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Les raisons de la colère des supporters de Monaco, décidés à agir pendant les matches : « On est lassés, il n'y a aucune visibilité dans ce qu'ils font »
Ulcérés par les résultats et la méthode, les ultras Monégasques sont montés en température ces dernières semaines. La gronde pourrait se poursuivre contre Lorient, ce vendredi soir, et Thiago Scuro est leur cible principale.
Dimanche, à Orléans, lors du 16e de finale de Coupe de France péniblement remporté par l'AS Monaco face à l'USO (3-1), troisième de National, les 245 supporters monégasques installés dans le parcage visiteurs ont fait la grève des encouragements pendant 45 minutes. À l'initiative des Ultras Monaco, ils ont également réclamé la démission de Thiago Scuro, le directeur général, et déployé des banderoles : « Bougez-vous ou cassez-vous », « Direction démission », « 2025 président direction staff médical tous absents, 2026 c'est quoi le thème ? ».
Christophe, 43 ans, natif de Grasse et supporter de l'ASM depuis 1988, était au Stade de La Source et explique le timing. « J'étais à Paphos, en Ligue des champions (2-2, le 26 novembre), et à Monaco-Lyon (1-3, le 3 janvier), et on avait déjà alerté les joueurs et l'entraîneur après les rencontres sur le fait qu'ils choisissent leurs matches. On leur a plusieurs fois demandé leurs intentions lors de réunions à La Turbie, la contestation est montée au fil du temps et à Orléans on a agi. »
Loïc (le prénom a été changé) supporte Monaco depuis quinze ans. Il était également à Orléans et résume les points de crispation avec le club. « Le mercato a été raté, estime-t-il. On a vendu Singo trois jours avant le début de la saison, nos recrues phares c'est Pogba et Fati, des paris osés, et on n'a pas de profondeur d'effectif. Le nombre de blessés est colossal : la prépa a-t-elle été ratée ou les joueurs sont-ils fragiles ? On veut des réponses. Et il y a une inadéquation totale entre l'objectif C1 et les actions. On a la 17e défense de L1, l'OM a un effectif nettement supérieur au nôtre. C'est quoi le projet ? Changer de coach, c'est facile. Scuro est le maillon faible et la direction a été absente en 2025. On est lassés, il n'y a aucune visibilité dans ce qu'ils font. »
Florian a 31 ans, il est membre du club des supporters de Monaco (CSM) et va au stade Louis-II depuis 18 ans. « On a vu des équipes totalement différentes entre celle qui s'était fait écraser par Lorient (1-3, le 27 septembre) et celle qui a joué contre City (2-2, le 1er octobre). Tout le monde est fautif mais ce n'est pas une question d'entraîneur, c'est une question de joueurs, de mercato, de gestion. Les fumigènes à Orléans m'ont surpris mais les supporters se demandent où en est Monaco et j'espère que ça va faire bouger les choses. »
De nouvelles actions contre Lorient
Le président Rybolovlev était visé par les banderoles. « On a de la mémoire et on sait que sans son arrivée en 2011, le club serait peut-être foutu, mais c'est lui le patron, c'est à lui d'agir », dit Loïc. « "Rybo" est de moins en moins aux matches, c'est lui qui a choisi sa direction, c'est lui qui a mis son compatriote Vadim (Khetagov) dans le staff médical, il a sa part de responsabilité aussi », enchaîne Christophe, pour qui le principal coupable s'appelle Scuro.
« Quand on discute avec (Denis) Zakaria ou (Sébastien) Pocognoli, ils sont des interlocuteurs de qualité, poursuit le Grassois. Les supporters n'ont rien contre Pocognoli, il fait avec ce qu'il a et il débarque. Mais Scuro nous méprise, alors que ce sont ses choix. Fati ne joue plus, on voit des photos de Pogba à Dubaï, Hradecky est le seul investissement de l'été et il est blessé tout le temps, on prend un rouge à chaque match et il faut arrêter avec les arbitres. La direction est absente, alors oui, on a fini par mettre le bordel à Orléans. »
Contre Lorient, des banderoles devraient être ressorties et la grève des encouragements poursuivie pendant 45 minutes. Pour quel résultat ? « On veut le remplacement de Scuro, un nouveau cycle, des renforts de qualité et plus de blessés », répond Christophe. Il y a deux jours, Scuro leur avait répondu. « Je ne peux pas contrôler le comportement des ultras, avait dit le Brésilien. Je suis dans le foot depuis plus de 20 ans. La pression est une réalité partout. J'ai déjà affronté ce genre de situation au Brésil. Je ne me bats pas contre ça, je pense que c'est inutile. »