MHSC-OM : du doux rêve à la dure réalité…

Les Olympiens se rendent ce soir dans l’Hérault afin d’affronter la bande à Nicollin actuellement au plus mal puisqu’elle occupe la dix-septième place au classement. Marseille doit l’emporter et rassurer ses derniers supporteurs après la parodie de football de vendredi dernier au Vélodrome face à Lille.

J’ai rêvé d’un attaquant. Merci Vincent…

Retour en arrière, cinq jours plus tôt lors du match disputé contre les Lillois : il ne reste plus que trente secondes de jeu, l’OM est mené un à zéro et la défaite semble — à nouveau — inévitable. La consternation règne chez les supporteurs marseillais qui ne sont plus à un match près pour avoir enfin droit à une victoire à domicile, mais commencent à éprouver de la colère et du dégoût vis-à-vis de leur équipe et de leur club de cœur.

Ce sera finalement un nul, quelque peu miraculeux (Rabillard à la dernière seconde du temps additionnel).

Le dernier succès en championnat remontant au treize septembre dernier (face à Bastia), il est désormais avéré que les aficionados de l’Olympique de Marseille ont une patience extraordinaire… S’agit-il d’ailleurs de patience ou bien plutôt de résignation ? À la rédaction, nous penchons plutôt pour la deuxième option et le fait de voir les tribunes se vider petit à petit ne fait que confirmer notre impression.

Comme la majorité des supporteurs, à la rédaction nous avons abdiqué devant l’incompétence de l’entraîneur et du staff technique, devant l’incurie des dirigeants du club. Pire, nous en sommes même arrivés au point de renoncer à siffler les joueurs en dépit de leurs prestations indignes du maillot qu’il portent.

Il semble que cette fois tout le monde soit prêt à abandonner le navire OM…

Des illusions et désillusions

La vénérable institution marseillaise ne fait plus rêver depuis de très longues années — exception faite de la saison passée — et de toute évidence, meurt à petit feu à force de ne plus être que l’ombre de son ombre. Dans ces conditions, que nous reste-t-il sinon de nous plonger dans nos souvenirs, nos fantasmes et de raviver le peu de passion qui nous anime encore ? Nous aimerions tant retrouver l’OM d’avant, celui qui nous faisait rêver les yeux grand ouverts, celui que nous aimons depuis notre plus jeune âge !

C’est en tout cas, le désir de votre serviteur.

Au lendemain de la dix-neuvième journée et à quelques jours de l’ouverture du marché hivernal, je me suis ainsi surpris à regarder le verre à moitié rempli pour l’avenir de mon club. Au bout du compte, « mon équipe » n’est pas si mal engagée que cela, me suis-je dit pour me rassurer. Certes, figurer en dixième place est honteux, mais le podium n’est qu’à six points ai-je surenchéri pour éloigner quelque mauvais sort jeté sur mon OM adoré !

Moi l’optimiste, le rêveur, je veux croire et me persuade que les beaux jours sont devant nous, que nous avons mangé notre pain noir lors de cette première partie de saison et qu’il m’est impossible de croire que la suite puisse être pire… Comprenez-moi : le supporter que je suis n’endurera pas une seconde moitié de saison à l’identique de la mascarade des six premiers mois. Je m’y refuse ! Et je ne pense pas me tromper en avançant que je ne suis pas le seul dans ce désarroi…

 

Alors, pour fuir cette réalité oppressante, je rêvasse.

J’imagine que le club est dirigé par un homme compétent, porteur d’un projet de recrutement cohérent dès cet hiver. Dans mon délire, je demeure raisonnable de peur que la réalité revienne à grands pas et de fait, le mercato hivernal ne constitue pas LA panacée face à nos soucis actuels ; c’est simplement une raison d’espérer que les choses vont désormais dans le bon sens.

Ainsi notre cher président — enfin, « cher », coûteux plus exactement — soudainement devenu clairvoyant, annonce-t-il avec une certaine fierté la venue d’un grand attaquant pour concurrencer l’unique numéro neuf de l’équipe, Michy Batshuayi. Première satisfaction et premier sourire se dessinant sur mon visage assoupi. J’ai l’intime conviction que la direction a enfin pris conscience des lacunes existantes dans l’effectif et qu’elle souhaite ardemment ramener le club vers les sommets. Mon cœur s’emballe un peu, mais je respire à pleins poumons ?

Dans la foulée, le board annonce via un communiqué officiel la prolongation de la colonne vertébrale de l’équipe :

« La direction de l’Olympique de Marseille est fière d’annoncer la prolongation du contrat de ses cadres, Steve Mandanda, Nicolas Nkoulou et Lassana Diarra jusqu’en juin 2018. Ces joueurs incarnent l’avenir et la pérennité du club, il était donc impensable de ne pas compter sur eux sur la route du succès. Rien ne nous pourra nous arrêter et tous les Doyens ont été mis œuvre pour atteindre nos objectifs. »

Zut une faute de frappe ! Est-ce une mauvaise blague que me joue mon subconscient ou bien un éclat de lucidité quant à la réalité de mon club aujourd’hui ? Le doute m’étreint, je commence à avoir des sueurs froides quand soudain, je me réveille !

Retour vers le no future

Le choc est brutal. On a certainement tous eu l’occasion d’espérer que le club puisse enfin renouer avec le succès et sa véritable stature notamment avec le titre de 2010 et la saison passée où le plaisir pris durant les matches était bien plus intense qu’une bonne… Une bonne grosse… Enfin vous savez quoi : qu’une bonne entrecôte après des mois d’abstinence !

Oui, mais, c’est souvent un plaisir solitaire et vous ne me ferez pas croire que vos femmes vous laissent les approcher après avoir fait le choix de regarder un match de foot plutôt que de prendre soin d’elle. Même en rêve, ça n’est pas possible. Eh oui, la réalité finit toujours par nous rattraper mes chers amis. Tout spécialement à Marseille, hélas !

Loin de mes pérégrinations inconsidérées et utopiques, le constat est donc lucide et clair : cette saison n’est qu’une énième transition pour le club. Mais transition pour aller où, pour mener quel projet ? On n’en sait rien, car tout est géré au jour le jour par un salarié moins préoccupé de l’avenir sportif du club que de la santé financière de sa patronne…

Est-ce en prévision d’une future vente ? Et dans cette perspective, l’OM pourra-t-il compter sur un repreneur ambitieux ?

Le début de saison avait pourtant de quoi nous donner espoir. Même en tenant compte du départ de Marcelo Bielsa, l’équipe partait sur les bases solides qu’il avait laissées en héritage. L’optimisme était alors plutôt de mise. Malheureusement, c’était sans compter sur notre pseudo président et l’invasion subite de Doyen Sports

Fonds d’investissement spécialisé dans le football et ayant des ramifications dans toute l’Europe, la société enregistrée à Malte a en effet pris un malin plaisir à placer Michel et quelques joueurs au sein du club l’été dernier…

Bien évidemment, le tout s’est fait avec la bénédiction de la direction qui voyait là une bonne excuse pour ne pas investir d’argent tout en maintenant les comptes à l’équilibre.
Avec pas moins de sept arrivées dont la majorité en prêt, on peut clairement affirmer que l’Olympique de Marseille a bien servi de vache à lait pour la société de Nelio Lucas…

Malheureusement, le résultat final est très loin de répondre aux attentes et aux objectifs d’un club du standing de l’OM et Silva, Dória, De Ceglie, Rekik ou Rolando sont aujourd’hui en situation d’échec. En outre, que dire de l’entraîneur espagnol incapable de mettre en place la plus petite cohérence dans l’équipe et dans le jeu ?

Tout cela s’apparente à une vaste blague liée à une stratégie financière de court terme et à l’absence totale de politique sportive. Néanmoins, il semblerait que Vincent Labrune ait pris conscience qu’il fallait au moins sauver les apparences…

On ne reprend pas les mêmes, mais on recommence…

Face à l’échec du recrutement estival et du jeu moribond proposé par l’équipe, des renforts étaient réellement attendus cet hiver pour combler les manques récurrents de ce groupe sans talent ni fond de jeu. Disposant d’une enveloppe financière très fortement restreinte, il y avait fort à parier que les dirigeants n’allaient pas investir pour apporter de la qualité à cet effectif. Alors jusqu’au 31 janvier, le président marseillais, surnommé « l’Orléanais » par Daniel Riolo sur RMC, a redoublé d’efforts pour tenir les supporteurs en haleine…

Il n’a eu de cesse de nous répéter qu’il était à la recherche d’un attaquant pouvant apporter au club, et surtout, permettant de suppléer Michy le cas échéant. Tel un magicien sortant un lapin de son chapeau, il nous a donc amené, en prêt et sur un plateau, le fameux joueur écossais mondialement connu : Steven Fletcher. Qu’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas d’un ancien joueur de Manchester United, mais bien de Sunderland, bon dix-neuvième de Premier League (cette transaction amuse d’ailleurs beaucoup outre-Manche)…

2Living in the Material World…

Un premier rêve est devenu réalité : le projet de nivellement par le bas, dit de « troyennisation » sur le forum, est lancé ! Il ne manque plus qu’une relégation en Ligue 2 pour compléter le tableau…

La deuxième arrivée — toujours en prêt — a de quoi étonner, voire même de faire rire, puisqu’il s’agit de… Florian Thauvin, poussé dehors à l’issue de la dernière saison et malheureux depuis sur le banc de Newcastle (au pilori serait plus proche de la vérité).

Thauvin is back… On croit rêver, sauf que là c’est du concret m’a p’tite dame !

Si l’opération financière semble être un véritable coup de maître* et l’adaptation du joueur sûrement facilitée par sa connaissance du vestiaire, il faut garder à l’esprit qu’il a pratiquement toujours été décrié du fait de son manque d’intelligence dans le jeu.

Pourquoi cela serait-il différent aujourd’hui, six mois après son départ et un énorme échec au pays du smog ? Bielsa n’a pas réussi à le faire progresser, mais Michel serait, quant à lui, en mesure de le faire ? Il y a toutes les raisons d’en douter.

Le seul aspect positif de l’opération tient au fait d’apporter un peu de concurrence au milieu de terrain et tout particulièrement sur les ailes, où Sarr, Ocampos et Barrada se sont révélés pitoyables entre deux blessures depuis le début du championnat. C’est un peu léger pour un club comme l’Olympique de Marseille…

3« Hé, t’as vu ce que j’en fais de ton club ? »

En définitive et malgré ces renforts aussi peu prometteurs que nécessaires, il est particulièrement difficile de croire en des jours meilleurs dans un futur proche. Le match de ce soir nous permettra sans doute d’y voir plus clair pour la suite du championnat et des autres compétitions dans lesquelles les Olympiens sont engagés.

La réalité d’aujourd’hui n’a rien de radieux et il est vraisemblable que les grandes manœuvres de l’été prochain n’y changeront rien puisqu’une dizaine de joueurs devront alors quitter le club (prêts, ventes probables, fins de contrats). Dans cette spirale infernale où le club phocéen se complaît depuis des décennies, il faut espérer qu’un investisseur ambitieux et solide se porte volontaire pour le sauver dès l’été prochain.

* Newcastle ayant acheté le joueur 17 millions d’euros l’été dernier

Du concret et du réel !

Invaincus depuis dix rencontres (sept nuls et trois victoires), les Marseillais doivent essayer de s’appuyer sur cet heureux hasard pour s’imposer en terre montpelliéraine. Ce match marquera le retour de Steve Mandanda et de Romain Alessandrini. Ce sera la seule bonne nouvelle du jour…

Thauvin pour sa part devrait prendre place sur le banc. Une habitude depuis son séjour anglais. Qui plus est, Michel attendait surtout un avant-centre et ne devrait pas se précipiter pour faire appel à lui…

Du côté des absents, il faut noter les suspensions de Batshuayi qui devrait être remplacé par Rabillard et de Barrada, expulsé face à Lille.

Pour Montpellier, qui a changé de visage depuis le départ de Courbis et le remplacement de la paire Baills-Martini par Frédéric Hantz, les résultats sont bien meilleurs, à l’image de cette rencontre facilement remportée le week-end dernier face à Ajaccio (4-0). Par conséquent, il s’agira simplement de confirmer un regain de forme face à un OM plus faible que jamais.

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Dans l’autre camp, les Marseillais devront se montrer méfiants, faire des vingt premières minutes contre Lille une règle de conduite absolue et faire enfin preuve d’efficacité pour espérer autre chose qu’une énième défaite…

Au match aller, les deux équipes s’étaient quittées sur un match nul 2-2 avant de se retrouver début janvier en Coupe de France pour une victoire finale et un peu heureuse des hommes de Michel.

Si les joueurs de l’Olympique de Marseille ambitionnent toujours de se battre pour les places européennes (oui ça fait sourire évidemment), ils devront impérativement engranger des points vitaux à l’extérieur comme ils le font tant bien que mal depuis le début de saison. Six points les séparent du podium et huit de la zone relégable (chose inespérée en regard de leurs prestations infectes). Ce soir, c’est donc quitte ou double. Allez l’OM !

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A propos de jeanfred


Footeux du dimanche pour la gagne et la troisième mi-temps, mais aussi passionné de l'OM au quotidien, il trempe sa plume dans le vitriol des stats et fait saigner WordPress pratiquement sans assistance. Le plus tendre de tous et donc le plus féroce aussi ! Plutôt aboyant que mordant.
Article lu 991 fois, écrit le par jeanfred Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

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