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Défense, efficacité au tir et rebond offensif : comment Moussa Diabaté s'est rendu indispensable à Charlotte
De retour de suspension mardi lors du déplacement de Charlotte à Chicago, Moussa Diabaté a changé de dimension depuis son arrivée chez les Hornets. Désormais titulaire, l'intérieur français est au coeur du nouveau cycle de compétitivité de sa franchise, grâce à un impact statistique qui dépasse largement la feuille de stats.
Après seulement 260 minutes disputées sur ses deux premières saisons avec les Los Angeles Clippers, Moussa Diabaté a changé de dimension depuis son arrivée en Caroline du Nord, chez les Charlotte Hornets, à l'été 2024. La saison passée, le pivot français s'était déjà installé dans la rotation derrière Mark Williams, avec 71 matches et plus de 17 minutes de moyenne.
Au début de cette saison, le poste était promis à Ryan Kalkbrenner, le rookie de 24 ans (drafté à la 34e position), mais la hiérarchie a basculé fin décembre. Profitant de l'absence de Kalkbrenner, Diabaté a saisi l'opportunité avec un match référence le 23 décembre face aux Washington Wizards (12 points, à 100% au tir, et 18 rebonds en 35 minutes). Son énergie a changé le ton d'une équipe en manque d'allant, et les Hornets ne sont plus revenus en arrière. Depuis cette rencontre, il s'est installé dans le cinq majeur et Charlotte a remporté 15 de ses 22 matches (68 % de victoires), bonne passe qu'il essaiera de poursuivre mardi à Chicago (2 heures du matin heure française), après une suspension de 4 matches.
Un joueur qui rend son équipe meilleure
L'impact de Diabaté sur le rendement des Hornets est clair. Avec lui, Charlotte affiche un Net Rating de +7,5 (différence de points marqués et encaissés pour 100 possessions), un différentiel supérieur à celui des Boston Celtics, quatrième meilleure équipe de la ligue cette saison et deuxième à l'Est.
Lorsqu'il est sur le parquet, l'équipe est également bien plus performante offensivement, avec 123 points marqués pour 100 possessions. Un chiffre qui correspondrait à la meilleure attaque de NBA, devant les Denver Nuggets (121). Mais comment un pivot sans capacité de création ni gros volume offensif peut-il avoir un tel impact ? La réponse ne se trouve pas dans les points marqués, mais dans la bataille des possessions.
Un soldat à la bataille des possessions
Si Charlotte a fait de Diabaté son titulaire cette saison, c'est parce que les indicateurs statistiques observés lors de son année comme remplaçant allaient tous dans le même sens. Quand le pivot français est sur le terrain, l'équipe coachée par Charles Lee joue davantage de possessions, pour deux raisons principales.
La première concerne le rebond offensif. La pression constante qu'il exerce sur son vis-à-vis lui permet de capter de nombreux ballons (3,7 rebonds offensifs par match, sixième moyenne individuelle de la NBA), mais aussi d'en créer pour ses coéquipiers. Pour générer un tel volume, Diabaté fournit un travail de l'ombre permanent. Dès qu'il n'est plus impliqué dans l'action offensive, il se place entre son défenseur et le panier afin d'obtenir une position préférentielle. Il joue comme un renard des surfaces, prêt à sanctionner chaque tir manqué en offrant une possession supplémentaire.
Avec lui, les Hornets sont également plus efficaces pour provoquer des pertes de balle, réduisant mécaniquement le nombre de possessions adverses. Grâce à une mobilité rare pour sa taille (2,08 m) et à de bons instincts de lecture, Diabaté participe activement à la création de ballons volés. Contrairement à des pivots plus grands et moins agiles, il peut défendre loin de la raquette, ce qui permet à Charlotte de mettre davantage de pression sur le porteur de balle et les lignes de passe.
Plus efficace et plus altruiste
Au-delà de son impact collectif, l'intérieur originaire de Paris a également franchi un cap sur le plan individuel, notamment en attaque. Après une saison 2024-2025 moyenne en termes d'efficacité (1,19 point par tir tenté), il affiche désormais un ratio de 1,31 point par shoot cette saison, soit le 80e centile parmi les intérieurs NBA (ce qui signifie qu'il a une meilleure moyenne que 80% d'entre eux).
Cette progression s'explique par une meilleure finition au cercle, mais aussi par la présence de créateurs capables de le servir dans de bonnes conditions, comme le meneur LaMelo Ball ou le rookie Kon Knueppel.
Diabaté a également progressé dans la provocation de fautes. Il obtient une faute sur 20 % de ses tirs (92e centile) et sa réussite aux lancers francs est passée de 56 % à 66 %. Mais son évolution la plus marquante ne concerne pas le scoring : elle se situe dans le jeu de passe. Les chiffres bruts restent modestes, mais la tendance est claire. Il a doublé son nombre de passes décisives par match (1,6 cette saison) sans augmenter ses pertes de balle (0,9), signe d'une meilleure compréhension des espaces, notamment sur situations de pick-and-roll.
Une progression globale qui récompense son choix de ne pas répondre à l'appel de Frédéric Fauthoux pour l'Euro l'été dernier. Alors que le sélectionneur l'avait sollicité pour remplacer Vincent Poirier, Diabaté, qui avait débuté la préparation du tournoi avec les Bleus avant d'être coupé, avait préféré « se consacrer à (s)a saison NBA ». Force est de constater que l'intérieur a remporté son pari.