Je voulais qu'elle revienne par la grande porte" : comment l'agent de Corinne Diacre a relancé la carrière de la coach à l'OMSi Corinne Diacre a pu rejoindre l’OM, après plus de deux ans sans entraîner, elle le doit en partie à Christophe Hutteau. L’agent évoque le rôle qu’il a eu pour relancer la carrière de l’ex-coach du Clermont Foot.«
Allô, bonjour, c’est Corinne Diacre. » Le téléphone de Christophe Hutteau, sonne, ce jour de printemps. Énième appel de la semaine, numéro inconnu, un de plus. L’agent décroche. «
Je ne savais pas qui m’appelait, mais c’était une bonne surprise », rigole-t-il aujourd’hui.
À l’autre bout du fil, l’homme ne s’attendait pas forcément à entendre la voix de l’ancienne sélectionneuse de l’équipe de France. Cette dernière est restée de longues années dans le giron de Jean-Pierre Bernès. Mais l’ex-coach du Clermont Foot est à quai depuis trop longtemps, plus de deux ans après son éviction du banc des Bleues, en mars 2023. Elle a besoin de renouveau.
« Je voulais que Corinne revienne par la grande porte »Christophe Hutteau raconte : « Elle me dit : “
J’ai eu beaucoup d’informations te concernant, et manifestement on partage les mêmes valeurs”.
Entre nous, ça a fait tilt tout de suite. Ça a été un coup de foudre pour moi. J’ai découvert une très belle personne. C’est rare dans notre milieu d’avoir affaire à des gens qui sont sensés, équilibrés, respectueux. Qui ont des valeurs importantes. »
Après l’avoir simplement côtoyée au moment de boucler le prêt de Gaëtan Laborde au Clermont Foot, en janvier 2016, l’agent en découvre plus sur celle dont l’image a été écornée par la fin de son aventure à la tête de l’équipe de France. «
Elle est aux antipodes de cette image, tranche-t-il.
Je sais que ses relations ont été pour le moins tendues avec un certain nombre de joueuses, mais le garçon curieux que je suis m’a poussé à découvrir la personne. »
Et comme ça “matche” très vite entre eux, Christophe Hutteau ne perd pas de temps. Et tant pis si l’éloignement des bancs de touche risque de ne pas jouer en faveur de sa nouvelle cliente. «
Son cas est paradoxal : Corinne a une notoriété, une crédibilité au niveau mondial, qui est complètement contraire à l’image que certains ont pu avoir – ou ont pu vouloir renvoyer – d’elle, en France. » Depuis que sa carrière est sur pause, l’ancienne internationale (121 sélections) enchaîne les missions pour l’UEFA et la Fifa. Elle ne chôme pas et perfectionne également son anglais, via l’Unecatef, le syndicat des entraîneurs de football en France.
Un bon coup pour son agenceMais l’appel du terrain résonne de plus en plus. Loin de Marseille, d’abord. «
Le fait de revenir en France et de prendre une équipe de D1 n’était absolument pas une priorité. Que ce soit des filles ou des garçons, on n’excluait absolument rien, explique Hutteau.
L’idée, c’était l’étranger, l’Angleterre notamment. Éventuellement une sélection : on a eu des sollicitations, mais je voulais que Corinne revienne par la grande porte. »
Celle de l’OM s’est alors ouverte peu de temps après le début de la saison. Fin août, Frédéric Gonçalves est mis à pied par le club phocéen. Le championnat de Première Ligue n’a même pas commencé, mais une bagarre entre joueuses, lors d’un match amical, a eu raison de celui qui venait de faire remonter les Marseillaises, après cinq années en D2.
Une aubaine, pour Christophe Hutteau. Alors qu’il échange avec des dirigeants marseillais « pour tout autre chose, au niveau masculin », il glisse le nom de Diacre pour l’équipe féminine. Lui avait eu des contacts avec un autre club français (*), mais «
je ne sentais pas l’étincelle chez Corinne ». Il poursuit : «
Très rapidement, l’opportunité Olympique de Marseille s’est présentée. Quand je lui en parle, elle doit partir au Chili, pour le compte de la Fifa, dans le cadre de la Coupe du monde U20. Rester en France n’était pas notre priorité, mais un projet comme celui-ci s’étudie. Surtout si c’est pour bâtir sur le long terme. »
À Marseille, les dirigeants évoquent les moyens qu’ils comptent donner à l’équipe. Depuis l’Amérique du Sud, l’ancienne coach de Clermont est convaincue. Elle revient en France avant la fin de sa mission pour signer son contrat. Cinq jours plus tard, elle entame son mandat à l’OM par un succès contre Rodez, en Coupe de la Ligue.
Christophe Hutteau, de son côté, peut savourer. La signature de celle qui a tant fait parler, lors de son arrivée à Clermont ou à la tête des Bleues, est aussi un coup pour son agence. «
Quelqu’un de la FFF me disait qu’on a plus parlé de football féminin et de la D1 depuis qu’elle est arrivée à Marseille, que lors de la dernière année. » Il le voit aussi sur ses réseaux : un post sur Corinne Diacre fait toujours plus réagir. «
Quand je reçois des messages de clubs ou quand j’ai des conversations avec des dirigeants, notamment étrangers, les trois-quarts me parlent de sa signature à l’OM. C’est fou. »
Question de communicationLui en profite pour redorer le blason de sa cliente, c’est aussi son rôle. Il évoque, factuellement, que «
personne n’a fait mieux qu’elle » avec l’équipe de France. «
Elle a fait tellement de choses pour le football français féminin mais il y a tellement de gens qui l’ont oubliée », soupire-t-il, sans pour autant nier «
une communication loin de la perfection ». «
Il faut peut-être qu’elle se lâche un peu, mais c’est très simple avec Corinne : si elle est en confiance, si elle a la sensation d’être respectée, elle donnera beaucoup. »
(*) Selon certaines sources, le PSG se serait renseigné sur Corinne Diacre, avant de nommer son ancien joueur, Paulo César, à la tête de l’équipe féminine.
La Montagnehttps://www.lamontagne.fr/clermont-ferr ... _14790279/