par spy » 28 Mar 2026, 22:06
Le JDD. Quelle est la situation précise de Mehdi Benatia ?
Frank McCourt. Après avoir reçu sa démission, je lui ai moi-même demandé de prolonger son préavis et je le remercie d’avoir accepté car c’était essentiel pour terminer la saison. Medhi est un excellent directeur sportif. Il restera jusqu’à la fin de la saison et ensuite ce sera fini. C’est son souhait et c’est ce que nous sommes convenus.
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Le processus pour trouver un successeur à Pablo Longoria est-il enclenché ? Quel profil recherchez-vous ?
Le processus est en effet enclenché. Ma préférence va à quelqu’un qui connaît bien la France et Marseille, car je pense qu’il est crucial de comprendre la culture du club. La personne doit aussi être un manager d’envergure, expérimenté.
« Quand je regarde où en était l’OM quand je l’ai racheté et où il est maintenant, c’est le jour et la nuit »
Avec les années qui passent, nous avons une compréhension de plus en plus fine de la façon dont un club comme Marseille doit être dirigé, avec un président fort qui représente le propriétaire. On est très clair sur nos besoins. C’est un poste évidemment fondamental. J’espère qu’on aura l’occasion d’annoncer le nouveau président avant la fin de la saison.
A-t-il été facile de se séparer de Pablo Longoria, qui a incarné l’OM cinq ans durant ?
Ces moments ne sont jamais faciles car on développe forcément une relation personnelle sur la durée. Je ne souhaite donc pas commenter ce sujet. Nous avons mis en place une structure provisoire pour continuer à nous concentrer sur nos objectifs, notamment la qualification pour la Ligue des champions.
Le club doit-il impérativement se qualifier ?
Être qualifié ou pas, cela fait une grande différence pour un club comme l’OM, particulièrement à ce moment du football français. La qualification est incontournable. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire, et je sais que nos ressources sont différentes de celles d’un club comme le PSG, mais Marseille est le plus grand club de France et devrait être au rendez-vous chaque saison.
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À mes yeux, l’OM est même l’un des meilleurs clubs en Europe. Mais pour le démontrer, il faut jouer en Ligue des champions chaque année. Ce n’est pas facile parce que le sport reste le sport et qu’il est imprévisible. C’est un défi, mais je reste optimiste pour que nous terminions cette saison sur une note positive comme l’an passé.
Si jamais cela n’arrivait pas, votre engagement dans l’OM pourrait-il être remis en question ?
Non, bien sûr que non. Il faut continuer. C’est la vie.
Comprenez-vous la colère des supporters ?
Je suis partagé. Tout d’abord, je veux dire que je partage leur frustration. Quand on regarde les investissements consentis et le recrutement, les attentes étaient justifiées et on aurait dû obtenir de meilleurs résultats. Cela crée autant de frustration chez les supporters que chez le propriétaire, croyez-moi. Je suis un supporter, moi aussi. Je veux que l’OM gagne. D’un autre côté, je ne comprends pas toujours certaines réactions qui nuisent aux performances. Si je suis un supporter, je le suis dans les bons comme dans les mauvais moments. En tant que propriétaire, je ne peux pas laisser la frustration prendre le dessus. Je dois continuer à faire le nécessaire pour aider le club à gagner.
Où trouvez-vous la force de continuer à croire en l’OM, quasiment dix ans après votre arrivée, sans avoir encore gagné de trophée ?
Comme vous l’avez vu aujourd’hui à Boston, j’ai grandi en comprenant que la vie n’était pas toujours facile. Si on croit en ses idées, si on est courageux et déterminé, de bonnes choses finissent par arriver. Je suis quelqu’un d’optimiste et de positif, c’est une chance. Bien sûr, j’aimerais que les choses soient parfois plus simples.
« Nous voulons trouver le bon partenaire stratégique pour que l’OM passe au niveau supérieur »
Le sport est compliqué, je le vis au quotidien au niveau professionnel depuis plus de vingt ans. Mais quand je regarde où en était l’OM quand je l’ai racheté et où il est maintenant, c’est le jour et la nuit. Le club n’était pas considéré de la même manière en 2016. Aujourd’hui, l’OM frappe à la porte pour retrouver son plus haut niveau. C’est l’ambition, et on s’en approche.
La concurrence est autrement farouche et fortunée aujourd’hui…
En effet, tous les autres grands clubs, avec plus de ressources, travaillent très fort pour les mêmes objectifs. Personne ne reste immobile. Beaucoup de temps a été perdu à Marseille depuis les années 1990. On ne peut pas revenir en claquant des doigts. Il faut beaucoup de travail, un peu de chance et énormément de persévérance. J’investis beaucoup, je le fais avec joie et bonheur, mais les contraintes et les normes de différentes instances ne nous ont pas facilité la tâche jusqu’ici.
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Je suis sûr qu’elles veulent que l’OM retrouve les sommets, mais il faut comprendre que cela nécessite des investissements très importants. Dans le sport d’aujourd’hui, il faut acheter les meilleurs joueurs et investir de l’argent. Mais nous n’avons pas tous les mêmes revenus de sponsoring, sans parler du niveau famélique des droits télé que nous recevons à cause de l’état du football français.
Êtes-vous toujours à l’écoute de nouveaux investisseurs pour vous rejoindre ?
Je pense que c’est le moment d’entamer ce processus parce que je veux vraiment que Marseille passe au niveau supérieur. Je suis très fier de ce que nous avons accompli et du respect que nous avons gagné dans le monde du football. Le niveau supérieur, et, espérons-le, le plus haut niveau, nécessitera des investissements supplémentaires. Nous voulons trouver le bon partenaire stratégique pour y parvenir. Il est encore trop tôt pour en dire davantage, on réfléchit, on s’organise, mais on est dans cet état d’esprit.
Vous avez annoncé hier votre grand retour dans le monde du sport équestre avec la création de la Premier Jumping League (PJL), un circuit de saut d’obstacles sur 14 sites et trois continents doté de 300 millions de dollars….
J’adore le sport et j’en ai pratiqué toute ma vie. J’ai découvert le sport équestre, dans lequel le groupe a déjà été présent, grâce à mon épouse puis mes enfants et j’en vois l’immense potentiel. Après de premiers projets dans les années 2010, j’ai à nouveau l’occasion de développer ce concept formidable. Le saut d’obstacles est une discipline davantage comprise et appréciée en Europe qu’aux États-Unis. J’aimerais qu’elle se développe sur ce grand marché américain et que ses athlètes, les cavaliers comme les chevaux, soit célébrés à leur juste valeur. L’idée, c’est de porter le sport équestre à son plus haut niveau de professionnalisme, comme le fait la Formule 1. Les débuts de PJL sont programmés pour mars 2027. Je suis très impatient.
L’année dernière j’étais prétentieux, mais cette année je suis parfait