J 13 | OM-Lyon : prêts pour un tour ?

C’est avec un pass pour l’espoir en mains, que je me retrouve pour la première fois, non pas devant une page blanche – ce qui serait trop commun – mais devant l’immensité d’un portail en fer forgé, qui semble cacher à notre vue, des distractions qui demeurent impossibles d’accès.

Certains auraient pu croire, il y a quelques temps de cela, que nous alourdir du poids JHE aurait pu ramener dans nos vies – en plus de ses chorégraphies bidons de Noël – un peu de rêve… en couleurs. Comme dirait son ami Walt.

Pour autant, non content de nous avoir lésés quant à la plupart de nos attentes, il donne l’impression à ce jour, d’avoir tout oublié – ou de n’avoir jamais approché – ne serait-ce que la notion de passion. Celle qui attire les foules, attise les envies. Celle qui rend fébrile, curieux… Enfants. Joyeux.

Bref, avoir hérité du compost de Mickey n’a, pour l’instant, pas été la meilleure chose qui nous soit arrivée. Et pourtant…

Le château se dresse devant nous

Il a beau faire déjà trop froid, une cohorte de gosses a beau crier à côté, les hot-dogs ont beau valoir quinze euros et les tenues de princesses coûter deux fois plus cher… absolument rien ne tempère notre fébrilité.

A l’ouverture des portes, quelques soupirs se feront bien sûr entendre. Les nouveaux migraineux et les aveugles en devenir pesteront contre les LED, pendant la fouille au corps. Les dandineurs de salon iront de leur petit commentaire, craignant de se luxer la hanche en dansant le MIA et chacun regardera l’autre, heureux de partager les mêmes pensées affligées, tout en continuant d’avancer en direction du château qui est le nôtre.

L’attente se termine mais nos attentes à nous sont encore réelles – quoi que trop modestes pour des Marseillais. Nous n’avons aucune prétention sur la parade de la fin de journée – dont le casting est déjà bouclé depuis des années. Pour autant, pleine vue, tout en face, une attraction nous appelle.

Toujours attirante, propice aux sensations fortes. Il est dit d’elle, qu’elle sera la mieux décorée de la saison. Elle recevra également un invité de marque dont le nom trop bien connu aurait pu être écrit ici, s’il n’avait pas été prévu qu’on lui en donne tant d’autres. En rime, en vers, en poésie…

Mais sur un mémo, bien visible en face (loin de l’affiche traitant des limites de taille, presque inutile après le départ de Mathieu Valbuena… et prise un peu personnellement par Morgan Sanson) une note nous rappelle malgré tout, que nous insistons pour prendre place, dans un manège qui a tendance à retourner le cœur. Les causes des nausées sont variables, les impressions mitigées.

Mais le supporteur marseillais, tu le connais. Il voudra essayer.

Le bon ticket ?

Ainsi, en quatrième place depuis ce qui semble être une décennie pour certains – et qui est encore incroyable pour d’autres – les discussions se mêlent pour passer le temps. Les débats s’enflamment.

Certains doutent qu’André – le machiniste tout fraîchement arrivé – puisse prendre les commandes de la façon dont on s’y attend et nous faire vivre l’expérience de notre vie, tout en ayant l’ennemi sur la banquette d’à côté. Il est vrai que personne n’oublie qu’il a raté deux de ses essais précédents avec talent, bien qu’il semble avoir trouvé l’huile appropriée pour graisser le rouage, lors du tour de samedi dernier, contre Lille.

Des voix s’élèvent encore pour dire qu’il s’est accidentellement endormi sur un levier, qu’il regardait à côté… que ce qui s’est produit ne se reproduira plus. Mais on a tous payé notre ticket. Alors il n’est plus temps d’attendre.

Pour nous c’est maintenant.

LA rencontre qu’on attend. Notre match référence. La possibilité de nous faire oublier « digérer », le fait que nous ayons joué contre une équipe qui a marché pendant quarante-cinq minutes pour ne pas nous fatiguer… Avant de nous faire tordre, deux jours plus tard, sur France 3. Sincèrement ? Ça peut vraiment être pire ? Alors autant y croire.

Montagnes russes

On le sait : les sièges les plus intéressants sont constamment convoités. Mais à Marseille on est plutôt gourmands. En dépit de nos maigres ressources et de nos doutes perpétuels, rien ne semble pouvoir faire faillir notre détermination à toujours avancer.

Jusqu’où ? Personne ne peut le peut le dire. Pour l’instant, nous attendons toujours que parmi nos vingt-deux potes, quelques-uns se ramènent avec un billet coupe-file.

Mais dans nos rangs à nous – après les insultes et la colère – la lucidité parle aussi, parfois.  Il faut dire – en y regardant bien – que selon les tours, les loopings se font rares, des virages inattendus surprennent même les plus accrochés des participants de dernière minute viennent nous rappeler qu’avec un peu de persévérance, tout le monde a une place à trouver.

(Toi, le dijonnais, si tu nous lis… on a toujours honte, oui.)

Pour l’heure, sans aucune mauvaise foi – et c’est peut-être ça le pire – force est de constater que le profil de ceux qui s’amusent avant nous, n’a pas vraiment de quoi nous faire rougir. Notre tempérament, notre ego et notre rage devraient donc nous pousser aujourd’hui, à nous installer confortablement là où autres Angevins et Nantais semblent avoir trouvé leur aise, avec un peu trop de sérénité.

Le manège en chantier

Notre tour arrive et nous nous voulons au moins troisièmes sur la file. Debout sur la passerelle, il est encore possible de reculer, mais personne n’en a vraiment envie.

Ça commence à être difficile d’assumer devant tes collègues, ton date du milieu de la semaine ou simplement en pleine rue en baissant la tête, que tu n’as toujours pas eu le cran d’essayer ce foutu manège. Et que tu regardes – semaine après semaine – les tours passer pour rien.

Chacun voit la rencontre à venir comme il le souhaite. Match de gala, sans doute – pour ceux qui n’y connaissent rien au foot, mais s’obstinent à posséder des clubs de foot… Match anniversaire, hors normes, particulier. L’Olympico avec un seul olympique sur le terrain (à la limite de l’oxymore vous dites ?). L’occasion de débattre sur la LFP, sur le choix de l’arbitre. L’occasion de montrer que nous saurons recevoir notre invité d’honneur. L’occasion de casser un ou deux tibias – par inadvertance, bien sûr – au cas où le jeu ne suffirait pas.

Dimanche soir, le wagon s’arrête en face de nous. Il est temps de prouver que nous avons les tripes, l’envie et la mentalité. JHE veut faire de notre Vélodrome un nouveau Disney ? Demandons-lui des nouvelles d’un des derniers lions qu’il y a croisé.

Oh ! D’ordinaire, ce parallèle m’aurait brisé le cœur. Mais rien que l’approche de ce match m’enlève toute ma sensiblerie – et croyez-moi, ça… c’est déjà un premier exploit. Les suivants existeront sur le terrain, je l’espère. Quoiqu’il en soit – au sein d’un parc d’attractions ou pas – c’est ensemble que nous attendons notre tour. Tous ensemble à espérer nous approcher, ou mieux, nous installer dans un siège qui nous revient de droit.

Et si vous êtes en tête de wagon, pensez à afficher votre plus beau sourire car le cliché se prépare. Notre cœur bat à trois mille, nos genoux tremblent, nos mains sont moites, mais seul le courage paraîtra.

Ne criez qu’en fin de tour.

Ou criez pour étouffer leur voix.

On espère que dimanche soir, le Lyon ne rugira pas. 

ALLEZ L’OM ! 

 

– À Thomas,
La coccinelle que Walt Disney lui-même n’aurait pu imaginer.

 

Avant-match par BlooRidingHood (Twitter @BlooRidingHood)

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3 Réponses pour J 13 | OM-Lyon : prêts pour un tour ?

  1. Merci, voilà,terrassons le lion, le reste ….

  2. Avec JHE on est plus niveau le manège enchanté qu autre chose..(cf tournicoti-tournicotons pour les +… https://t.co/4mKnlA1Vj2

  3. Fonds d’écrans direct

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