J 6 | OM-MHSC : Héraultique, Eyraud tique, ou les deux ?

Il faut bien l’avouer, même si l’on est en droit de douter de tout après une saison précédente au cours de laquelle toutes nos certitudes ont volé en éclats, la moindre étincelle prend des allures d’apparition divine, emmenant avec elle un cortège d’espoirs et de déclarations plus ou moins sensés. Force est d’admettre que la récente victoire face à un Monaco moribond, malgré son nombre de joueurs sous contrat plus important que le nombre d’habitants de la principauté, a provoqué quelques mouvements érectiles peut-être un peu prématurés.

Quand je pense à Fernande…

Certes, si une victoire – qui plus est après avoir été menés de deux buts – est de nature à créer des tensions au niveau des élastiques des slips du public olympien, il convient de relativiser quelques éléments. D’une part, il faut bien reconnaître que si Léonardo Jardim a l’embarras du choix quand il s’agit de créer une composition d’équipe ou de palier à une blessure, il avait surtout le choix de l’embarras au moment de coucher les noms des titulaires en défense sur la feuille de match, et ce quel que soit l’adversaire. La grande capacité de l’OM à « réveiller les morts » a ainsi été surpassée par le bonheur, pour nos Olympiens, de tomber sur plus morts qu’eux et, finalement, d’affronter une équipe qui souffre des même maux que ceux nous accablant depuis trop longtemps. Ainsi, le résultat a découlé d’une certaine forme de logique, dans le sens où la moins catastrophique des deux défenses a décidé de l’issue du match.

Supporteur Marseillais après avoir aperçu un fond de jeu pour la première fois depuis plus d’un an.

Toutefois, je me refuse à jouer plus longtemps les pisse-froids tant ce succès acquis « à la marseillaise » (en substance, du dégoût en entrée, un remontant en plat de résistance, et de l’angoisse au dessert) fut de nature à nous réjouir, et pas seulement d’un point de vue comptable. En effet, nombreux sont ceux qui, au delà de la réaction d’orgueil, ont aussi discerné les prémices d’une patte AVB sur le schéma de jeu et l’animation des ciels et blancs. Au jeu statique de la saison dernière et des quatre premières journées de l’actuelle, semble s’être substitué une certaine verticalité, marquée par une augmentation palpable du jeu en première intention, et des intentions, justement, autrement plus ambitieuses que ce à quoi nous avions fini par nous résigner.

Symbole de ce renouveau appelant une confirmation sur la durée, Valère Germain – abonné aux quolibets plus sûrement qu’un membre de la Vieille Garde l’est au Commando Ultra 84 (joyeux anniversaire à vous et aux MTP d’ailleurs) – a été l’un des grands artisans de la victoire à Monaco, qui plus est dans une position assez inédite pour lui, puisqu’il devait suppléer sur l’aile droite un Thauvin que nous avons peu de chances de revoir avant la fin de la trêve hivernale. Il l’a fait avec application, implication et réussite. D’ailleurs, et bien que requérant une confirmation sur la durée, son activité sur le flanc droit, tout comme les intentions aperçues dimanche dernier, semblent ouvrir des perspectives intéressantes, dans la mesure où son jeu diffère beaucoup de celui de Thauvin :

– Là où le natif d’Orléans utilise un registre d’attaquant intérieur (c’est à dire un ailier utilisé sur « son mauvais pied », et auquel on va demander de repiquer à l’intérieur pour créer le surnombre et/ou frapper), Germain est droitier, et a donc plus d’aisance à centrer depuis le fond du terrain, et ainsi offrir des possibilités différentes à son attaquant.

– Le jeu de Thauvin est davantage basé sur la percussion et l’élimination directe. Avec des avantages indéniables. Mais ça implique aussi un déchet technique important, des pertes de balles assez nombreuses, et autant de possibilités de contre-attaque pour l’adversaire. Germain, lui, est sur un registre qui insiste plus sur les déviations, le jeu en triangle et le redoublement de passes, et là encore des possibilités tactiques s’ouvrent pour André Villas-Boas.

D’une certaine manière, et si l’embellie de Valère se confirme, la blessure de Thauvin pourrait finir par apparaître, non comme une bonne nouvelle, mais comme une forme de mal nécessaire pour obliger cet OM à se réinventer et à varier son jeu, au lieu de s’appuyer sur son homme à tout faire pour le sortir des mauvais pas dans lequel il est si doué pour se vautrer. Gageons en passant que le fait, pour Valère, de s’être fait « voler » son but par Canal+, qui non content de nous imposer Stéphane Guy aux commentaires, a trouvé de bon goût de meubler sa défaillance par des images du regrettable cacatoès brésilien du Paris Saint Germain, donnera à  l’attaquant olympien l’envie de briller plus régulièrement…

Et comment ne pas mentionner le plaisir de voir un attaquant hargneux, dur à la tâche (défensive et offensive), se livrer sans compter, et haranguer ses coéquipiers pour reprendre la main sur une rencontre mal engagée. Le feuilleton de son arrivée, et les critiques (soutenues par un très grand nombre de consultants et autres « experts foot ») sur son âge, ses blessures, son rendement, sa méconnaissance du football européen et autres arguments plus ou moins spécieux, semblent devoir se fracasser sur la réalité de l’efficacité de Dario Benedetto, ainsi que de son impact positif sur le jeu des pensionnaires du Vélodrome.

Bref, même si la prudence, voire une certaine méfiance, reste de mise quant à la capacité de l’équipe à reproduire ce genre de prestations offensives, difficile de ne pas éprouver une certaine forme d’échauffement dans le bas ventre en sifflotant du Brassens.

Moi, cloche et incompétent !

Mais – parce qu’il fallait bien un mais ! –, il a suffit d’un plan de caméra sur le triste sire occupant la présidence du club pour gâcher un peu la fête. Ainsi, le visage coulé dans le plâtre de Jacques-Henri Eyraud au coup de sifflet final avec l’actionnaire à ses côtés, fut de nature à poser question : celui-ci semblait atone, comme détaché du scénario surprenant qui venait de se dérouler sous ses yeux. Alors que dans la presse, sur les lives internet, et jusque sur le plateau du très parisien Canal Football Club (agrémenté d’un retournement de veste ménèsque de « haute volée » © au sujet de Pipa Benedetto), une certaine forme d’enthousiasme était sensible au sortir du match, beaucoup, voyant un JHE « monobloc », virent leur plaisir gâché !

Au point qu’au delà de la créativité naturelle de la twittosphère marseillaise en matière de détournement d’images, certains se sont même demandé si, finalement, une victoire ne représentait pas une mauvaise nouvelle pour celui à qui l’on aurait, hypothétiquement, demandé d’être le fossoyeur du club phocéen, d’en tuer la passion au profit de la rentabilité et du clientélisme.

Il est vrai que cette réaction est de nature à interroger. Ordinairement, les présidents de club assistant à ce genre de renversement finissent le match proche de la transe, extatiques d’avoir déjoué les pronostics établis à peine une heure plus tôt, poings serrés, bras levés, enlaçant leurs voisins, et hilares d’avoir joué un mauvais tour à leurs adversaires du jour. Sans doute le déroulé du match a-t-il mis l’Harvardien sous pression en présence de son employeur, mais ça ne suffit pas à justifier une attitude aussi neutre, aussi désintéressée, à un instant qui aurait dû être marqué d’une célébration. Quand, en plus, on met cette attitude en parallèle à celle de Frank McCourt, tout aussi monolithique, on en vient à se demander ce que l’un et l’autre font là, s’ils sont à ce point incapables d’éprouver le moindre frémissement de plaisir face à un tel « thriller » sportif…

Ainsi, ce que se seront dit ces deux obséquieux individus restera dans la discrétion de leur bien étrange association. Il n’en reste pas moins que cela ajoute au mystère entourant la gestion chaotique de notre cher OM, à ses tenants et ses aboutissants, sans apporter d’autre motif de satisfaction que d’avoir renvoyé Monaco et son armée de joueurs sous contrats à l’apprentissage des rudiments du football et de la notion d’équilibre tactique. Non sans éprouver une légère peine pour le sympathique Leonardo Jardim, qui se consolera probablement en pensant à ses futures indemnités de licenciement, et à ses trois mois de congés payés, avant de reprendre son poste en février prochain.

Dis moi oui… Andy !

Je suis d’accord avec vous, passer de Brassens aux Rita Mitsouko, ça ressemble un peu à un grand écart facial exécuté par Grégory Sertic pour tenter de convaincre AVB qu’il a encore un avenir sportif. Néanmoins, tant que l’on reste dans la gaudriole, toutes les fantaisies ne sont elles pas permises ? Ainsi, et avant d’aborder concrètement notre future rencontre face à nos presque voisins montpelliérains, – et nonobstant le fait qu’eux considèrent un derby ce que nous appelons couramment une purge nécessaire au déroulement de toute saison de Ligue 1 qui se respecte –, je tenais à rendre hommage à André Villas-Boas, qui est en train de me réconcilier avec le football olympien.

Après deux années et demie de Rudi Garcia, dont une bonne année de trop, on en avait presque oublié que sous l’épaisse couche de crasse les maculant, se dissimulaient des joueurs de football professionnels capables de prendre du plaisir à l’exercice de leur métier. Notre nouveau tacticien a ceci pour lui d’aimer les challenges, et un peu (toute proportion gardée) à la manière d’un Bielsa, d’être capable d’innover et de nous surprendre dans le bon sens du terme sur une foule d’aspects.

Tactiquement d’abord, insister avec Payet à gauche – bien que je fasse partie des indécrottables qui pensent qu’il serait quand même mieux en numéro 10 –, jusqu’à le rendre efficace et nous faire apercevoir à nouveau le lustre que nous lui connaissons. Ou encore réussir une adaptation expresse de Dario Benedetto, à qui l’on promettait de longs mois de galères.

Humainement ensuite : ses interventions en conférence de presse sont de haut niveau et, là encore, un peu comme avec San Marcelo, on se surprend à se délecter d’une analyse tactique, d’une explication que l’on trouverait absconse en toute autre circonstance. Là on écoute, on analyse, on comprend, et on sent l’amour du travail bien fait. De même, le fait qu’il ait pris le temps de se déplacer pour voir Lyon jouer mercredi soir nous rappelle que si le mot anticipation a bien une définition dans le dictionnaire, ce n’est pas pour faire joli. Bref, on sent bien que l’on a changé de dimension par rapport au guitariste nemourien, et de là à se demander s’il n’aurait pas fallu commencer par lui, il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à franchir.

Le Quatre à la suite !

Top ! Je suis un club de football professionnel fondé en 1919, mais dont la famille actuellement propriétaire ayant fait fortune dans la voirie à fait inscrire l’année 1974 sur ses armoiries, juste pour bien rappeler qu’avant le club n’était rien, et qui depuis ce temps alterne entre indifférence et désillusions, à l’exception notable d’un titre de Champion de France en 2011, obtenu on ne sait trop comment sous la houlette d’un des coachs français proposant l’un des jeux les plus déprimants qui soient !

J’ajoute à mon palmarès du ridicule, le fait d’avoir, comme meilleur buteur historique un défenseur central en la personne de Laurent Blanc qui, bien avant de sombrer dans les abîmes du coaching qatari, aura su faire – et nous en avons la preuve à Marseille – le bonheur des nombreux clubs qu’il fréquenta au cours de sa carrière ! Actuellement, mon meilleur buteur en championnat est l’international algérien Andy Delort, qui s’illustre autant par son style de jeu que la notion de finesse ne semble pas avoir atteint, que par ses frasques judiciaires, mais qui doit néanmoins être considéré comme un danger certain, surtout pour une défense instable comme celle de l’OM.

En dépit de la qualité moyenne, voire médiocre de mon effectif à l’image de Daniel Congré, je dois être considéré comme un adversaire dangereux dans la mesure où j’aime bien accrocher des scalps prestigieux à mon tableau de chasse pour donner l’illusion de faire des saisons réussies, tout en permettant à des joueurs de devoir de se diriger en douceur vers une retraite bien méritée. A l’image du vénérable Vitorino Hilton, autrefois Olympien, qui continue à distiller sa sagesse et sa hargne défensive pour rendre la vie dure aux attaquants adverses. Je compte aussi dans mon effectif, outre ces extrêmes, quelques joueurs franchement pas maladroits qu’il sera bon de réussir à museler si l’on veut tirer le meilleur parti de ma venue, tels Téji Savanier, Florian Mollet, ou encore Gaëtan Laborde.

Enfin, et dans le but de boucler cette quatrième victoire à la suite pour m’accrocher au podium, peut-être y monter, voire même prendre la tête du championnat en cas de conjonction favorable des événements, et notamment une vautrade qataro-parisienne consécutive à un excès de confiance après une victoire face à un Real Madrid en plein chantier, il faudra museler un étrange attaquant. Souleymane Camara, puisqu’il s’agit de lui, ignore pratiquement ce qu’est débuter un match, mais sait en revanche les finir comme personne en Ligue 1 depuis plus de dix ans, puisque il est le meilleur super-sub du championnat au vingt-et-unième siècle, plus de 40% de ses réalisations venant d’une entrée en jeu tardive.

Je suis, je suis, je suis ?!

Stabiliser devant, renforcer derrière !

Si l’allant offensif aperçu sur le rocher fut plaisant, face à un adversaire tel que Montpellier, qui dispose d’une assise défensive solide, bien aidé par un entraîneur, Michel Der Zakarian, au diapason de l’immense majorité des entraîneurs français, c’est-à-dire plus obsédé par l’idée de ne pas encaisser de but que par la perspective d’en inscrire, la porosité de la défense olympienne risque d’être à l’origine d’un résultat déplaisant. Montpellier, comme beaucoup d’équipes habituées au milieu de tableau du championnat de France, mise plus sur les contre-attaques expresses que sur les actions construites. AVB devra donc trouver un équilibre entre verticalité et solidité, de manière à poursuivre, engranger de la confiance, et montrer que si l’OM n’est pas encore de retour aux affaires, il est sur la bonne voie.

Ainsi, je me garderai bien d’émettre le moindre avis sur une possible composition, mais je souhaite néanmoins revoir le nouvel Argentin de l’effectif ajouter une victime supplémentaire à son tableau de chasse !

Bon week-end à toutes et tous, et allez l’OM !

 

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A propos de Ragnarok


Juriste de raison, confiseur de métier, ancien habitant du bassin parisien repenti en Marseillais pur sucre qui n'a toujours vibré que pour l'OM. Joueur occasionnel au Z5 (option « pieds carrés et contrôles aléatoires » incluse), et désormais fier rédacteur de MassaliaLive !
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Une Réponse pour J 6 | OM-MHSC : Héraultique, Eyraud tique, ou les deux ?

  1. Merci.
    Bonne nouvelle,on joue à 17h30, au moins, ça ne gâchera pas la soirée.
    Essaie de ne pas trop déformer son beau caleçon bleu !!!!

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