John a écrit:fourcroy a écrit:Les communistes sont parmi les acteurs principaux de la Résistance, c'est indiscutable. Dans l'ensemble après la rupture du pacte germano-soviétique, certes, mais la guerre était loin d'être gagnée ou terminée.
Je le nie pas

je dis juste que ce n'est pas le meilleur exemple de résistance.
fourcroy a écrit:John, en 1940, sûrement pas. A partir de l'été 1941, en revanche...
Si on doit distribuer les brevets de résistance, mettons au moins les choses dans leur contexte.
Depuis l'avènement du régime nazi, l'URSS n'a cessé d'alerter les démocraties occidentales sur la nécessité de tuer dans l’œuf le projet hitlérien. Vous me direz, c'est normal puisque Hitler n'a jamais fait de mystère sur son ambition d'élargir son espace vital vers l'est en soumettant les sous-hommes slaves.
Mais alors que les Russes prônaient très tôt la destruction d'un nazisme qui n'était pas encore une machine de guerre, les puissances occidentales ont préféré attendre. Attendre de voir si Allemands et Russes ne pouvaient pas s'affaiblir en se faisant la guerre. Attendre que l'Allemagne démontre qu'elle est une puissance d'avenir parce que mieux vaut Hitler que Blum comme disait la droite. Attendre pour mieux se préparer à la guerre (la GB et la France n'étaient pas dupes de la menace nazie). Attendre pour ne pas bousculer des sociétés marquées par la 1ère guerre et par le pacifisme des anciens-combattants.
Cette politique de l'attente a conduit aux accords de Munich qui permettaient l'expansion de l'Allemagne vers l'Est et menaçait donc directement une URSS exclue des négociations. Le pacte germano-soviétique s'inscrit dans ce contexte d'atermoiements des puissances occidentales alors que les communistes avaient décrété depuis 1935 la lutte antifasciste, même au prix d'une alliance avec les partis bourgeois de gauche comme la SFIO (expérience des fronts populaires).
Ca compte ça dans la distribution des brevets de résistance?
Enfin, dire que dans la période 1940-1945 les cocos n'étaient pas les meilleurs exemples de résistance, c'est nier leur apport décisif dans la constitution d'une résistance intérieure. Ils avaient depuis 1940 l'expérience de la clandestinité, ont crée avec les FTP un réseau majeur et l'ont payé au prix fort. N'en déplaise aux gaullistes, la vie de Manouchian (il faut lire l'Affiche rouge d'Aragon) valait bien celle de Moulin.
Si De Gaulle a envoyé Moulin réunir la résistance intérieure, c'est bien parce que la résistance coco était incontournable. Et c'est avec elle qu'a été mis sur pied le Conseil de national de la Résistance auquel on doit la Sécu, le suffrage universel ou la liberté de la presse.