Des raisons d’y croire ?

Il est toujours intéressant – voire indispensable – durant ces périodes de trêves internationales de faire les diagnostics sur ce qui a été et surtout sur ce qui n’a pas été. A l’entame de cette nouvelle saison, l’Olympique de Marseille, par la parole de ses dirigeants, clamait que l’objectif était de finir sur le podium de la Ligue 1 en fin de saison et faire les meilleurs parcours possibles dans les différentes coupes.

Avec une sortie prématurée et peu reluisante en Europa League, il y a d’ores et déjà une partie de l’objectif fixé au coach Rudi Garcia, pourtant récemment prolongé par la direction du club, qui ne sera pas atteinte. Alors bien sûr, faire deux finales consécutives dans des compétitions européennes est difficile, mais les espagnols y arrivent… Je vous laisse méditer là-dessus.

©REUTERS/Alessandro Bianchi

Quoi qu’il en soit, s’il y a bien une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord, c’est le jeu affligeant de notre OM durant ce premier tiers de championnat. Mais ça, c’est juste un constat pas vraiment un diagnostic. Pour rester dans l’analogie médicale… le patient va mal, mais d’une, quel est son mal et de deux, comment a-t-il attrapé ça ?

Et si finalement le mal n’était pas aussi profond qu’il n’y parait ? Car lorsque je discute avec des supporteurs que cela soit au stade ou sur les réseaux sociaux, on pourrait croire que nous sommes dix neuvièmes, quasi relégués et que c’est le feu dans la maison olympienne. Est-ce vraiment comme cela que ça va se finir ?

Et la communication jugée lamentable par les supporteurs de Rudi Garcia ? A travers ce qui va suivre, je vais tenter de vous livrer mon analyse en répondant à toutes ces questions, elle n’engage que moi et n’a aucune valeur de vérité absolue, juste ma vision des choses.

Les bases !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il y a plusieurs choses que nous devons nous remémorer et ce sont des postulats. Ces choses ne sont ni discutables, ni négociables.

Le football c’est trois choses : de la géométrie, du physique et un mental en acier trempé. Oui, vous avez bien lu, j’ai écrit DU physique.

De la géométrie, car le foot, c’est l’art de déplacer des triangles dans un rectangle avec un ballon rond.

Vous pouvez mettre tous les 4-4-2, 3-5-1, 4-3-3 de la Terre, si vous n’avez pas une animation digne de ce nom qui fait circuler le ballon avec des schémas bien posés et bien clairs… changez de sport.

Du physique, car sans cet ingrédient essentiel, c’est compliqué de faire fonctionner ces schémas. Un joueur qui lâche son ballon, doit effectuer ce fameux jeu sans ballon pour proposer une nouvelle solution à l’un de ses partenaires. Et cela, répété un nombre incalculable de fois dans le match. Je vous fais grâce des sprints courts, longs, du repli défensif etc.

Après bien-entendu que la technique individuelles compte, mais c’est le facteur X qui va bonifier le collectif. Je pars du principe que des joueurs de ce niveau doivent savoir faire un contrôle, une passe courte et une passe longue, le tout avec précision.  Enfin le mental, on peut avoir les meilleurs joueurs du monde et le meilleur entraineur de l’univers, si vos joueurs ne mettent aucune envie ou combativité dans leurs matchs, ça ne passera pas. Mais revenons à nos moutons… enfin à nos chèvres.

Dans la peau de Roudi…

Afin de mieux comprendre ce qui va suivre, je vais me livrer à un exercice difficile en me mettant, le temps de quelques lignes, dans la peau de Rudi Garcia.

Nous sommes le 20 mai 2018, mon équipe a réalisé une saison assez incroyable lorsqu’on se rappelle des débuts assez poussifs. Puis, après le match à l’Allianz Riviera de Nice et un renversement de situation, le groupe s’est formé et a compris ce soir-là, qu’ensemble ils étaient plus forts que chacun de leur côté. Petite déception tout de même, on finit quatrièmes de Ligue 1 et on perd notre finale face à un adversaire redoutable. Mais ce n’est pas grave, tout le monde me passe la brosse à reluire. Et après quelques jours de vacances, je pars en Russie pour voir quelques matchs de Coupe du monde… quand même ! Dommage, c’est avec Christian Jeanpierre. Mais bon, je l’aime bien… vu qu’il arrête de commenter le foot ensuite, on va faire un effort.

Mon mercato est plus ou moins sauvé médiatiquement par la vente de Zambo Anguissa et l’achat de Kevin Strootman pour le remplacer. Mon analyse de la saison passée est que notre problème est défensif, car notre attaque a été performante même sans star en numéro 9 ! Ma star à moi c’est le collectif.

Je repars de Russie tiraillé entre l’envie de voir les bleus aller au bout et un retour plus rapide de mes internationaux du banc de touche. En plus l’an passé, on avait les matchs quasi amicaux de qualifications en Europa League pour améliorer les schémas tactiques. Là, cette saison, je vais me récupérer des champions du monde – du boulard – fatigués et usés par l’influx psychologique que réclame une telle compétition.

Bref, le début de saison s’annonce compliquée, d’autant que les matchs de préparation n’ont pas été très convaincants avec notamment une petite fessée contre Bournemouth (5-2), mais je crois fermement en la force de mon groupe.

La saison démarre bien, malgré de nombreux absents et nous gagnons 4-0 contre Toulouse et tout se joue en seconde période. Puis premier revers chez un voisin nîmois surexcité à l’idée de taper le grand cousin marseillais. Premier couac du VAR… on mettra ça sur le compte de la technique, car que mes vice-champions d’Europe adorés n’aient pas tout donné par excès de confiance est impossible, je les avais briefés !

Monaco… premier gros choc de la saison, je vais leur montrer moi, comment je bats un gros !! Et voilà quatre-vingt-dix minutes plus tard on les écrase 3-2 les princesses du rocher !! Alors, je ne gagne jamais contre les gros ?!!! Surtout que dans la foulée, mes protégés désossent Guingamp 4-0… En Avant !

Nous voilà déjà au premier match européen de l’équipe ! Dans un stade Vélodrome tristement vide, nous perdons 3-2 alors que nous étions à 11 contre 10 et que nous avons les occasions pour enfoncer les Allemands. Dans les dernières minutes de jeu, mon nouveau serbe Radonjic loupe sa relance et permet à Francfort de remporter ce match. Heureusement que le stade était vide finalement, mais je vais quand même dire que c’est la faute de nos supporteurs qui n’étaient pas là !

Je crois que ce match a été le début de la perte de confiance du groupe. Dans la foulée défaite à Lyon, victoire poussive contre Strasbourg, fessée reçue contre Lille et un nul obtenu dans les dernières minutes à Limassol alors que l’équipe menait au score… Et un jeu qui se désagrège de match en match. Un peu de répit avec un enchainement de deux victoires, mais la seconde face à Nice est poussive. À la veille d’une double confrontation face à La Lazio en Europa League et face aux dopés financiers parisiens, autant dire que le groupe n’en mène pas large et n’affiche pas une confiance au top. Logique enchainement de deux défaites – avec une communication désastreuse avant et après le match face à l’ennemi – et dans la foulée, nouvelle fessée face au géant montpellierain.

J’annonce du changement avec perte et fracas ! Il va y avoir du sang et des têtes vont tomber !!! Et des têtes tombent, celles des jeunes de l’effectif. Je suis bon en gestion de crise, hein ? D’ailleurs l’effet est immédiat, puisque Rami s’offre un doublé face au dix-huitième de Ligue 1. Dans la soirée, mon grec est tombé au combat à la suite d’un énième raté seul face au gardien sur un caviar de mon argentin. Je décide de le sortir à la mi-temps pour le protéger de la gronde des supporteurs exaspérés par trop de désinvolture. Il avait déjà la tête dans le trou, là, pendant que nous parlons, il creuse un tunnel pour s’échapper de Marseille.

Bref au soir de la trêve internationale de novembre, nous sommes sixièmes et comptons déjà cinq défaites, soit autant que l’an passé en trente-huit journées. La crise gronde et le peuple du Vélodrome réclame ma tête, mais ce n’est pas grave, j’ai prolongé mon contrat et je suis confiant pour la suite.

À suivre…

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A propos de Tacle Glacé


Supporteur de l'OM depuis sa naissance et même avant j'étais un spermatozoïde engagé !
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5 Réponses pour Des raisons d’y croire ?

  1. Oops, j’ai félicité Jester mais c’était plutôt Tacle glacé. Mes confuses 🙂

  2. Bravo Jester ! Texte très sympa

    Petit correctif contre Francfort : on perd 2-1 et non 3-2

  3. Très sympa en effet, surtout la 1ère partie avec un joli « De la géométrie, car le foot, c’est l’art de déplacer des triangles dans un rectangle avec un ballon rond ». 🙂
    Avec le rapper qui fâche : déjà autant de défaites en L1 que sur tout la saison dernière, alors qu’on est à peine au 1/3 du championnat…!! va être compliqué pour le podium. 😕

  4. Vivement la suite, j’ ai bien ri et adoré les dessins, bravo, super boulot

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