par Dragan » 10 Aoû 2025, 15:27
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Les eaux Contrex et Hépar contaminées aux microplastiques par les décharges sauvages de Nestlé
Les conclusions de l’enquête de l’Office français de la biodiversité que Mediapart publie révèlent que les eaux de Contrex et Hépar contiennent des taux de microplastiques « exorbitants » en raison de décharges laissées à l’abandon par Nestlé qui ont pollué les sources d’eau. Un réel danger pour la santé.
Ce samedi, Mediapart a publié une enquête basée sur un rapport de l’office français de la biodiversité affirmant, chiffres à l’appui, que les eaux minérales de Contrex et Hépar sont contaminées à l’émergence par des taux de microplastiques « exorbitants ». Le point avec Pascale Pascariello, son autrice.
A vec Nestlé Waters, un scandale en chasse décidément un autre. Le dossier des traitements illicites des eaux minérales est encore chaud que s’ouvre sans transition celui des décharges. Comme un avant-goût du procès qui va se dérouler sur le sujet du 24 au 28 novembre à Nancy . Ce samedi en fin d’après-midi, le média en ligne Mediapart a publié une enquête intitulée « Les eaux Contrex et Hépar contaminées aux microplastiques par les décharges sauvages de Nestlé » et ce qu’elle révèle est proprement sidérant. Tentative de résumé par son autrice, Pascale Pascariello : « Tout vient d’un rapport remis par l’OFB (office français pour la biodiversité). Dans le cadre de la justice, ça s’appelle un PV de synthèse, un rapport final. C’est évidemment un rapport qui entre dans le cadre de l’enquête préliminaire et qui a conduit le parquet à décider des poursuites de Nestlé. » Un texte qui interpelle : « Tout est un peu inquiétant, parce que ce qui est retrouvé dans les sols comme dans les eaux en surface l’est à des taux, comme dit la justice “exorbitants”, qui sont parfois 28 000 à 1,7 million de fois supérieurs à ce qu’on retrouve dans la Seine et ça, ce sont les comparaisons de l’OFB. »
Car dans l’affaire, l’établissement public a réalisé une enquête précise : « Les prélèvements sortent de deux forages, Reine Lorraine sur le gîte B pour Contrex et HP Nord sur le gîte A pour Hépar. Ils ont été réalisés par l’OFB en présence des gendarmes de l’Oclaesp (Office centre de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) et des salariés Nestlé. » Une approche à l’émergence qui change tout : « Il y a déjà eu des recherches sur les bouteilles en plastique qui montraient que, du fait du contenant, on retrouvait des microplastiques à des taux supérieurs aux eaux du robinet. Là, l’origine de ces microplastiques, du fait que les prélèvements ont été faits à la sortie du forage, vient évidemment de la pollution due aux décharges sauvages. »
Des proportions « incommensurables »
Des dépôts de dimension XXL, comme le « volcan » de Contrexéville représentant 346 000 m 3 : « Ce sont des tonnes et des tonnes de plastiques qui sont restées là depuis la fin des années 1960. Nestlé, qui a racheté les sites en 1992, dit n’en avoir eu connaissance qu’en 2014. C’est l’actuelle PDG Sophie Dubois qui l’explique. Certains sites font la hauteur d’un immeuble de six étages, ça semble difficile de les ignorer ces décharges sauvages. Il n’empêche, ils n’ont rien fait et ils n’ont informé l’État qu’en 2021. »
Mais ce n’est pas tout, comme le précise la journaliste : « En plus, les taux relevés par l’OFB ne concernent que les microplastiques, pas les nanoplastiques, parce que les prélèvements ont un coût budgétaire. C’est déjà important pour une enquête préliminaire d’avoir pu faire autant de prélèvements et d’analyses. Mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas que la partie visible de la pollution. »
Un phénomène loin d’être anodin en termes de santé publique : « Les scientifiques de l’Inserm et l’Anses expliquent que depuis qu’ils se sont rendu compte qu’on retrouvait des micro, des nanoplastiques dans le cerveau ou dans l’appareil digestif, il y a eu une prise de conscience pour dire qu’il y a vraiment un danger encore plus grand que ce qu’on imaginait pour la santé. » Autant d’éléments qui, Pascale Pasciarello le cite, amènent le parquet de Nancy dans son réquisitoire à estimer que « les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval ». Un feuilleton qui ne fait que commencer.
Cette enquête est le début du dossier des conséquences des décharges sauvages de Nestlé Waters. Photo d’archives Eric Thiebaut
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