Des raisons d’y croire ? (la suite)

Après la lecture de la première partie de cet article il apparait compliqué, pour ne pas dire quasi impossible d’être optimiste ou positif sur la suite de la saison de l’OM. Certains diront mêmes que nous sommes à notre place, de piètres sixièmes et pas mieux. Mais si on analyse les choses un peu plus en profondeur, peut-être que tout n’est pas à jeter.

Le diagnostic du « docteur Tacle Glacé »

Tout d’abord il faut se remémorer un peu la saison passée que nous avons tous tant encensé. L’OM termine l’exercice précédent avec un total de 77 points, ce qui est au sens premier du terme, extraordinaire. D’ailleurs Rudi Garcia avait prévenu dès le début de saison qu’il ne fallait pas s’attendre au même total que l’an passé. Sommes-nous la cause du premier symptôme en attendant trop de notre OM ?  Sans oublier le niveau d’exigence élevé lié au statut même de l’Olympique de Marseille, la réponse est sans conteste oui, nous attendons trop, enfants gâtés que nous avons été par le côté extraordinaire de la saison dernière. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils en fassent assez, mais c’est un autre aspect sur lequel je reviendrai.

La saison dernière toujours, nous avons bénéficié – car je pense qu’avec le recul, ce fut bénéfique – d’un démarrage très tôt dans la saison pour nous qualifier en Europa League. Et ces matchs de qualifications assimilables à des matches amicaux à enjeu ont permis au groupe de parfaire sa préparation estivale, de se retrouver plus tôt pour instaurer la vie de groupe et toutes les notions qui l’accompagnent et d’accumuler de la confiance.

Confiance, quel mot important dans ce sport et dans la vie en général. L’an passé, l’équipe est montée en régime petit à petit sans produire pour autant – loin de là – des matches d’une grande qualité. Mais la différence entre les deux périodes est que les matches poussifs, on ne les perdait pas. Au pire on faisait un nul et au mieux on finissait par l’emporter à la dernière minute. Combien de « clim » avons-nous posé la saison dernière ? Et mine de rien, lorsque vous finissez par gagner ou revenir au score dans les dernières minutes d’un match, ça vous permet d’être positif et d’accumuler cette satanée confiance qui aide à renverser des montagnes. Il suffit juste de comparer l’attitude entre les deux Clasico, pour finir de s’en convaincre. L’an passé, réception de Paris et un match qui les avait poussés dans leurs derniers retranchements ne devant un nul qu’au génial coup franc de Cavani dans les ultimes instants du match. Cette année, un discours d’avant-match de victime, une attitude de victime, un résultat de victime et surtout un discours d’après-match de menteurs ou d’aveugles selon qu’on soit naïfs ou pas.

Quelle différence entre cette saison et l’an passé ? Juste la confiance ! Rien d’autre ! Les joueurs sont les mêmes, le staff est le même, rien n’a vraiment changé, sinon le statut de starlette de certains joueurs – mais j’y reviendrai – et cette satanée confiance ! Lorsque la confiance disparait, ce qu’on tentait auparavant, on ne le fait plus, on ne l’ose plus et notre jeu s’appauvrit. Garcia n’a pas changé la manière de jouer de son groupe, c’est son groupe qui ne joue plus comme le veut le coach.

Donc, le manque que de confiance comme premier symptôme. Mais cela n’est pas apparu directement, puisque logiquement, sur la lancée de la saison dernière, nos joueurs auraient dû revenir cette saison, regonflés à bloc pour encore faire mieux. Oui, mais entre-temps il y a eu une Coupe du monde, un mercato et trois de nos joueurs revenus avec un titre de champion du monde, un autre qui a eu la frustration terrible d’être passé à côté de quelque chose d’énorme à cause d’une blessure à la toute fin de l’exercice précédent et qui le prive du titre. Et sans doute inconsciemment l’état d’esprit a changé et certains ont pensé qu’en ayant acquis une deuxième étoile, ça suffirait pour faire peur aux adversaires.

Oui, mais on est l’OM et ici rien n’est comme ailleurs. Tous les adversaires cochent ce match sur leur calendrier dans le but de vous faire tomber. L’Olympique de Marseille n’a pas le même statut que les autres clubs. On est dans doute le club le plus aimé de France, mais aussi celui le plus détesté. D’ailleurs, nous supporteurs adorons dire que leur haine fait notre fierté. Et de fait, un joueur marseillais se doit, tout champion du monde qu’il est, de mettre son bleu de chauffe chaque week-end, car des matches faciles, il n’y en a pas à l’OM ! On peut se le rendre facile, mais même en menant 2-0 à la mi-temps d’un match, il ne faut pas se relâcher, souvenez-vous le Guingamp-OM de la fin de saison dernière juste avant notre finale d’Europa League. Les bretons étaient revenus des vestiaires avec la seule envie de couper des jambes alors que nous avions une finale européenne trois jours plus tard.

Deuxième symptôme : la suffisance, sans aucun doute. D’ailleurs pour finir de vous le démontrer, il suffit de regarder l’attitude par moment de notre « grand attaquant » Florian Thauvin. Depuis son retour de Russie, il pense que parce qu’il prend le ballon, les défenses vont s’ouvrir juste parce qu’il y a écrit Champion du monde dans son palmarès. Flo, rends toi/nous service, redescends sur terre s’il te plaît.

Maintenant, si on cumule la suffisance de certains joueurs de l’effectif, au manque de confiance individuel qui s’installe petit à petit, cela crée inévitablement des tensions au sein d’un groupe et certains n’ont plus envie de faire les efforts pour paliers aux erreurs de leurs coéquipiers. Et cela crée un troisième symptôme qui est le manque de confiance collectif.

Ajoutez-y le manque de réussite, la gestion calamiteuse de certains cas vu de l’extérieur et on obtient ce début de saison plus que médiocre dans le jeu. Les joueurs ne sont pas des robots, ce sont des êtres humains et malgré leur grand professionnalisme, tout ceci est malheureusement possible.

Mais alors, quels sont les remèdes Docteur ?

Lorsqu’on lit tout ça et qu’on est des passionnés de notre club comme nous le sommes, on peut facilement se dire qu’il faudrait sérieusement songer au suicide, mais, souvenez-vous, le titre de l’article est « Des raisons d’y croire ». Alors avant d’attacher votre corde à la poutre de votre salon ou d’être tenté par la boite entière de Xanax qui vous crie de venir la chercher du fin fond de votre pharmacie, respirez et lisez la suite.

Les maux ci-dessus évoqués ne sont ni rédhibitoires, ni incurables et pour plein d’excellentes raisons.

Tout d’abord l’adage qui dit que dans le football tout va très vite est vrai. D’ailleurs tous les adages du foot sont vrais. « L’important c’est les trois points », « l’important c’est le collectif » etc. Tout est vrai ! Effectivement dans le football, tout va très vite et les vérités d’un jour ne sont pas forcément celles du lendemain. Nous sommes sixièmes de Ligue 1 avec 4 points de retard sur le deuxième. Donc croire aujourd’hui que tout est joué n’a absolument aucun sens. Ah oui, j’avais oublié un autre adage adoré de tous les dirigeants du monde : « C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens ».

Ensuite, en ce qui concerne la confiance, elle peut très vite changer de camps et revenir dans le nôtre. Nous avons un enchainement de huit matches jusqu’à la trêve hivernale et ils sont tous à notre portée, même avec notre niveau de jeu actuel et avec une série de quelques bons résultats (sans parler de jeu) cela pourrait aider à basculer du bon côté.

Beaucoup ont décrié la gestion du cas Mitroglou lors de sa sortie à la pause du match contre Dijon. Et il est vrai que vu de l’extérieur, cela peut apparaitre comme une punition. J’étais dans le virage lors du match et sur son fameux raté, j’ai entendu la bronca s’élevant des virages. J’ai vu Mitroglou prostré à genoux dans la surface dijonnaise jusqu’à ce que Payet vienne le chercher pour le relever. Et je me suis fait la réflexion que mentalement il devait être au fond du trou. Et si finalement Garcia n’avait pas sorti son attaquant Grec que pour le protéger comme il l’a dit en conférence de presse ? Nous ne sommes pas dans le vestiaire et il y a une chose certaine, vu de notre côté de la barrière, les joueurs n’ont pas lâché leur entraîneur sinon la situation serait bien plus catastrophique et en réalité, elle ne l’est pas du tout.

Après si la question est de savoir s’il faut trouver un point de chute à Mitroglou cet hiver et le remplacer, à mon sens la réponse est oui. Mais encore une fois, faire un changement juste pour faire un changement, ça n’a pas vraiment de sens.

La gestion des deux jeunes recrues étrangères prête également à polémique. Mais force est de constater qu’à chacune de leurs apparitions cela n’a rien donné de vraiment concluant. Ils ont besoin de temps pour s’adapter, Garcia le leur donne. Ils ont aussi besoin de comprendre ou ils ont signé. Marseille, ce n’est pas le club Med, au contraire. Et lorsque j’ai vu le saut de lilliputien de Caleta-Sar face à La Lazio sur le premier but, je me suis dit qu’il n’avait aucune combativité. Alors, il est jeune, il ne sait pas où il est mais se faire manger dans un duel aérien de la sorte quand on mesure sa taille en plus, cela n’est pas acceptable même après quelques matches sans jouer. Pour gagner une place de titulaire lorsqu’un jeune ne l’est pas naturellement, il faut faire plus et mieux quand il a une chance de montrer de quoi il est capable. Un club de foot, ce n’est pas que dans la gestion de l’instant présent et du match qui suit. Des jeunes ça peut s’exposer ou se protéger en fonction de tellement de paramètres.

Attention, je ne me fais pas l’avocat de Garcia, je pointe juste que peut-être le vécu de l’intérieur et largement différent de ce que nous voyons de l’extérieur. Tout comme la communication « ultra langue de bois » balancée aux médias doit être largement différente en interne. Ceci étant lorsqu’il dit, par exemple, que le début de saison n’est pas catastrophique comptablement, désolé de vous l’annoncer, mais il a raison. Garcia nous sort son plus beau pipeau et fait danser la presse de sa douce musique de langue de bois. Tapie faisait la même chose, Aulas fait la même chose, Genesio fait la même chose, Guardiola fait la même chose et que dire de Mourinho. Nous n’aimons pas, certes, mais si en fin de saison il remplit son objectif, on l’aura presque tous oublié.

Fakir Roudi et Serpent Thauvin

Le dernier point positif, selon moi, est notre président. Et là, je vous entends déjà me traiter de tous les noms possibles et imaginables. Mais une chose est sûre, Eyraud a sans doute quelques défauts notamment sa communication très marketée – et cela n’engage que moi – mais il est d’une droiture qui ne fait absolument aucun doute. S’il doit aller dans le mur, il ira mais il ne s’arrêtera pas avant d’avoir touché le mur. Et ce que vous pensez être un défaut sans doute est selon moi une qualité. Il ne lâchera pas son entraîneur sous la pression populaire. Mieux, il n’a que faire de la pression populaire – on le voit avec la gestion des virages – car il est convaincu que sérénité et stabilité sont les ingrédients pour atteindre les objectifs qu’il a fixé. Et l’objectif principal du club est de finir dans les trois premiers en fin de saison. Rien d’autre. Peu importe que ça joue bien, mal ou moyennement. Le travail accompli depuis l’arrivée du quatuor McCourt, Eyraud, Zubizaretta et Garcia est pharaonique et on ne s’en rend pas compte.

Ces hommes-là, sont en train de construire les fondations du futur OM, ce que personne n’avait jamais fait. Et nous devons leur laisser le temps de construire sereinement ces fondations. Ils savent parfaitement où ils sont, mais leur vision – que je ne partage pas forcément – est très tournée football business et c’est hélas la direction que notre sport préféré a pris. On peut le déplorer, mais on ne pourra pas le changer tant le rouleau compresseur est puissant. Si Garcia ne remplit pas ses objectifs et notamment celui d’être dans le trio de tête, je suis convaincu qu’Eyraud en tirera les conséquences et prendra les bonnes décisions, mais pas avant. Et je fais partie de ceux qui pensent que la stabilité est une bonne chose en football. Pour preuve, à l’exception de Nantes, tous les clubs ayant changé d’entraîneurs en cours de route depuis le début de saison, n’ont absolument pas redressé leur situation et même Nantes pour son premier match s’était fait atomisé 3-0 par Bordeaux.

Le remède principal, en ce qui nous concerne, est surtout de ne pas lâcher notre Olympique de Marseille parce qu’au final, à quelques exceptions près, nous souhaitons tous que nos dirigeants réussissent et remettent l’OM à la place qui est la sienne. Nous pouvons ne pas être d’accord avec les méthodes, parfois avec les choix, mais nous ne détenons absolument pas les cordons de la bourse et ne pouvons que faire des constats après coup. Et croyez bien que si c’était si facile, ça ne nous amuserait pas et ça se saurait. Je lis et entends tellement souvent : « Non mais, tu vends Mitroglou 25 millions, Ocampos 12 millions et avec les sous tu rachètes Messi et une machine à Chichis parce que j’adore les Chichis ! »

Je ne prétends pas maintenant que les choix du club sont les bons, que ceux de Garcia ne prêtent pas à la critique, je dis juste qu’il est encore beaucoup trop tôt pour le dire et que tant qu’on est dans le bon wagon, il n’y a pas péril en la demeure.

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A propos de Tacle Glacé


Supporteur de l'OM depuis sa naissance et même avant j'étais un spermatozoïde engagé !
Article lu 1015 fois, écrit le par Tacle Glacé Cet article a été posté dans Tribune libre et taggé , , . Sauvegarder le lien.

Une Réponse pour Des raisons d’y croire ? (la suite)

  1. Tout est dit, merci et bravo

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