FC Nantes – OM : laborieux

En s’imposant à la Beaujoire en clôture de la onzième journée, Marseille se donne de l’air. Pour la première fois de la saison, le club phocéen enchaîne deux victoires consécutives en championnat. Si la manière ne convainc toujours pas, l’OM se relance au moins sur le plan comptable.

Ma recette pour tenir ? Une bonne sieste avant le match ! ©Valery Hache APF« Ma recette pour tenir ? Une bonne sieste avant le match ! » © Valery Hache APF

Quand deux équipes jouent pour bien défendre et ne pas encaisser de buts, cela donne la première mi-temps proposée par les Nantais et les Marseillais dimanche soir. Un spectacle soporifique, indigne de « la grande affiche » que les diffuseurs nous promettent chaque week-end. Une rencontre d’autant plus déprimante qu’elle était commentée par un Stéphane Guy qui s’affirme comme le niveau zéro du commentaire footballistique sur C+.

Et pourtant, Michel misait sur la continuité, alignant le même secteur offensif que la semaine précédente avec une ligne Nkoudou Cabella Alessandrini chargée d’animer l’attaque et de mettre Michy Batshuayi dans les meilleurs dispositions. Une association qui peine visiblement toujours à trouver des automatismes.

Y’a d’la joie

Qu’on se le dise, le score nul affiché à la mi-temps portait bien son nom. Imprécisions à foison, fébrilité offensive, frilosité rédhibitoire, le contenu proposé par les vingt-deux acteurs était minable.

Si la seconde période ne fut pas un modèle de spectacle, elle a eu le mérite de voir le match s’animer un tant soit peu, notamment sous l’effet de l’ouverture du score du régional de l’étape, George-Kévin Nkoudou.

Entre temps, Alessandrini, blessé, avait laissé sa place à Barrada. L’entrée de ce dernier a permis aux Olympiens de remettre (un peu) le pied sur le ballon, de fluidifier les transmissions. Si Cabella semble être désormais le titulaire au poste de meneur de jeu, il paraît clair que la qualité de passe du Marocain fait souvent défaut à la cohérence de l’attaque marseillaise.

On va la faire courte. L’OM a marqué, puis Michel s’est dit que ce résultat-là était important. Donc l’OM a reculé, sous l’impulsion des entrées de Romao (pour Lucas Silva) et de Sparagna (pour Nkoudou, touché), et s’est mis en danger. Nantes aurait d’ailleurs pu égaliser dans les derniers instants sur corner sans l’intervention opportune d’un Barrada qui repoussait de la tête sur sa ligne.

Bref, l’OM a gagné sans convaincre qui que ce soit. Cela dit, l’OM se relance sur le plan comptable, et n’est plus qu’à trois points de Nice, tube du moment et prochain adversaire des Olympiens.

1L’OM s’éloigne de la zone rouge ©LFP

Le spectre de Zubar s’éloigne

Autant vous dire que ce match n’avait pas le moindre intérêt. Sauf que votre serviteur, plein de bonne volonté, s’est quand même dit qu’il fallait remplir la feuille, et sans la noircir d’insultes si possible.

Alors voilà, en fouillant, l’OM repart de la Beaujoire avec quelques satisfactions. La première est bien entendu défensive. Le clean sheet obtenu hier n’est que le deuxième de la saison après l’anomalie troyenne (6-0 pour l’OM). Il a été rendu possible par une prestation enfin aboutie de Nicolas Nkoulou. Celui qui s’était transformé depuis le début de la saison en Zubar (le physique en moins) semble avoir retrouvé dimanche soir un peu de sa superbe. Si l’opposition n’était certes pas transcendante, revoir Nkoulou à ce niveau est un gage de sécurité dont l’OM ne disposait plus depuis le début de la saison. À ses côtés, Rekik, relancé par Michel a été sérieux et appliqué dans ses interventions. Autant dire que la présence d’un taulier l’aide et le rassure visiblement.

Merci, mais on a déjà donné © The Sun

Merci, mais on a déjà donné © The Sun

Un petit Lassana

Ce match sans prendre de but est d’autant plus important qu’il a été le lieu, probablement, de l’une des moins bonnes prestations de Lassana Diarra sous notre maillot. Qu’on se rassure, même en demi-teinte, l’ancien Madrilène est le meilleur de son cheptel. Cependant, le fait de voir l’OM ne pas rompre alors que son milieu récupérateur, garant de l’équilibre de l’équipe, joue en deçà de son niveau est porteur d’espoir. Gageons que si Nkoulou avait rendu la même copie que lors des semaines précédentes, le résultat aurait été tout autre.

Le compère de Lassana devant la défense, Lucas Silva, fut égal à lui-même. Si ce gamin semble vraiment posséder un sens du jeu de qualité, sa lenteur et son manque de consistance physique sont rédhibitoires au moment de faire face à des milieux de terrain bien plus denses que lui. Les alternatives à son poste sont pourtant peu nombreuses puisque Romao et Sparagna ont un profil nettement plus défensif que le sien, que Barrada n’a pas le coffre pour jouer si bas et qu’Abou Diaby est occupé à faire vivre le souvenir de Julien Rodriguez et José Delfim.

« On mène, alors maintenant tu joues entre Nkoulou et Rekik ! » © AFP

Michel, entraîneur offensif

Si l’animation offensive fut en tout point médiocre, on ne peut que constater la consigne qu’avaient visiblement les Marseillais au coup d’envoi de ce match. Lisible dans le comportement des joueurs sur le terrain, elle a été assumée par les joueurs interviewés à la mi-temps : l’OM est venu à Nantes pour ne pas prendre de buts.

Si l’intention peut être louable vu la période traversée par le club, on ne peut que sourire à l’évocation des raisons qui ont poussé Labrune à favoriser la piste d’un entraîneur étranger. Il faut en effet se rappeler que le président marseillais avait mis en question la mentalité et la frilosité trop présente dans le travail des techniciens nationaux. Un principe qui, s’il remporte le suffrage de la plupart des supporteurs, se trouve mis à mal face aux deux dernières prestations des hommes de Michel en championnat.

Après la crise de nerfs du dandy espagnol dans les dernières secondes face à Lille, lorsque Michy avait voulu jouer vite une touche dans l’espoir de marquer un troisième but (scène qui avait même interloqué Hervé Renard, entraîneur français de Lille), Michel semblait avoir cette fois-ci mis les choses au clair dès le début. Les Olympiens se déplaçaient d’abord pour préserver leurs cages, puis advienne que pourra sur un malentendu.

Alors que Michel semblait il y a quelques semaines se poser des questions sur la mentalité des joueurs français, il semble avoir remarquablement ciblé celle des entraîneurs locaux. Au point d’être plus royaliste que le roi ? Seul l’avenir le dira.

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Article lu 1561 fois, écrit le par Kenshi Cet article a été posté dans Compte-rendu et taggé , , . Sauvegarder le lien.

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