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Paixao, un trou qui interroge
La Provence
Depuis le début de la saison, l’ailier brésilien est à la peine, loin du niveau affiché durant la préparation. Sans oublier l’épisode de sa sortie à Troyes. Son transfert manqué cet été pèse encore.
Les promesses de l’été semblent si lointaines. De l’enthousiasme général lors de la préparation autour de ses prestations dans un Vélodrome plongé dans la chaleur à la déception collective après sa copie rendue dans un stade de l’Aube gelé, des sourires estivaux à l’attitude glaciale d’une poignée de main ignorée, Igor Paixao cultive le chaud puis le froid depuis le début de la saison. Leader espéré de l’attaque olympienne après le départ de Mason Greenwood notamment, le Brésilien traîne surtout son spleen sur les pelouses qu’il a foulées ces dernières semaines. Avec, en point d’orgue, son match raté face à l’Estac. Inquiétant alors que les Olympiens ne peuvent pas, en cette période où la profondeur de banc et les talents manquent cruellement, faire l’économie d’un Paixao au top.
Excuses et digestion
"Il n’y a pas de problème avec lui", a pourtant évacué son entraîneur hier en conférence de presse à la veille de la réception de l’Olympiakos. Un discours déjà servi dimanche soir à Troyes après que son joueur l’a royalement zappé lors de sa sortie après une prestation catastrophique. Fidèle à sa ligne de conduite, Genesio a minimisé la scène et défendu son attaquant. "Il n’y a rien de grave", avait-il éludé le soir-même, mettant cet incident sur le compte de la frustration. "Il était peut-être un peu déçu, mais il s’est directement excusé envers le coach et nous, a confié Himad Abdelli en conférence de presse. On va de l’avant." Chose que le Brésilien de 26 ans n’arrive pas à faire depuis quelques semaines.
Parmi les explications à son rendement nul ou presque (0 but, 0 passe décisive), son transfert avorté en fin de mercato vers l’Angleterre apparaît comme l’une des plus évidentes. "Vous le savez, Igor aurait pu, dû, partir à Sunderland, ça ne s’est pas fait pour diverses raisons. Peut-être que cette frustration n’est pas complètement digérée pour lui", n’a pas caché Genesio, qui a tout fait pour garder son joueur malgré les envies de vente de Frank McCourt. "C’est un moment spécial, mais la situation du club m’a fait rester. J’ai pensé au bien du club. Même en me vendant, ils n’auraient pas pu me remplacer, une pièce qui est importante pour eux", a confié la recrue la plus coûteuse de l’histoire du club (35 millions d’euros) à Canal+ il y a quelques jours. Il s’agirait désormais de le démontrer.
Car depuis le début de la saison, hormis une bonne prestation face à Strasbourg lors de la 1re journée (un penalty provoqué), le natif de Macapá n’a pas brillé. Victime d’une blessure musculaire fin août et également sorti face au PSG après la demi-heure après une douleur au genou, il a aussi connu plusieurs pépins physiques. Cela n’empêche pas qu’il est le joueur offensif le moins en vue de l’OM, après Gouiri et Harit. "On ne va pas se mentir, il n’a pas le même rendement offensif que ce qu’il a pu avoir, reconnaît le coach marseillais avant de défendre d’autres aspects de son jeu. Mais dans son investissement, il n’a pas changé : il fait des courses de repli, il vient aider son latéral gauche de référence."
Des tâches très utiles mais qui ne sauvent pas le début de saison manqué d’Igor Paixao. Alors que les échéances vont s’enchaîner, il va lui falloir être décisif. "Il sait qu’il peut compter sur nous. Il ne faut pas grand-chose parfois, un petit déclic, un but. Les attaquants marchent beaucoup à la confiance", notait Genesio. Hier, lors de l’ultime séance d’entraînement avant l’Olympiakos, son joueur affichait un immense sourire. La fin de la samba triste ?