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Serber a écrit:Dimeco63, McCourt a mis "les sous". © Gaudin



L’OM va devoir se serrer la ceinture
Comme évoqué par « L’Équipe » depuis la fin de saison, la DNCG a décidé hier d’encadrer la masse salariale de l’OM mais aussi ses indemnités de mutation. Une incitation claire à une meilleure gestion qui ne chagrinera pas Frank McCourt, le propriétaire, lassé de payer.
MATHIEU GRéGOIRE
Peu après 17 h 30 hier, l’OM a été averti de la décision de la DNCG, qui a annoncé un « encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation » du club phocéen. Factuellement, et même si l’instance n’entre jamais publiquement dans les détails sur le niveau d’encadrement, il s’agit de la sanction la plus sévère pour un club de Ligue 1, en cette fin d’exercice 2025-2026. En ces temps moroses, avec une manne CVC tarie et des droits télé domestiques faméliques, quinze clubs ont passé la DNCG sans encombre, deux ont eu un encadrement de la masse salariale, l’AS Monaco et l’OL. Pour l’OM, la dernière décision contraignante de la DNCG remontait à fin novembre 2023, avec un encadrement de la masse salariale pour le mercato d’hiver de janvier 2024.
À l’été 2023, en attendant les tours préliminaires et autres barrages de Ligue des champions, la direction avait envoyé de grosses sommes en transferts et en rémunérations, sur des joueurs comme Geoffrey Kondogbia, Renan Lodi, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye ou Pierre-Emerick Aubameyang… L’élimination cruelle face au Panathinaïkos lors du troisième tour préliminaire, le 15 août 2023 (2-1, 3-5 aux t.a.b., 0-1 à l’aller), avait empêché l’OM de décrocher la manne de la C1 et la DNCG l’avait invité à réduire la voilure, le mercato hivernal se traduisant par des investissements mesurés (Faris Moumbagna, Quentin Merlin, Ulisses Garcia, Jean Onana) et quelques départs (Lodi à Al-Hilal, Vitinha en prêt au Genoa).
En mai 2024, convaincu par le nouveau duo d’hommes forts Pablo Longoria-Medhi Benatia, Frank McCourt a choisi de relancer une politique expansionniste, avec « un cycle de trois ans » vertueux et vite incarné par Roberto De Zerbi, séduit en juin. Elle a été symbolisée par des recrutements excitants (Adrien Rabiot, Pierre-Emile Höjbjerg, Mason Greenwood, Elye Wahi…), qui ont eu un coût certain sur une saison 2024-2025 sans Coupe d’Europe : l’OM a proposé un déficit de 105 millions d’euros sur cet exercice, seulement battu par une autre gestion, ô combien sibylline, celle du cow-boy John Textor à l’OL.
Le pendant de ce train de vie fastueux était connu, la qualification obligatoire et directe pour la Ligue des champions. La pression de McCourt et des financiers de son groupe a provoqué une intensité maximale du trio De Zerbi-Longoria-Benatia au printemps 2025. Et malgré un billet pour la C1 obtenu à la 33e journée, la tension n’est jamais redescendue, à tous les étages du club. La suite est connue, elle a marqué au fer rouge les amoureuses et amoureux de l’OM, qui l’ont vu échouer à la cinquième place du classement, un an plus tard, en mai 2026.
En plus des ventes l’hiver dernier, McCourt aurait réinjecté 30 M€
En attendant la désillusion sportive, McCourt avait déjà commencé à anticiper la bérézina financière, un exercice 2025-2026 encore largement déficitaire malgré les recettes UEFA. « Mais moins que l’année dernière, hein ! », nous précisait un conseiller du club en avril, sans se mouiller davantage sur la vaste fourchette, entre 0 et – 105 M€. McCourt a d’abord incité la direction à réaliser un mercato de janvier 2026 enfin positif, avec des plus-values (Robinio Vaz à l’AS Rome, Darryl Bakola à Sassuolo…). Au tout début du printemps, il aurait encore remis 30 M€, selon plusieurs sources internes, pour maintenir le club à flot.
Le 10 avril, en marge de la présentation de Stéphane Richard, le nouveau président, il a reconnu, dans un demi-sourire : « Je ne suis pas sûr que j’avais complètement compris, il y a dix ans, le montant des investissements qui étaient nécessaires, pour être honnête avec vous. Mais pour moi, c’est une joie pure d’être impliqué à l’OM. » Une joie qu’il ne veut plus onéreuse, surtout pas, et il cherche d’ailleurs un actionnaire minoritaire pour le soulager.
Proche de Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG – ils échangent régulièrement –, McCourt n’a jamais craint une rétrogradation de son club, une perspective que les instances n’ont jamais envisagée. Mais, déjà sermonné par l’UEFA, il a vu la DNCG recadrer puis sanctionner son club, et une inconnue a perduré cette semaine : a-t-il produit une lettre d’engagement pour rétablir les fonds propres de l’OM, comme il le faisait auparavant ? Oui, selon la nouvelle direction. Pour celle-ci, le cap s’avère clair : Richard et Grégory Lorenzi, le nouveau directeur sportif, porteront une politique d’austérité, dans les faits, et les ventes de joueurs doivent se substituer, concrètement, aux virements habituels de McCourt.

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