par 320cds » 08 Oct 2026, 13:25
Ce qui m'étonne le plus, c'est la force de leur conviction. Je n'ai aucune conviction je crois que je porte au niveau ou ils portent leur "révolte". Je ressens une colère de leur part. Une envie de revanche. Je ne sais pas. Mais leur absence de scepticisme sur leur propre théorie me laisse perplexe. Qu'ils ne veulent pas prendre pour argent comptant une pensée dominante, OK, mais pourquoi prendre pour argent comptant ces théories fumeuses, avec une telle foi ?
Le parallèle est facile mais on voit aux USA une partie importante de la population qui vit avec des convictions totalement folles, accrochés aux bobards gros comme des maisons de Trump. Je ne parle pas d'opinions : par exemple un raciste peut détester les personnes qui ont une autre couleur, ou penser que chacun doit se démerder totalement et que l'état doit juste être là pour le strict minimum. Mais croire aussi forts à des choses totalement délirantes, autant de monde, c'est terrible.
Et plus ils sont enfoncé dedans, plus les 3 aspects documentés par les études psy depuis 70 ans entre en jeu : -- Dissonnance cognitive (la croyance est liée à l'identité et c'est très couteux de revenir en arrière, on écarte donc plus ou moins consciemment les infos qui prouvent le contraire),
Biais de confirmation (on a tous ça, on retient surtout chaque exemple / info, même mineure, qui vient confirmer notre conviction et on écarte, minimise les autres)
L'escalade d'engagement. Quand par exemple, on s'est engueulé avec pleins de gens en disant que les vaccins sont nocifs, dont une partie de sa famille, qu'on a passé plein de temps à chercher des arguments, qu'on s'est créé une communauté d'accord avec nous dans laquelle on est validé et respecté, se dire "ah merde, j'avais tort", c'est pas juste changer d'avis, c'est devoir faire face à tout le reste (les regrets, les nouveaux copains qui tournent le dos, devoir faire amende honorable auprès de ceux qu'on accusait d'être des moutons...). C'est très lourd.
Après pourquoi au début, ils plongent autant, ça c'est un mystère. Ici, au tout début de la crise, on était plusieurs à être intrigué par Raoult, dont moi, je n'avais pas d'avis réel, n'ayant pas les compétences requises ni étudier le sujet en détail. Mais pourquoi décider : "il a raison, totalement raison", et s'y jeter avec réel engagement qui va ensuite provoquer les mécanismes listés ci dessus, je comprends mal.