Information
Longoria-Benatia, tempête sous deux crânes
La Provence
Si les joueurs et De Zerbi sont sous le feu des projecteurs, les têtes pensantes de l’OM, qui semblent perdre la main, sont tout aussi responsables, si ce n’est plus, de cette crise.
D’une absolue discrétion. Prompt à surgir en zone mixte quand rien ne va, histoire de détourner l’attention sur l’arbitrage (Madrid, Atalanta), les médias (Koweït), son excellent mercato (Lens) ou la mentalité douteuse de ses joueurs (Bruges), mais jamais sur lui, Medhi Benatia a, cette fois, gardé sa précieuse salive, laissant le soin au néo-Olympien Himad Abdelli, jeté dans la fosse aux lions, de décortiquer cette énième humiliation.
Le directeur du football s’est tapi dans l’ombre du Parc, où il se sent comme chez lui*, auprès d’un autre dirigeant désespérément muet, Pablo Longoria. Alors que son navire tangue comme rarement, le président a, semble-t-il, lâché la barre depuis un moment. Moins présent au quotidien au centre Robert-Louis Dreyfus, moins impliqué sur le marché où il laisse son bras droit être aussi le gauche, ses yeux et sa tête, l’Espagnol préfère chroniquer la saison de son club sur Instagram, plutôt que prendre publiquement ses responsabilités.
Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses, malgré la déception, non dissimulée lors de la réunion avec les groupes de supporters (2 février), de devoir rendre des comptes à Frank McCourt, las de voir ses dollars s’envoler, par centaines de millions, sans récompense à la clef. Medhi Benatia fut le principal à s’en émouvoir devant les ultras, avant le (premier) "match de la dernière chance". Le Francilien a pourtant eu les coudées franches depuis l’été 2024, au regard de la concurrence nationale, pour dessiner une équipe de premier plan, à la mentalité irréprochable. Deux critères qui, 79 mouvements plus tard (dans les deux sens de circulation), n’ont toujours pas été remplis. L’ancien agent a multiplié les transactions, aussi pour satisfaire les exigences de Roberto De Zerbi, aujourd’hui sceptique quant à ce turnover permanent.
Un vestiaire aliéné ?
"Bena" et son patron espagnol ont dégainé le chéquier pour le plus grand bonheur des vendeurs** et proposé des salaires XXL pour combler les joueurs… pas tous dignes de ces rémunérations pharaoniques. Adrien Rabiot, que l’ex-international marocain a brillamment ramené en Provence, méritait, lui, amplement sa paye. Mais personne n’a oublié comment l’histoire s’est terminée, ni son écriture, a minima bancale, par le trio Longoria-Benatia-De Zerbi. Symbole d’un mercato très inégal, et à l’issue duquel, maintenant que le temps a fait son œuvre, l’on doute sérieusement que l’effectif ait été renforcé.
Si, seulement, l’ambiance était au beau fixe… Les deux architectes de l’OM ont connu des jours meilleurs. Leur relation s’était refroidie en fin d’année, quand l’un (Benatia) avait le sentiment de tout faire pour l’autre (Longoria). Dans le vestiaire, une partie des joueurs se méfie désormais du directeur du football, adepte d’un double discours. Une confiance malmenée, une emprise édulcorée, tandis qu’un autre, Mason Greenwood, préfère simplement l’ignorer.
Une position inconfortable pour l’ancien défenseur de la Juve et du Bayern, qui n’a jamais caché que sa durée de vie à l’OM était très limitée… même s’il continue, encore aujourd’hui, de structurer le secteur pro. Certaines personnes autour du club, de plus en plus nombreuses, l’imaginent rendre son tablier cet été. Mais avant cela, il y a une saison à sauver !