés telles des gammes en musique), avec une approche résolument offensive.

En ce sens, il se différencie de Bielsa par son côté plus pragmatique, moins rigide lorsqu’il s’agit de s’adapter à l’adversaire et d’abandonner ses principes l’espace d’un temps faible, afin de retrouver équilibre et solidité. C’est d’ailleurs en partie ce pragmatisme qui lui a permis de gagner la Copa America en 2015 et si Bielsa est bien l’orfèvre qui a serti les joyaux chiliens, Sampaoli est celui qui a su les mettre en valeur pour en faire des bijoux exceptionnels.

On critique son passage à la tête de l’Argentine en 2018, mais personne n’a fait mieux depuis et de tout temps l’équation Messi + reste de l’équipe = titre n’a jamais pu être résolue en sélection. Quant à son passage au Brésil, plusieurs voix s’élèvent et l’encensent tant sur le style de jeu prôné que sur les résultats (avant son arrivée l’Atletico Mineiro avait fini neuvième, sixième et treizième du championnat Brésilien, contre troisième actuellement).

On reproche son tempérament sanguin ? Il semble avoir le profil idoine pour ramener cette folie, de celle qui transforme un soir de match en expérience extatique, un carrousel émotionnel qui a fait entrer le vélodrome au panthéon des enceintes sportives. Il est apôtre du beau jeu, il est tatoué, il est Argentin et chez nous on aime bien ! Alors certes, un peu de sophrologie ne lui ferait pas de mal car un coach qui prend autant de rouges qu’Éric Di Méco et Cyril Rool réunis, ce n’est pas banal. Il en aura d’ailleurs sûrement besoin lorsqu’il sera confronté à l’arbitrage made in Ligue 1.

Quant aux nostalgiques de Bielsa qui pensent récupérer un clone de leur coach préféré, ils risquent d’être déçus. Sampaoli c’est un peu Metallica, mais sans la distorsion. Au début on est surpris car il manque un truc, puis on se laisse emporter par la mélodie, l’harmonie, la technique, les paroles, puis le morceau devient puissant et enfin il se transforme en succès. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le titre  des Four Horsemen* le plus connu du grand public est Nothing Else Matters, une balade bien éloignée des clichés du Heavy Metal.

Et le match on en parle ou pas ?

En terme d’engouement, on ne va pas se mentir on a vu mieux. Pas d’envolées lyriques du président lyonnais, pas de provocations entre joueurs, aucune déclaration de Rudi Garcia sur l’arbitrage, la pelouse, les défaites quasi victorieuses, la météo… on s’ennuierait presque ! Il faut dire que l’actualité marseillaise a pris le pas sur celle du football français en général, ce qui prouve encore une fois si besoin est, qu’il n’y a qu’un seul Olympique et que l’aura médiatique de notre club est sans commune mesure.

Il est plus aisé d’être mesuré quand on gagne et côté Rhodanien cette saison on peut dire que tout sourit : second du championnat à deux points du leader, pas de coupe d’Europe à jouer, deuxième attaque (ex-aequo avec Monaco) et troisième défense, un jeu collectif bien huilé, l’arbitrage favorable (quoi ? qui a dit ça ?), tout semble sourire à des Gones qui peuvent légitimement ambitionner d’être champions de France fin mai (malaise vagal en cours…veuillez ne pas quitter ).

Côté marseillais, le possible retour de Milik semble être la seule éclaircie dans un ciel obscur. La défense semble bien trop poreuse et les erreurs de placement sur les offensives adverses se multiplient, laissant un Mandanda aux abois, qui ces derniers temps semble avoir sorti les gants en peau de pêche de Bracigliano.

Si le milieu est globalement satisfaisant, notre animation offensive reste un véritable casse-tête mathématique : démontrer comment de l’addition de talents, il peut résulter une somme négative, sachant que l’équipe a besoin de soixante-quatorze tentatives pour cadrer une frappe et que les joueurs font sept touches de balles avant de la lâcher…Vous avez quatre heures !

Toutefois, le football n’étant pas une science exacte, pourquoi ne pas imaginer des scénarii divers et variés ? Pour cela, nous vous proposons une nouvelle rubrique de paris qui pourrait s’avérer très utile.

Les MassaliaBets

Vous voyez des signes partout et l’intuition est votre moteur ? Vous avez gagné un jambon Serrano au casino de Troyes-sur-Yvette avec un all in au flop ? Cette rubrique est faite pour vous ! Profitez de nos cotes boostées et réalisez vos rêves les plus fous.

Aujourd’hui nous vous proposons en exclusivité mondiale :

Le penalty pour Lyon 

Coté à 1.05, couplé au but de Depay (1.50), il vous permettra de doubler votre mise à coup sûr et d’acheter deux canettes de white-spirit à partager entre amis (à consommer avec modération).

Le triplé de Germain

Vous venez de vous disputer avec madame pour une broutille ? Elle vous a demandé si vous aviez peur du vide, vous avez malencontreusement répondu « Non chérie je t’aurais pas épousé sinon » et ce soir vous dormez sur le canapé ? Voici une cote à 200 pour un évènement aussi rare qu’une éclipse solaire « cercle de feu », mais qui pourrait bien vous permettre de sauver votre soirée (et les prochaines).

L’OM marque quatre fois et perd 1-2

Les OM-Lyon sont souvent parsemés de coups de théâtre dignes des plus grands Mary Higgins Clark : un ballon rentré qui sort, un but de la main du pied, un hors-jeu inexistant. Là, on se dit quand même que seul un phénomène paranormal pourrait permettre une telle conjonction des astres, mais heureusement pour vous la Ligue 1 regorge d’arbitres aux pouvoirs occultes et aux décisions surnaturelles, une belle cote à 4.50 qui ravira les plus audacieux.

Milik marque, se blesse, le but est refusé

Pourquoi ne pas se laisser tenter ? Sur un centre millimétré de Nagatomo (nécessite un effort d’imagination) à l’entrée la surface de réparation, Milik effectue une fabuleuse reprise de volée pleine lucarne. Il se déchire le quadriceps sur l’action et l’arbitre siffle main, refusant du coup un but que les mauvais supporters jugeront valable. Coté à 3.10, on aurait tort de s’en priver.

Le tuyau de Fayçaldinho : le carton rouge

La cote à 2 qui tabasse ! Passe en profondeur de Payet pour Thauvin qui file seul au but. Sortie d’Anthony «la faucheuse» Lopes les deux pieds en avant direct dans les chicots du blondinet, qui perdra sur l’action bien plus que son latin. Coup de sifflet de l’arbitre qui, aidé par le VAR, va expulser Florian Thauvin pour jeu dangereux et va faire un rapport afin qu’il ne rejoue plus de la saison. Couplé à une victoire Lyonnaise (1.30), c’est le moment où jamais de décrocher le jackpot à moindre risque.

N’hésitez pas à nous suivre pour plus de paris, plus d’émotions et plus de gains ! Quant au résultat du match, est-ce bien le plus important dans le contexte actuel ? Les supporters attendent de l’envie, de l’impact dans les duels et surtout de la dignité car ils en ont assez d’être la risée de la France depuis plusieurs mois. Et en général, quand tous ces ingrédients sont réunis, nous ne sommes pas à l’abri d’une belle performance.

Allez l’OM !

 

* surnom donné aux quatre membres du groupe Metallica

 


NDLR : À l’heure où nous écrivons, nous apprenons la nomination de Pablo Longoria au poste de Président du Directoire de l’Olympique de Marseille en lieu et place de Jacques-Henri Eyraud qui intègre, lui, le Conseil de surveillance du club.

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A propos de fayçaldinho


Manchot- analphabète - susceptible. Le spécialiste de l'aigreur et de la mauvaise foi. Supporter de l'OM de 1986 à 1999 et depuis je subissais, jusqu'à ce que JHE m'achève, puis soit éjecté du poste de président.
Article lu 1601 fois, écrit le par fayçaldinho Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

Une Réponse pour J 27 | OM-Lyon : avec ou Sampaoli ?

  1. Excellent; comme d’ habitude, merci et bravo