J 35 | RCSA-OM : l’Europe, tu t’es vu quand tu y as cru ?

Après une énième purge assortie d’une défaite qui a condamné les maigres espoirs européens qui subsistaient chez les supporteurs olympiens, le voici qui s’avance, bien moins éthéré que la capacité à l’introspection de l’andouille nous faisant office d’entraîneur : le spectre d’une nouvelle défaite immonde telle que l’OM en a le secret. Bien malin qui pourra prédire à quelle sauce les Alsaciens mangeront leur choucroute, mais nul doute que la gueule de bois sera marseillaise…

Cette sixième place, même si elle peut paraître décevante, ce sera la sixième place du cœur, et ça n’a pas de prix !

Quelle descente !

Ah quand on repense à cet OM-TFC du début de saison… Quel souvenir, on s’y voyait déjà ! Auréolés d’une finale européenne, on s’imaginait déjà disputer le titre à notre meilleur ennemi ! Payet allait marcher sur l’eau, le duo Strootman-Gustavo allait manger tous les milieux de Ligue 1 et permettre au club d’assumer son statut en Europa League, avec, pourquoi une nouvelle finale en point de mire, et enfin une victoire au bout (pourquoi pas ?). Et puis Mitroglou allait enfin avoir une préparation complète, et là, tous les pisses-froids verraient de quel bois il se chauffe ! Bref, nous rêvions paisiblement à une saison qui ne pouvait pas mal tourner !

Trente quatre jours plus tard, voici que l’OM vacille tel un pilier de bar ayant largement surestimé de ses capacités d’absorption de substances alcoolisées. Quand on regarde dans le rétroviseur du parcours de la maison olympienne, au sein d’une Ligue 1 d’un niveau affligeant, on se demande quand même comment nous avons pu en arriver là. Dans une étonnante allégorie de la loi de Murphy, tout ce qui risquait de prendre un mauvais tour à effectivement fini par le faire ! Et quand on dit tout, c’est vraiment tout ! Passons donc en revue ces trente quatre jours de la vie d’un alcoolique irrécupérable !

Jour deux, l’OM se présente à Nîmes dans son chemin de croix éthylique, et non content d’aborder le défi lancé par son voisin sans avoir dégrisé de sa facile victoire contre les hauts-garonnais, il ne prend pas garde de vérifier si le barman respecte le dosage de son Pastis… Résultat, une nuit passée dans le caniveau après le troisième verre, et une belle gueule de bois !

Jour quatre, l’OM  va voir son très aisé cousin monégasque, et c’est peut-être là ou tout a basculé. Je vous vois venir, oui notre alcoolique favori a gagné ! Mais il a tellement surestimé sa victoire face à un adversaire qui soignait sa cirrhose qu’il s’est persuadé que c’était enfin le tournant de sa carrière de champion de ballon ! Et il faut bien avouer que nous l’avons encouragé, crachant sur les observateurs qui, une fois n’est pas coutume, étaient dans le vrai en soutenant que nous avions affronté un type qui était déjà à trois grammes au moment d’entamer le concours. Oui nous l’avons encouragé en pensant qu’il avait trouvé le bon rythme pour avoir le coffre nécessaire pour les trente quatre suivantes ! L’OM avait bel et bien trouvé son rythme de croisière, mais il n’allait pas être celui que nous avions imaginé !

Une croisière all-inclusive qu’y disaient !

Jour six, l’OM se déplace en région lyonnaise. Toujours sur son nuage après le retournement de situation face à Monaco, il y va la fleur au fusil, en confiance, et croit tenir le bon bout quand il répond à son ennemi juré. La suite appartient à l’histoire, puisque le cuistre rhodanien enchaîne les levés de coude avec une aisance déconcertante, tandis que le Marseillais lui tombe de son tabouret, incapable de savoir si ce qu’il boit est même une substance légale dans le commerce !

Tournée européenne, jour quatre, après n’avoir pas su tenir son rang dans son troquet favori, voici que le poivrot OM va faire du tourisme à Rome pour répondre à un concours de shot de limoncello ! Bien en jambes, il se voit déjà tenir la distance, mais, surpris par la liqueur de citron, il se laisse dépasser par le spécialiste de la discipline et finit par rouler comme une barrique sous la table des ses ambitions européennes et nous plonge à notre tour dans une certaine dépendance aux molécules psycho-actives !

Non content d’avoir bu le calice jusqu’à la lie en Italie, notre pilier de comptoir favori décide, en cette jour six d’Europa League, d’aller se prendre une rafale à l’Ouzo en terre chypriote, en se faisant humilier comme un lycéen acnéique décidant que ça y est, il est un homme, et qu’il peut donc finir la demie bouteille de rosé que ses parents ont laissé sur la table après le repas. Las, même face à un mec à la cool qui tient assez mal la tisane, il finira dans son vomi, en slip, et dépossédé de sa dignité.

Il touchera le fond lors de la provocation d’un jeune paltoquet tout frais sorti de l’œuf, lors du jour un de sa tournée des campagnes, qui viendra retourner ses verres de guignolet sur le dos de son crâne plaqué contre le bar lors d’un séjour à priori calme, censé se dérouler du côté d’Andrézieux-Bouthéon. Mais cette fois-ci, c’en était trop, notre chevalier blanc de l’éthylotest avait décidé de se refaire la cerise et de sortir la tête de la cuvette qui lui servait d’oreiller depuis bientôt cinq mois ! Oh bien sûr, cela n’allait pas se faire tout seul, et il allait encore connaître quelques lendemains difficiles, mais il allait agir pour retrouver sa dignité, se redresser pour montrer qu’il n’était pas qu’une vaste blague tout juste bonne à susciter les moqueries.

Mon OM chez les curistes

Fort de ses nouvelles résolutions, et après quelques soirées difficiles loin des bras de Bacchus, voici que que notre héros nous revient dans un esprit de sainteté ! Nanti d’une cure de dégrisement à l’italienne déjà expérimentée, mais ayant lassé du côté de Nice, notre champion est bien parti pour retrouver un semblant de dignité propre à lui rendre un fragile, mais réel crédit dans sa quête de rédemption . Plus sobre qu’un chameau à la bosse pleine, il essaie de se racheter auprès des siens ! Il parviendra en effet à visiter pas moins de six bars certifiés licence 4 sans trembler, se laissant parfois aller à une certaine faiblesse qui ternira un peu l’allégresse généralement de mise après une telle série. Pourtant, la cure Balotelli et le changement de tactique faces aux verres proposés indélicatement semblait porter ses fruits et augurait des lendemains chantants.

Recevant, après le rendez-vous manqué du jour dix-huit, les amateurs de gros rouge qui tache, mais qui se la pètent, dans un bar vide, le nouvel OM ne laisse rien passer pour entamer sa pénitence. Certes, on pourra lui reprocher d’avoir manqué de vice au moment de refaire le niveau du verre pendant que l’opposant était parti pisser, mais il aura honoré ses engagements en faisant en sorte de balancer discrètement le contenu de son verre dans le pot de fleur environnant pour finir sa soirée en conduisant lui même le Uber qu’il avait commandé en prévision d’une éventuelle déconvenue !

Malgré la bassesse d’un barman indélicat du côté de Rennes, le vingt-sixième jour, qui aura vicieusement coupé son verre d’eau au chouchen pour l’empêcher de sortir triomphant de son combat contre ses démons, il arrivera tout de même, le jour d’après à nous proposer son plus beau visage de l’année face à des foreziens, qui , comme lui quelques mois auparavant, cherchaient le chemin de la sobriété. Il aura réussi à les faire tiser comme des responsables de l’opposition parlementaire au moment de fêter un plan social passé de sept cent cinquante suppressions de postes à « seulement » sept cent trente vies brisées, avec pour résultat de nous faire croire à un véritable succès de sa cure de désintoxication !

Impression d’autant plus notable que notre buveur d’eau préféré allait, deux jours plus tard, se déplacer chez le taulier parisien, lequel, depuis la visite d’un spécialiste grand-breton de la pinte de trop, ne passait plus sous les deux grammes pour essayer d’oublier qu’il engloutissait, depuis huit ans, l’intégralité de sa paye dans des techniques onéreuses de résistance à l’alcool, sans jamais y trouver une quelconque amélioration hépatique.

La tête dans le seau

Ainsi, quand, armé de sa nouvelle lucidité, celui qui ne met plus de Pastis dans son eau, rentre dans un bar glauque de la Porte de Saint-Cloud avec une certaine confiance, on imagine mal que le piège est derrière le comptoir ! Et pourtant, le tavernier sans tendresse qui se trouve face à lui va réussir à profiter de cette confiance presque trop belle pour être vraie, pour lui servir de l’eau coupée au Fernet-Branca, et l’étendre pour le compte après l’avoir laissé vaguement espérer. Pourtant, tout était réuni pour profiter d’une belle soirée dans la capitale : un tenancier aux abois, une confiance (presque) retrouvée, et des habitués du bar la tête dans leurs chaussures. Mais, un alcoolique n’étant jamais aussi vulnérable que lorsqu’il est sûr de lui, le notre a lamentablement chuté dans l’escalier alors que la marche était largement à sa portée !

Je crois que nos chances de guérison sont très minces

C’est ainsi que l’OM entamera sa chute, lors des deux jours suivants, après n’avoir pas su se préserver à l’occasion de la visite d’un pochtron angevins déjà sonné après le deuxième verre mais qui trouvera malgré tout la force de lui rendre la pareille, et surtout après une overdose de piquette bordelaise le jour suivant. Il essaiera bien de croire en ses nouvelles résolutions pendant deux jours, en vacillant tant bien que mal d’un bout à l’autre de la France, et d’un bout à l’autre des motifs de fâcherie.

Résistant au chouchen breton dans un ultime sursaut d’orgueil, avant de sombrer lamentablement à la tournée suivante servie par une vile engeance de Loire-Atlantique, laquelle aura même eu l’insigne honneur de réussir à le convaincre de baisser son froc ainsi que son slip kangourou et par la même lui faire comprendre qu’il avait définitivement perdu le peu de grandeur qu’il lui restait !

Ainsi s’achève les espérances d’un bonhomme qui avait tout pour lui, mais qui aura laissé deux alcoolos notoires le convaincre de se vautrer dans sa gerbe après avoir trop fêté un presque titre de meilleur alcoolo junior d’Europe. Deux tentateurs qui l’auront vu trop beau et nous l’auront montré trop beau. A l’heure où on espère que ces deux poches à vins à l’alcool mauvais vont enfin sortir du bar et de la vie de notre pauvre hOMme, et le laisser reprendre une existence honorable faite de labeur et d’humilité, le chemin de croix n’est pourtant pas terminé, puisqu’il reste quatre jours, quatre longues journées pour achever sa sinistre tournée des bars sous nos regards désabusés.

Le trente cinquième jour pourrait être celui du début de la remontée des enfers, mais hélas, les deux diables sur l’épaule du pauvre garçon sont les égaux de Virgile, ils ne célèbrent que la descente sans jamais autoriser la remontée, ce qui donnera encore une fois aux rédacteurs de MassaliaLive d’être à l’image de l’équipe qu’ils soutiennent, et de finir par s’effondrer, le visage planté dans un plat de choucroute, comme pour rendre hommage à des adversaires, qui, en dépit de moindres moyens mis à leur service dans la lutte de ce fléau qu’est l’ébriété footballistique, ont su garder leur dignité et viser une performance à la hauteur de leurs ambitions ! Bravo à eux. Moralité, quand on veut viser haut, mieux vaut tourner au Pago !

Et puis, quand même, parce que c’est la vie que l’on a choisie, allez l’OM, rend nous un peu de ce qu’on te donne !

 

 

* Rappel : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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A propos de Ragnarok


Juriste de raison, confiseur de métier, ancien habitant du bassin parisien repenti en Marseillais pur sucre qui n'a toujours vibré que pour l'OM. Joueur occasionnel au Z5 (option « pieds carrés et contrôles aléatoires » incluse), et désormais fier rédacteur de Massalia Live !
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2 Réponses pour J 35 | RCSA-OM : l’Europe, tu t’es vu quand tu y as cru ?

  1. C’ est la sinistrose, heureusement les avant matchs savoureux illustrés formidablement pour retrouver un moment de sourire , merci