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Roberto De Zerbi en pleine tempête
Le Parisien
Manque de régularité, choix peu lisibles et naufrage en Ligue des champions... Le coach italien de l’OM traverse une forte zone de turbulences qui pourrait menacer son avenir.
Dans les travées exiguës du vétuste Jan Breydel Stadion mercredi soir, l’heure est grave dans les rangs marseillais. Balayés par la tempête brugeoise (0-3) et victimes du coup de tête victorieux d’Anatoliy Trubin face au Real Madrid (4-2), les Olympiens sont piteusement éliminés de la Ligue des champions. Les mines sont graves, les traits marqués et le sentiment d’avoir été mauvais tout au long d’une soirée cauchemardesque domine les esprits.
Peu avant minuit, Roberto De Zerbi, sonné, se présente face aux médias. « Je n’ai pas parlé avec mes joueurs, mais c’est très dur à accepter. Encore une fois, on ne peut pas débuter comme ça des matchs qui peuvent être historiques. Il faut chercher le pourquoi, et je suis le responsable, mais on doit tous faire un examen de conscience », tente-t-il d’expliquer.
Instabilité chronique du 11 de départ
Inévitablement, la question des suites d’un tel fiasco, d’autant que ce n’est pas le premier sur la scène européenne, se pose. « Je ne sais pas, je ne connais pas la réaction de mes joueurs, je ne sais pas à quoi m’attendre, souffle De Zerbi. […] Il n’y a rien à défendre, on souffre d’une irrégularité trop évidente. »
Dans la foulée, Mehdi Benatia, très remonté par la prestation complètement ratée des siens, monte aussi au créneau, épargnant dans un premier temps son coach. « J’espère que les joueurs sont conscients que ce soir (mercredi), c’est une faute professionnelle, a lancé le directeur du football de l’OM. Dans ma carrière, j’ai perdu beaucoup de matchs. Mais rarement j’ai senti ce sentiment de honte comme ça. […] Des joueurs ne se sont pas rendu compte de l’événement et marchaient en plein match. Ça, ce sont des choses que je ne peux pas accepter. »
Dans la nuit belge, joueurs, entraîneur et dirigeants assument tous une part de responsabilité dans le naufrage collectif. Mais au lendemain de cette débâcle, les projecteurs se tournent sur le coach italien. Un chef d’orchestre incapable d’assurer une régularité dans le contenu des matchs de son équipe. Les Bleu et Blanc sont ainsi capables, en l’espace d’un mois, de tenir tête au PSG lors du Trophée des champions (1-1, 4-1 t.a.b.), de dominer largement le leader lensois (3-1) en Ligue 1, de bousculer Newcastle (2-1) en Ligue des champions… et d’afficher un niveau indigne contre Nantes (0-2) en L 1, Liverpool (0-3) ou Bruges (0-3) en C1. Malgré l’expérience de plusieurs cadres, l’ensemble apparaît globalement perdu, sans meneur. Souvent interrogé sur l’inconstance de ses troupes, De Zerbi a tendance à se dérober et répond… qu’il ne peut pas tout expliquer.
Sur le terrain, les joueurs évoluent par ailleurs depuis août dans un système hybride qui présente des failles évidentes, ce qui a sauté aux yeux contre Bruges, et les éléments ne sont pas forcément mis dans leurs meilleures dispositions ou baladés entre plusieurs postes. Là encore, les yeux se tournent vers De Zerbi, qui peine à s’adapter lors des moments de creux de son équipe en match, alors qu’il dispose sans doute du meilleur effectif sur les dernières saisons.
En trente rencontres, l’ex-coach de Brighton a ainsi utilisé pas moins de… trente compositions différentes sans poser la main sur un onze type. Certains apparaissent inamovibles – Rulli, Aguerd, Höjbjerg, Greenwood – quand d’autres enchaînent avant de disparaître — O’Riley, Vermeeren, Pavard, Balerdi —, par choix ou par blessure.
Et la suite ?
Sous contrat jusqu’en juin 2027 et désireux de rester plusieurs saisons en Provence, l’entraîneur de 46 ans navigue entre deux eaux. Tout récemment, le président Pablo Longoria osait l’analogie avec Diego Simeone, entraîneur de l’Atlético de Madrid depuis 2011, dans une interview au « Telegraph ».
Selon RMC, De Zerbi, qui n’a pas encore vu ses hommes en mise au vert à Clairefontaine (Yvelines), et les dirigeants marseillais seraient en discussion sur l’avenir. Un ultimatum jusqu’à la venue de Rennes en Coupe de France mardi 3 février (21 heures) ? Un statu quo jusqu’à la fin de saison ? Un départ avant même le voyage au stade Jean-Bouin pour affronter le Paris FC ce samedi (17 heures) en Ligue 1 ? Le club olympien a annoncé la tenue de sa traditionnelle conférence de presse d’avant-match ce vendredi à 18 heures. Avec ou sans De Zerbi ?