Ce n’est qu’un au revoir, Bafé’ !

La panthère noire s’en est allée. Et elle a déjà reçu un accueil de héros à son arrivée à l’aéroport. Plus de mille supporteurs étaient présents pour lui souhaiter la bienvenue. Ils n’étaient pas aussi nombreux pour Wesley Sneijder en janvier 2013… Bafétimbi Gomis a donc rejoint le club historique de Galatasaray, mais cela ne doit pas nous empêcher de faire preuve d’objectivité et de mémoire !

Merci !

Bafé’, je vais me permettre de te tutoyer, car cet article t’es dédié. Je vais également te remercier pour tout ce que tu as donné à l’OM et ses fans.

Tu as laissé un souvenir contrasté parmi nous. Toutefois, si certains n’ont pas hésité à avouer qu’ils se réjouissaient de ton départ, ce n’est pas un avis qui fait l’unanimité.

D’autres garderont en effet l’image d’un joueur attachant qui rendait hommage à Alex*, « la panthère verte ». Et celle d’un homme qui a avoué franchement qu’il conservait au chaud dans son cœur son affection pour un club rival et honni. En l’occurrence l’AS Saint-Étienne.

*Alex Dias de Almeida, avant-centre stéphanois lors des saisons 1999-2001, puis 2002-2003

Et sans rancune !

Me concernant, je pense que rivalité et respect ne sont pas incompatibles. Et lorsque l’on recrute des joueurs qui possèdent un certain vécu, on doit s’attendre à ce qu’ils ressentent un attachement pour d’autres équipes. Et, en particulier pour leur club formateur.

Il serait donc injuste d’éprouver de la rancœur pour cet aveu qui témoigne de ta franchise et de ta sincérité. Surtout quand on se désole de la langue de bois pratiquée quotidiennement dans le milieu du football professionnel…

Tu es venu quand l’Olympique de Marseille était à la fin d’un cycle et où il s’apprêtait à traverser une période très difficile. Certes, tu avais à y gagner toi aussi. Toutefois, peu de numéros neuf de ton calibre seraient venus dans ces conditions ! Même dans un club appartenant au gotha du football français.

Tu es venu, poussé par ton agent, il me semble. Un agent – et un ami peut-être – qui t’avait dit que tu marquerais vingt fois à Marseille. Tu as rempli ta part du contrat et tu lui as donné raison. D’ailleurs, tu ne t’es pas privé de planter un but de toute beauté au Vélodrome face aux Verts. Et tu ne t’es pas privé non plus d’aller rugir devant les Ultras !

Un style atypique

Comme tout avant-centre ayant accompli au moins une bonne saison au Vélodrome, tu auras laissé un souvenir impérissable. Doté d’un style unique, tu te seras distingué de tes prédécesseurs.

Certes, on était loin des papinades de Jean-Pierre. Et personne n’a encore oublié la chevauchée fantastique de Drogba, ponctuée d’un drible derrière la jambe d’appui, un soir de printemps 2004 face à Newcastle United et en demi-finale de la Coupe de L’UEFA.

Tu n’avais pas ni la vitesse, ni la puissance, ni la vélocité de Mamadou Niang qui était capable de partir de loin et de déstabiliser les défenseurs adverses par ses dribles chaloupés avant de tromper l’adversaire. Mais tu avais la rage, une frappe de balle redoutable dans la surface de réparation et un jeu aérien qui te permettait de prendre régulièrement le dessus sur les défenseurs.

Sans compter ton jeu dos au but et tes remises au service de tes partenaires, notamment de Florian Thauvin.

Un coéquipier qui ne s’est jamais privé de te remercier à son tour, via les réseaux sociaux :

 

Maxime Lopez a fait sobre, quant à lui :

Des ratés… et alors ?

Tu as parfois connu quelques couacs devant le but, comme cela arrive à la plupart des avants-centres. Même aux plus grands. C’est aussi parce que tu te dépensais sans compter. Tu épuisais les défenseurs et travaillais sans relâche pour l’équipe, participant au pressing et à la construction des attaques. Ainsi, tu perdais parfois en lucidité suite à l’accumulation des efforts.

Comment te le reprocher alors que les supporteurs marseillais exigent depuis toujours de leurs joueurs qu’ils mouillent le maillot ?

Tu as honoré le maillot olympien sans aucun doute. À l’image de Didier Drogba, tu feras partie de ces quelques joueurs éphémères qui auront brillé telles des étoiles filantes. Ceux-là mêmes qu’on n’oubliera pas, car on aurait aimé les voir s’illustrer plus longtemps aux abords du boulevard Michelet…

Le meilleur pour la suite !

Tu as rejoint l’Olympique de Marseille alors même qu’il tanguait dangereusement et tu as grandement contribué au redressement de l’équipe. Tu n’as pas hésité à porter le brassard de capitaine et tu as insufflé ta « grinta » quand le besoin s’en faisait sentir. Tu as, par ailleurs, endossé un rôle difficile à assumer pour un joueur en prêt.

Par conséquent, tu as droit à notre reconnaissance.

La saison prochaine, l’Olympique de Marseille retrouvera enfin la Coupe d’Europe, par l’intermédiaire des tours préliminaires de l’Europa League. C’est en grande partie grâce à ton implication dans le jeu phocéen et à ton but face à Bastia qui a consacré l’OM à la cinquième place.

Pour couronner le tout, tu as battu ton record personnel de buts sur une saison.

Bonne chance à Galatasaray, n’hésite pas à faire rêver les supporters turcs, ils le méritent eux aussi. Ils aiment le beau jeu et les grands joueurs. Ils ont connu Hagi, Taffarel ou encore l’emblématique Hakan Şükür et ils ne sont pas en reste avec Wesley Sneijder. Alors, fais-les rugir de plaisir ! Au plaisir de se retrouver en Coupe d’Europe, qui sait ?

So long Bafé’…

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A propos de Chris Red


Rédacteur pour le plaisir et passionné de l'OM, je suis également auteur de romans et de nouvelles SF/Fantastique et traducteur novice dans le même domaine.
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