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Sorties hasardeuses, lignes distendues, infériorité numérique au milieu : pourquoi la défense de l'OM a encore sombré face au PSG
Cela fait des semaines que l'Olympique de Marseille ne semble plus savoir à quelle hauteur placer son bloc et que ses lignes sont souvent distendues. Contre le Paris Saint-Germain, dimanche soir, cette animation défensive bancale a conduit à un fiasco historique (5-0).
Des espaces partout, de la cohérence nulle part. S'il avait fallu résumer la prestation défensive livrée par l'Olympique de Marseille sur la pelouse du Parc des Princes, dimanche soir (5-0), on aurait probablement écrit quelque chose du genre. Mais l'affaire interroge, dure depuis trop longtemps pour l'expédier en une phrase. Après les arrivées de Benjamin Pavard, Nayef Aguerd, Facundo Medina et Emerson, qui s'attendait à cela ? Comment ce secteur défensif qui devait être une force a-t-il pu se transformer, semaine après semaine, en une faiblesse ?
La situation interpelle d'autant plus qu'elle n'est pas nouvelle. Quelques jours après une sortie plutôt encourageante sur la pelouse du Real Madrid (défaite 2-1, le 16 septembre), Roberto De Zerbi décrivait ainsi les enjeux : « Il faut trouver un point de rencontre entre les deux. » L'Italien parlait de trouver un juste milieu entre la hauteur du bloc et la volonté de presser. Autrement dit, du chemin à emprunter pour défendre moins bas sans ouvrir trop d'espaces.
Quelques heures plus tard, ses hommes avaient rendu une copie très propre contre... le Paris Saint-Germain (victoire 1-0, le 22 septembre). En jouant un peu plus haut qu'au Bernabeu, tout en resserrant leurs lignes. Aujourd'hui, cette soirée maîtrisée semble loin, son équipe paraît avoir perdu le fil. « On a manqué d'ordre », a d'ailleurs vite concédé « RDZ » après le fiasco parisien.
Et cette désorganisation a logiquement conduit à une multitude d'occasions franches pour les champions d'Europe. L'OM n'avait concédé que 2,43 expected goals (xG) lors des deux premiers Classiques de la saison ? Paris en a généré 4,14 (!) dimanche et trouvé quatre fois les montants de Jeffrey de Lange. Les hommes de Luis Enrique ont, par ailleurs, touché 53 ballons dans la surface adverse contre 45, au total, lors des deux précédents affrontements.
Hojbjerg et Timber face à minimum trois adversaires
Le système marseillais, un 5-2-3 défensivement, est-il une partie du problème ? Pour De Zerbi, c'est non. Dans l'auditorium du Parc, le technicien a rappelé qu'il avait battu le PSG avec une défense à cinq, au Vélodrome. Dans la capitale, des failles béantes sont toutefois vite apparues entre les lignes, là où Pierre-Émile Hojbjerg et Quinten Timber faisaient minimum face à trois adversaires : Vitinha, Joao Neves et Senny Mayulu. Couplée aux décrochages d'Ousmane Dembélé et aux déplacements intérieurs de Warren Zaïre-Emery (latéral droit théorique), la configuration a vite donné lieu à une infériorité numérique constante. De celles qui conduisent à des sorties de Leonardo Balerdi, Medina ou Pavard pour compenser, et qui ouvrent des espaces à l'adversaire.
Quand le bloc marseillais est à l'unisson, défend en avançant, ces pressions peuvent gêner l'adversaire. Mais lorsque les Olympiens sont dans un entre-deux, donnent l'impression de ne pas savoir sur quel pied danser, elles deviennent kamikazes. D'autant plus quand le rival s'appelle Paris et que Nuno Mendes a autant de feu dans les jambes. Sur le premier but d'Ousmane Dembélé (1-0, 12e), l'animation défensive des visiteurs a ainsi fait peine à voir.
Sur celui du break, les lignes visiteuses étaient quasiment aussi distendues. Elles ont, en tout cas, permis à Joao Neves d'être alerté dans le dos du duo Hojbjerg-Timber puis à Mayulu de trouver Dembélé. Mais cette fois-ci, le naufrage aura aussi été individuel. Car si le Français a ensuite rappelé pourquoi il était Ballon d'Or, Balerdi l'a bien aidé. L'Argentin a manqué son intervention, Medina n'a pas rattrapé son erreur, et l'affaire était déjà pliée (2-0, 37e).
La suite ne fut qu'une succession de sorties à retardement et/ou de mauvais alignements. À l'image de cette action de la 45e minute qui aurait pu conduire à un cinglant 3-0 à la pause. Ou de ces nouvelles approximations de Balerdi, à l'origine des troisième (64e) et quatrième (66e) buts.
Pour l'histoire, Lee Kang-in est venu clore le spectacle (5-0, 74e, plus large victoire dans un Classique) mais l'essentiel était ailleurs : dans la capitale, Marseille n'a jamais été compétitif. Comment aurait-il pu en être autrement ? Depuis le début de l'année, les Phocéens ont encaissé deux buts contre Nantes, autant à Angers et sur la pelouse du Paris FC, mais aussi trois contre Liverpool et Bruges. Et donc cinq autres, dimanche. C'est simple : en 2026, cet OM décousu concède, en moyenne, deux buts par matches.
Cela fait de l'équipe de De Zerbi la septième défense de Ligue 1, seulement. Un dernier chiffre en dit long : au Parc, les Olympiens n'ont remporté que 39 % de leurs duels. Alors même que leur coach avait réclamé de la « faim » et de « l'orgueil » en avant match. « On a encore une fois à demander pardon, comme après Bruges », déclarait-il tristement à l'issue de la soirée.