J 16 | Montpellier – OM : un long fleuve tranquille ?

L’OM a connu quelques déboires en Europa League, où la qualification n’est toujours pas assurée. Mais en championnat il en est tout autre, les joueurs et l’entraîneur phocéens semblent sérieux et détendus alors qu’ils sont montés sur la deuxième marche du podium pour la première fois de la saison lors de la dernière journée (ce n’était plus arrivé depuis la saison 2014/2015). À Montpellier, sans Louis Nicollin à sa barre, le club parvient à tenir le cap. Le mythique président suivra cette rencontre de là haut assurément. Ce derby promet d’être serré.

Florian Thauvin, prêt à affronter la grande muraille.

Un équilibre en passe d’être trou

La trêve internationale se rapproche, le champion d’automne devrait bientôt être couronné. Tout comme la lanterne rouge qui doit encore digérer la défaite cinglante infligée par nos Olympiens en ce milieu de semaine (3-0). À mesure que les journées se succèdent, les équipes se positionnent. Une lutte entre l’AS Monaco, Lyon et l’Olympique de Marseille se dessine pour les places qualificatives en C1 et en C3 alors que le FC Nantes de Claudio Ranieri se tient en embuscade. Après les défaites successives à Monaco puis face à Rennes, l’Olympique de Marseille aurait pu plonger. Pourtant, cela n’a pas été le cas.

« Hé les gars qui chantaient Rudi démission, vous êtes où ? Partis à la Nouvelle Star ? »

Le redressement a été fragile et incertain dans un premier temps. Cela dit, au fil des semaines, le groupe phocéen manifeste une cohésion qui fait peut-être défaut à ses rivaux. S’ils semblent moins talentueux et un tant soit peu brouillons, il faut reconnaître qu’ils ont trouvé un équilibre. La défense qui constituait la principale problématique depuis de longs mois n’a jamais été aussi sereine qu’en ce mois de novembre 2017. Sur les dix-huit buts encaissés depuis le début de saison, neuf l’ont été au cours de deux rencontres (Monaco puis Rennes), sept ensuite sur les trois matches qui ont suivi. Depuis, Steve Mandanda n’a dû aller récupérer le ballon dans ses filets qu’une seule fois en cinq journées. D’ailleurs, Frank, si tu nous lis, on pense à toi !

« Who’s the boss, now ? »

Finalement, le secteur qui nous inquiétait le plus commence à devenir le plus rassurant alors que l’animation offensive pêche toujours un peu. Notamment compte tenu de certains ratés. Lucas Ocampos, Kostas Mitroglou et surtout Clinton Njie se sont illustrés par le manque de sang-froid et d’adresse dans le dernier geste, même si l’argentin a marqué contre Metz. Pour l’attaquant grec, cela s’apparente à une crise de confiance alors que pour les deux autres, on pourrait invoquer d’autres maux. Si nous ajoutons à cela Dimitri Payet qui peine à retrouver son meilleur niveau, l’attaque marseillaise n’est pas au mieux avant de se déplacer à Montpellier. Du coup c’est Florian Thauvin qui a tendance à se la jouer cow-boy solitaire pour ramener des points à la maison, et il le fait bien. Si on ne peut pas lui reprocher d’être décisif, on pourrait quand même s’inquiéter de sa fâcheuse tendance à oublier, parfois, ses coéquipiers, qui ont besoin eux aussi de retrouver le chemin du but.


La Mosson ? Une vraie muraille.

Les Héraultais possèdent la meilleure défense du championnat devant le Paris-SG. Huit buts encaissés seulement pour la défense dirigée par l’ex-olympien Vitorino Hilton. Comme quoi, on peut avoir quarante ans et ne pas avoir besoin de déambulateur pour courir sur le terrain… Patrice et Henri, si vous me lisez ! Huit buts, donc ! Un but encaissé tous les deux matches. Une belle performance initiée par leur entraîneur Michel Der Zakarian. Pour preuve, ils avaient même réussir à cadenasser l’armada des Qataris (0-0). Notons d’ailleurs que grâce aux héraultais, l’OM est la dernière équipe de L1 à avoir marqué au moins un but lors de chacune de ses sorties. Mais revenons-nos à nos moutons, pas plus tard qu’il y a dix jours, les Montpelliérains ont obtenu un match nul et vierge au Parc OL face à une équipe en pleine réussite sur le plan offensif en ce mois de novembre. Et pour couronner le tout, ils ont accroché Monaco au stade Louis-II (1-1).

Benjamin Lecomte et Vitorino Hilton

Des résultats dus en grande partie à leur gardien de but : Benjamin Lecomte. 77,8 % de tirs arrêtés sur les 14 derniers matches. En Ligue 1, personne ne fait mieux. 53,6% de duels gagnés. Seul Paris les bat à ce petit jeu (54,9%). Il ne faut pas oublier les sept clean sheets. Là aussi, ils sont leaders mais en compagnie de Paris, Lyon et Marseille, enfin, Aréola, Lopes et Mandanda. L’an dernier, Benjamin Lecomte gardait la cage des Merlus, une équipe a coulé tout au long de l’année pour plonger en Ligue 2. Il s’agit donc d’une vraie métamorphose pour le joueur âgé de 26 ans. Il semble mener d’une main de fer la défense héraultaise qui s’articule souvent dans un 5-3-2, un système qui pourrait bien s’avérer infranchissable pour nos trublions marseillais.

Ce ne sera pas un long fleuve tranquille comme face à Caen, Guingamp ou Metz. L’équipe héraultaise va incarner un  sacré défi à relever pour Florian Thauvin et ses coéquipiers. La solution passera-t-elle par un exploit individuel ou par la force du collectif ? C’est l’énigme que va devoir résoudre Rudi Garcia. Nul doute que l’entraîneur privilégiera les combinaisons ainsi que la mise en place de décalages pour créer des espaces et utiliser les côtés afin de servir l’avant-centre qui aura la lourde responsabilité de marquer au stade de la Mosson. Les Marseillais auront-ils le loisir d’évoluer haut sur le terrain comme ils le font depuis quelques matches ? Espérons-le car ce dispositif semble leur convenir.

« Qu’est-ce qui est aigri, roule et n’amasse pas mousse ? »


Un bon compromis entre jeunesse et expérience

Il faudra se méfier des contre-attaques du MHSC. Même s’ils n’ont marqué que douze buts, ce qui fait d’eux la troisième plus mauvaise attaque du championnat, Stéphane Sessegnon ne semble pas avoir perdu toutes ses qualités malgré son passage mitigé en Premier League.

La solide septième place acquise par les Montpelliérains est due notamment à leur numéro dix ainsi qu’aux autres joueurs expérimentés de l’effectif, à savoir Vitorino Hilton, Daniel Congré et Souleymane Camara. Tous ces trentenaires paraissent avoir trouvé la fontaine de jouvence. L’intelligence du défenseur brésilien couplée à la technique du meneur béninois ont permis à Der Zakarian de trouver un équilibre dans le jeu. Ajouté à cela la fougue de quelques jeunes joueurs comme Jérôme Roussillon ou Isaac Mbenza, et le cocktail est terminé. Si leur effectif dans son ensemble ne permet pas de viser les premières places du championnat, la formation s’impose comme une des équipes les plus difficiles à bouger en 2017/2018.

Jérôme Roussillon, arrière gauche du MHSC

Comme lors de chaque match, la victoire constituera l’objectif à atteindre pour les marseillais, pour rester deuxième à une quinzaine de jours du choc face à l’Olympique Lyonnais. Cela dit, un match nul permettrait en cas de victoires de Monaco et de Lyon de rester à leur hauteur en termes de points. Néanmoins, n’ayons pas peur de réussir là où Paris, Lyon et Monaco se sont cassé les dents. Histoire de faire plaisir à Christophe Dugarry et Pierre Ménès, deux amis qui nous veulent du bien. D’ailleurs, comme dirait Irène de Rennes, impossible n’est pas Breton. Le stade Rennais et le FC Nantes ont réussi à gagner sur la plus courte des marges là où les autres pensionnaires du championnat ne parviennent pas à ramener plus d’un point.

Alors, pourquoi pas nous ? Peut-être parce que le projet Lillois est plus cohérent que celui de l’OM, n’est-ce pas M. Dugarry ?

Droit au but et allez l’OM !

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A propos de Chris Red


Rédacteur pour le plaisir et passionné de l’OM, je suis également auteur de romans et de nouvelles SF/Fantastique et traducteur novice dans le même domaine.


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2 Réponses pour J 16 | Montpellier – OM : un long fleuve tranquille ?

  1. De la grande muraille à Thauvin des bois ? Bel article en tout cas.

  2. La muraille héraultaise ! A l’assaut !!!

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