J 11 | LOSC-OM : chassé-croisé

La onzième journée de ligue 1 prendra fin le 29 octobre au soir avec le déplacement de l’OM en terre lilloise. Ce long dimanche d’automne, où le crépuscule tombera aussi vite qu’une averse locale, verra s’affronter deux équipes en quête de repères. Malgré un classement favorable, les Marseillais devront se méfier des Dogues Lillois, car la bête blessée pourrait bien mordre !



La caravane passe…

En prenant la tête du LOSC, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois, Gérard Lopez, s’est empressé de s’entourer de professionnels de renom. Il a notamment attribué les fonctions de conseiller à Luis Campos et de manager à Marcelo Bielsa pour restructurer l’institution en profondeur et remanier exceptionnellement son effectif.

Une entrée en matière audacieuse, mais sans doute aussi très risquée et un peu précipitée. En effet, tandis que la meute nordiste s’égosille vainement, la caravane de la Ligue 1 poursuit sa progression et le LOSC est à la traîne en ce début de saison.

N’ayant obtenu qu’une seule victoire lors de la première journée (avec la manière cependant), les Dogues végètent même à la dix-neuvième place ! Un rang indigne d’un club aux ambitions élevées, si l’on en croit les annonces faites au moment de son rachat par la nouvelle équipe dirigeante…

En réalité, avec le départ de Nicolas De Préville, meilleur artilleur nordiste en début d’exercice, Lille s’est tiré une balle dans le pied. Pas très judicieux quand on joue au football…

Qui plus est, malgré les efforts d’un maître-tacticien réputé pour son style offensif, la formation lilloise semble méconnaissable avec six buts inscrits pour quatorze encaissés : une attaque rapide comme un camping-car grimpant le Tourmalet, une défense aux abois, des joueurs qui n’évoluent pas à leur poste, tel le spectacle offert au supporteur nordiste.

Aujourd’hui, il est impossible d’affirmer qu’El Loco motive beaucoup ses troupes et l’impatience gagne peu à peu tous les fans du LOSC.

Tiens, ça me rappelle quelque chose…

Luiz Gustavo la double…

Branché sur courant alternatif, l’Olympique de Marseille peut compter sur un élément important, car décisif. J’ai nommé, Monsieur Luiz Gustavo !

En comparaison avec un homologue brésilien aussi doué en affaires qu’en dribles chaloupés, le milieu de terrain marseillais est arrivé en Ligue 1 sur la pointe des pieds. Et quels pieds ! Son jeu est simple, efficace et percutant aussi bien défensivement qu’offensivement.

Véritable métronome dans l’entrejeu, son rôle dans l’effectif est vital !

Pour preuve, les bons résultats à Nice et face à Paris coïncident avec la présence du joueur. Non seulement il est auteur sur ces matchs de deux buts importants, mais en outre, il équilibre considérablement le collectif olympien.

Hargneux et polyvalent, il compense la lenteur relative de la défense marseillaise, parfois un peu empruntée, et c’est un réel plaisir que de voir un artiste brésilien briller sous la tunique bleue et blanche !

Son absence pour suspension sur la pelouse de la Meinau à Strasbourg s’est fait ressentir et le résultat fut décevant.

Par conséquent, Luiz Gustavo est incontestablement devenu un joueur indispensable et sa « grinta », propre à sublimer le reste de l’équipe, constituera un sérieux atout lors du déplacement des Phocéens à Lille.

Et les Gipsy Kings échangent leurs guitares !

Du côté des chefs d’orchestre, difficile de ne pas parler de retrouvailles, les deux entraîneurs ayant chauffé le banc de touche ou la glacière de leur adversaire du soir. Et dans les deux cas, les souvenirs laissés par les techniciens ont été plutôt positifs auprès des supporteurs des deux camps.

Bielsa aujourd’hui à Lille a su faire vibrer le Vélodrome grâce à un jeu direct basé sur un pressing constant de l’adversaire. De plus, il a réussi l’exploit de faire briller des joueurs comme Brice Dja Djé Djé, ou Jérémy Morel, et a pendant un bref instant, rendu aux fans marseillais la fierté que l’équipe dirigeante leur avait volée.

Rien que pour cela, il mérite un immense respect !

© DENIS CHARLET/AFP/Getty Images

Adulé par les amateurs de beau jeu et mû par le refus de toute compromission, Bielsa quitte soudainement l’OM à l’orée de sa deuxième saison (été 2015). En effet l’OM est alors dirigé par un aréopage d’amateurs en herbe et celui qu’on surnomme « El Loco » refuse tout simplement que cette clique méprisante revienne sur ses promesses, s’en allant voir si la pelouse est plus verte ailleurs (ou plutôt nulle part).

Deux ans après cet épisode douloureux, il prend les rênes du LOSC nouveau, bien qu’à ce jour, la réussite ne soit pas au rendez-vous.

Lui faut-il plus de temps pour tout reconstruire ? La ferveur et le contexte marseillais correspondraient-ils mieux à son style ?

Les spécialistes se prononceront, mais curieusement tout entraîneur étranger arrivant en L1 subit d’emblée des reproches incessants que l’on n’oserait à peine émettre à l’endroit d’un technicien français au bout de trois ans, comme en atteste le passage de Phillippe montanier au Stade Rennais…

De l’autre côté du banc de touche Rudi Garcia a, quant à lui, mené progressivement Lille vers les sommets de la Ligue 1. Point d’orgue de son épopée Ch’ti, un doublé obtenu en 2011 au nez et à la barbe de l’OM alors champion en titre.

Depuis octobre 2016, il office à Marseille après un passage du côté de l’AS Roma.

Évidemment, on lui souhaite la même consécration avec les pensionnaires du Vélodrome qu’avec les Dogues en leur temps, même si actuellement, le paysage footballistique français n’est plus vraiment comparable.

D’ici là, il faudra vaincre une équipe nordiste qui va jouer son va-tout, puisque sa situation en championnat est intenable. La défense devra tenir bon et l’attaque profiter des espaces laissés par le jeu offensif adverse.

Les joueurs marseillais ont montré des lacunes à Strasbourg et Nice, mais ont prouvé qu’ils étaient également capables de jouer avec les tripes et le cœur face à l’armada des pétrodollars qataris. À eux de démontrer la même détermination à chaque rencontre, y compris à l’heure d’affronter un relégable.

Ce qu’on veut voir :

– la rage d’un Ocampos
– la justesse d’un Gustavo
– jouer Germain et Lopez
– Njie lever la tête
– une défense… qui défend !
– des Lillois tête basse

Ce qu’on ne veut pas savoir :

– où Anguissa a appris à faire des passes
– la tactique de Garcia
– si Bielsa a choisi un modèle de glacière chauffante…
– la température qu’il fera sur la pelouse
– où en serait l’OM si Lopez en avait été le propriétaire 

Allez l’OM !

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A propos de Guib


Passionné par l'OM depuis environ... toujours et j'aime tout autant les abeilles ! Les deux sont parfois piquants, souvent incontrôlables mais toujours attachants... En bref, j'attends la renaissance de l'OM comme la récolte annuelle de miel. Du coup, j'exorcise mon impatience en vous infligeant mes articles !
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