PSG (2-0) OM : le compte-rendu « under pressure » de M. Turpin

I’m just a poor boy, i need no sympathy… Je me sens mal après ce match, j’ai cette chanson en boucle dans la tête. Pourtant, j’ai tout fait pour que ça se passe bien. J’ai parlé et parlé aux joueurs, aux entraîneurs, et pour les mettre le plus possible à l’aise, je leur ai dit : Je suis clément, soyez gentils avec moi, et tout se passera bien. Enfin, tout ça, c’était avant le drame bien entendu.

Avant match

La pelouse est belle, un vrai billard. Les joueurs s’échauffent tranquillement pendant que le public CSP+ du parc s’installe et que les cinq cents supporters de foot sont bien encadrés pour éviter tout débordement susceptible de troubler le spectacle à venir.

Pour le protocole d’avant-match, je reçois en loge M. Thiriez président de la Ligue, Mme Hidalgo, M. le Président, son ami M. Sarkozy, et M. Labrune accompagné d’une femme habillée en rose bonbon, une couleur qui va jurer jurer au milieu des costumes de soirée des spectateurs. Tout ce beau monde va vite s’asseoir en tribune, pour me laisser le temps de me concentrer sur le match à venir.

Mme Hidalgo, M. le Président, et son meilleur ami M. Sarkozy

Comme dans tout bon spectacle, le PSG a mis du suspense avec l’incertitude sur la présence d’Ibrahimovich. Malheureusement, j’ai eu la feuille de match en exclusivité et, pour moi, le suspense est retombé. Mais ce n’est pas grave, c’est le métier qui veut ça. En compensation, je peux voir la star de tout près.

Première période

Le PSG ayant gagné le toss, Silva choisit le côté du terrain. L’OM engage donc, et pousse fort dès le début comme à son habitude.

• 3e minute

L’OM obtient le premier corner grâce à Alessandrini. Ce premier corner est repoussé, et les Marseillais en obtiennent un deuxième. Là, j’ai eu peur que la fête soit gâchée. Gignac envoie le ballon de la tête sur l’équerre. Ouf ! Rendez-vous compte : on vient au Parc pour voir un film de quatre-vingt-dix minutes d’action, de suspense, pas une heure et demie de drame.

• 6e

Paris ne s’en sort pas, Cavani est même obligé de chercher des fautes. Mais c’est encore l’OM qui, il faut en convenir, suite à un beau mouvement sur la gauche, obtient sa deuxième grosse occasion : Alessandrini frappe, mais touche l’extérieur du poteau de Sirigu.

• 8e

Une action typique de ce début de match : Lucas se fait bloquer par Mendy qui fait une longue ouverture vers Gignac. Et la conclusion typique des attaques marseillaises : la frappe de Gignac est à côté de la cage. Dum, dum, dudududum dum dum «Another one bites the dust, and another one, and another one… » ! Encore un attaquant marseillais qui mord la poussière… je sens qu’ils ne vont pas arrêter ce soir !

• 12e

Les jours passés, on nous a bien appris à différencier un joueur technique d’un gros bourrin aux pieds carrés. Je me demande comment fait Imbula. Il arrive depuis le début à bouffer le milieu parisien et à faire des ouvertures, comme celle vers Payet (mais dont la frappe n’ira nulle part évidemment). C’est vrai qu’il n’a pas une tête de sauvage cannibale, mais il y a forcément des gestes qui m’échappent de sa part. Pour être sûr de pas me tromper, je siffle une faute contre lui.. Le PSG va pouvoir respirer un peu !

• 15e

Ce coup de sifflet contre Imbula a été une bonne chose, Paris vient d’obtenir son premier corner. Marseille se dégage et dans l’action qui suit, Imbula relance directement sur Lucas. JE LE SAVAIS ! Un joueur de son type ne pouvait être aussi bon. Je vais faire plus attention à lui pour la suite. Je vais finir par trouver comment il cache ses fautes et son manque de technique et d’intelligence.

• 20e

Ca y est, le PSG se met en route. Deux corners d’affilés. Le premier est sorti par Gignac et sur le deuxième, Mandanda fait la parade devant Pastore. L’Om part en contre, Payet sert Dja Djédjé, mais ce dernier, par manque de finesse, ou par carence intrinsèque, frappe à côté.

• 27e

Le PSG prend le dessus, même si les joueurs parisiens sont contrés à la fin de leurs actions. N’Koulou est très présent et Imbula l’aide beaucoup. Ce dernier semble être partout. Soit il y en a un autre qui lui ressemble énormément, soit il se débrouille pour tricher d’une façon ou d’une autre. Le suspense c’est bien, mais trop de suspense c’est dangereux : Thiago Sylva rate une relance à cause du pressing de Gignac. Lui, il n’y a pas de doute, il a l’intelligence pour bien presser. Il décale vers Payet, qui rate le cadre. Cette frappe à côté… Je ne sais pas si c’est par manque de chance ou parce qu’il n’a pas le look parfait du joueur technique !

•30e

Marseille récupère bien les ballons et Dja Djédjé a de la chance en plus. Il réussit une ouverture vers Alessandrini, qui frappe de loin, mais Sirigu détourne le tir en corner. Ça ne donnera rien. C’est Payet l’a tiré.

Le match est plutôt plaisant, l’ambiance est bonne, pleine de respect pour tout le monde : les spectateurs sont sages en tribunes, les joueurs manquant de technique se font discrets. Quand il y a une faute des Marseillais, les Parisiens les embrassent. C’est bien que Gignac et Cavani fassent montre publiquement de leur support à la cause LGTB.

Et lorsque les Parisiens commettent eux aussi des fautes, comme à la 32e sur Alessandrini, celui-ci ne se roule pas dix fois par terre, mais se relève pour continuer l’action sans perdre le ballon.

Ti amo, un soldo  Ti amo, in aria  Ti amo se viene testa  vuol dire che basta:  lasciamoci.  Ti amo, io sono  Ti amo, in fondo un uomo  che non ha freddo nel cuore,  nel letto comando io.

They want to break free !

• 35e

Je suis quand même obligé de siffler un peu. Gignac ne sait pas s’empêcher d’être hors-jeu.

• 38e

They will rock you ! Lucas marque. Pas sur un grand geste technique. Mais il a été aidé par Mendy, un peu dilettante sur le coup. Peut-on dire que deux joueurs à priori limités et s’unissant pour marquer font de ce but un joli geste technique ? Je n’ai pas la réponse.

• 45e

Ce match est tellement plaisant que je ne veux pas siffler. Cinq minutes plus tôt, Gignac s’est roulé par terre, mais comme c’est David Luiz et pas un Matuidi ou un Aurier qui était à côté de lui à ce moment-là, je suis presque sûr qu’il ne l’a pas touché. Puis Payet m’a prouvé que je ne me trompe pas sur son niveau. Thauvin lui fait une belle passe et le Réunionais, au lieu de servir Gignac ou de tirer tout de suite, tergiverse, ne se décide pas, et opte finalement pour une mauvaise frappe, détournée en corner.

Deuxième période

Pendant la mi-temps, Canal+ a envoyé Thomas Thouroude faire chanter les spectateurs. C’est plus beau à la télé quand ils chantent. Je suis sûr qu’il leur a appris plein de beaux chants et pas les trucs vulgaires et offensants qu’on peut entendre ailleurs, là où les tribunes ne sont pas civilisées.

• 47e

Sur un contact peu après la reprise, Lemina se tord au sol. Il est entré en contact avec Veratti. Je commence à avoir les yeux qui fatiguent, car j’ai cru voir ce dernier le faucher par-derrière puis lui cisailler volontairement le genou. Mais Veratti est blanc comme neige, il est intelligent, il ne peut pas avoir fait ça. Je vais devoir redoubler de vigilance vu le vice des Marseillais.

• 52e

Que de frappes ratées ! Sauf pour Lavezzi. Lui n’a pas de chance, il est contré. Suite à ce contre, Aurier frappe à côté. Puis ce sont les Marseillais qui loupent leurs gestes. Mais ils continuent toujours leur pressing et Sirigu manque une relance courte sur David Luiz. Gignac récupère et tente un lob trop bas. Vu ce qu’il rate, je me demande s’il ne se met pas du fond de teint ?

• 56e

Le PSG attaque et bute sur Mandanda et N’Koulou. Et quand il n’attaque pas, il essaie d’apprendre un peu de technique aux Marseillais. Comme ce que vient de faire gentiment Laurent Blanc à l’adresse de Dja Djédjé.

Laurent Blanc enseigne à black -donc grand, costaud,et puissant- les rudiments de la technique qui lui fait tant défaut génétiquement. Ou pas.

Laurent Blanc enseigne au black – donc grand, costaud, et puissant – les rudiments de technique qui lui font tant défaut génétiquement. Ou pas.

• 60e

Paris a le dessus, mais l’OM frappe plus souvent au but. Thauvin manque de peu le cadre. Imbula, de très loin, envoie le ballon très haut. Je ne sais pas comment j’ai pu douter au début du match de la non-technique de ce joueur. Il ne me bernera plus.

• 63e

Imbula a stoppé un conte. Je comprends pas comment il fait pour que je ne voie pas la faute qu’il commet et pour que les Parisiens ne soient pas au sol et n’aient pas mal.

• 66e

Je suis obligé de siffler. Les entraîneurs ont décidé de faire des changements. Bielsa fait sortir Thauvin, qui doit avoir le même fond de teint que Gignac, pour faire rentrer Batshuayi.  Blanc fait sortir Lavezzi et Veratti (sûrement diminué depuis son contact malheureux avec Lemina à la 47e).  Il fait rentrer à la place Cabaye et … la star … le dieu … celui que la DTNA nous demande d’admirer et de qui on a tant à apprendre, Ibrahimovich. Qui je n’en doute pas, vu ce qu’on nous enseigne sur lui, marquera un triplé magnifique en 30 minutes.

• 71e

Cabaye fait une belle entrée. Son équipe domine depuis un moment, il fait une belle frappe de loin que Mandanda repousse. Mais là j’ai eu un réflexe malheureux. Le voyant à la lutte avec Imbula à gauche de la surface parisienne, j’ai sifflé faute contre lui. Pourtant je sais qu’un joueur comme Imbula ne peut rivaliser techniquement et tactiquement avec un Cabaye, mais je n’arrive pas à voir comment il me trompe. Je le jure, c’est la dernière fois qu’il m’abuse ! Heureusement, il y a une justice divine pour rattraper mes erreurs. Payet tire le coup franc et David Luiz le met en corner. Puis, Dieu lui-même intervient. Sur le corner, bien tiré, Ibrahimovich remet le ballon… en corner. Enfin, Sirigu récupère le cuir. Je suis content de n’avoir pas gâché la fête.

• 72e

Dja Djédjé essaie de m’enfumer en enroulant son cou autour du bras de Cavani. Le prochain qui cherche à me tromper,  je le sors direct pour lui apprendre à me prendre pour un imbécile sans cervelle.

• 75e

Barrada remplace Lemina. Marseille pousse, mais frappe toujours à côté. Mendy semble montrer les limites de sa concentration, il se fait surprendre par Cabaye (quel grand et beau joueur, lui je sens qu’on peut lui faire confiance). Mais le Marseillais, à ma grande surprise, se reprend et réussit à amener le ballon en 6 mètres sans le toucher.

Toute l’intelligence des Parisiens est visible dans leurs magnifiques petites fautes dans l’entrejeu empêchant des relances propres des Marseillais.

• 78e

Là, trop c’est trop. Imbula tente de me berner pour la dernière fois. Après avoir simulé une petite faute parisienne sur sa perte de balle, il percute de plein fouet Cabaye. Même si le choc semble insignifiant, la simple vue du Parisien au sol me convainc : je sors le rouge contre le Marseillais ! Je refuse d’écouter cette petite voix dans ma tête qui me murmure « Mama, just killed a man, put a gun against his head, pulled my trigger now he’s dead ». Non, je n’ai rien tué. Je ne peux pas m’être trompé. Même si me vient à l’esprit ce proverbe du pays de Imbula, intitulé le doute maasaï. Pour être sur, je demanderais après le match à mon ami Willy. Il m’est toujours de bon conseil.

Le doute maasaï : is this the real life, is this just fantasy ?

• 85e

L’Om n’abandonne pas. Gignac tente le lob depuis son camp vu que Sirigu était très avancé. Mais il est trop court. Puis sur une action parisienne, Aurier centre, et Cavani marque. Le public, qui a bien retenu les cours de chants de Touroud, chante « mais ils sont où les Marseillais ? ». Ils ne doivent pas trop connaître le foot, sinon ils sauraient que le 11e Marseillais qu’ils semblent chercher est dans les vestiaires.

• 90e

Je suis un peu triste pour N’Koulou, qui malgré son désavantage inné, est très bon techniquement et coupe bien toutes les tentatives parisiennes. Il arrive même à compenser quand Mandanda et Dja Djédjé se rentrent dedans laissant Pastore seul avec le ballon.

• 94e

Le match s’achève après deux nouveaux arrêts de Mandanda.

Le doute est toujours présent en moi, je vais regarder les images à froid pour être sûr. Et comme on dit : « Show must go on ».

Ce qui nous fait plus ou moins rire (jaune) :

– le public parisien qui chante comme s’ils avaient battu le Bayern 4-0 en finale de LDC.

– sept cartons rouges pour les adversaires du PSG en onze matches…

– que Laurent Blanc réussisse à faire carrière comme entraîneur grâce à un malentendu sur la seule saison sans blessure de Gourcuff.

Nos interrogations d’après match : 

– Thiriez est-il venu s’excuser après le match pour le carton d’Imbula ?

– nos joueurs avaient-ils comme consigne de ne tenter que des tirs de loin ?

– nos joueurs travaillent-ils vraiment la précision devant le but à l’entraînement ?

 Les stats du CFC : l’OM a perdu sur le réalisme devant le but…

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A propos de sillicate


Habite En Yourte ! Son Amour Laisse Univoquement Transi, Passant Ostensiblement Tout Obstacle. Caractère Amer Voir Acariâtre. Une Nouvelle Enquête Bientôt Intériorisera Nos Obsessions Utéro-Zygotiques Enflammées ?
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2 Réponses pour PSG (2-0) OM : le compte-rendu « under pressure » de M. Turpin

  1. Je trouve aussi ce compte-rendu très inspiré, et surtout d’une lucidité sur certains joueurs qui confine à la perfection.

  2. Excellent compte-rendu de match. Bravo sillicate !
    Quant à Turpin………