par IceCold » 09 Nov 2011, 20:00
Pour comprendre l'attachement qu'avaient une majorité d'italiens à mettre Berluska au pouvoir, il faut contextualiser la situation de l'Italie d'abord, la situation de l'homme ensuite.
L'Italie, un pays qui, comme beaucoup de pays en Europe, a choisi son camp lors de la Guerre Froide : le libéralisme américain est l'idéal à atteindre. Or dans un pays de magouilles et de complaisance "méditerranéenne" envers elle, dans un pays où certaines entreprises mafieuses prouvent que la loi du plus fort peut être une réalité encore aujourd'hui, la bourgeoisie vit dans un certain désespoir.
Par exemple lorsqu'est mort Steve Jobs, un récit a tourné sur le net : "Si Steve Jobs avait été napolitain". Il décrit bien la frustration ressentie par beaucoup d'italiens face à l'impossibilité de faire les choses dans les règles. Le sentiment d'appartenir à un pays complètement différent du reste du monde, parce que trop excessif dans les non-règles. Bref, ça déifie la légalité.
Et dans ce gros bordel, voilà qu'arrive un jour leur Bernard Tapie. Le même... parti de rien, il est au début de sa carrière dans l'immobilier, et se glisse peu à peu dans le monde des médias. De fil en aiguille, il devient conseiller politique, puis suite à un scandale qui déclenche l'éclatement du principal parti italien de l'époque, parti de centre-droite, il fonde son propre parti. La suite on la connait : 3 fois élu, c'est pas rien, on peut difficilement plaider l'erreur.
Mais voilà, plus qu'à sa politique, c'est justement à sa vie que se sont raccroché tant d'italiens pendant tant d'années ; en dépit des scandales de moeurs, en dépit de ses multiples dérapages verbaux et non-verbaux (en plus du top 10 de la page précédente, on aurait pu rajouter la mitraillette mimée à un journaliste russe, ou encore la fois où il snoba la Merkel durant un meeting européen), beh Berluska c'était surtout un mec "comme eux" à la base qui avait su atteindre le sommet, dans un pays où, pour beaucoup encore, cela semble impossible.
Le problème dans la politique italienne sur les dernières années, ce ne fut pas tant Berluska, mais le manque d'alternatives assez crédibles. Allez, pour le plaisir une illustration qui illustre cette dernière phrase
- Fichiers joints
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- -j'ai l'impression que ce sera bientôt à nous de gouverner
-aïe!.. tu sais comment on fait toi?
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Ancien amoureux de l'Ohème. OMliveWiki!