Beethoven s’était arrêté à neuf, et après lui Schubert, Dvořák, Bruckner et Mahler. Pour s’éviter le risque d’une peu glorieuse défaite à domicile contre Lens, l’OM a préféré éviter de défier la malédiction en s’arrêtant à huit.
Beethoven s’était arrêté à neuf, et après lui Schubert, Dvořák, Bruckner et Mahler. Pour s’éviter le risque d’une peu glorieuse défaite à domicile contre Lens, l’OM a préféré éviter de défier la malédiction en s’arrêtant à huit.
Lyon : un gardien, 9 avants et un numéro 10. Marseille : un inutile, et 10 joueurs incapables de marquer. Et un Jaffredo au milieu. Résultat : deux titulaires qui seront absents pour le gros choc face à Paris, on a souffert de la vue d’Aulas en joie, et la série de victoires s’est arrêtée.
Alors que d’aucuns attendent peu ou prou le faux pas marseillais bien tapis dans l’ombre de leur médiocrité de chapelle, nos olympiens enchaînent les victoires et affolent les compteurs. Même Menès ou Riolo, ces derniers jours, y sont allés de leur couplet presque dithyrambique à l’endroit de la formation conduite par Marcelo Bielsa.
Sevrés de football pendant quinze jours pour cause de trêve internationale, les supporters olympiens ont pu enfin retrouver une équipe qui n’en finit plus de gagner, pour notre plus grand bonheur. Et après nous avoir fait monter au septième ciel lors du déplacement à Caen voici deux semaines de cela, les joueurs marseillais nous ont fait embarquer sur le grand huit ! Un match tout en maîtrise de l’OM face à Toulouse, même si tout n’a pas été parfait – une reprise d’après-trève, c’est toujours délicat – le tout sur fond de Vélodrome chauffé à blanc et qui a pu vibrer comme lors des plus belles heures ohémiennes.
Alors que les trêves internationales étaient auparavant l’occasion de sortir du marasme olympien pour se plonger dans le marasme national – le second étant plus propice aux rires que le premier pour les supporters marseillais – voilà que celles-ci permettent de passer du rêve olympien au plaisir bleu blanc rouge. Comme le disait un célèbre poète français : « la rouetourne a tourné ! » Pourvu qu’elle reste longtemps dans sa position actuelle !
La formule, éloquente, est signée André-Pierre Gignac : interrogé dans la foulée du match que vient de remporter l’OM, l’avant-centre olympien, auteur euphorique du but de la victoire, invoque « la chance du premier ».
Tous les médias l’avaient décrété : ce match face à Saint-Etienne serait le premier grand test pour l’OM version El Loco. Et on peut dire que les Olympiens l’ont passé de façon convaincante, surtout au vu de la première période. Ils ont en effet paru plus émoussés en seconde, laissant les Verts prendre quelques libertés dans le jeu. Mais l’OM est leader avec deux points d’avance sur son dauphin girondin et avec un goal-average de + 14. Alors, que demande le peuple ?
Les mauvaises années, une rencontre OM/Saint-Etienne, c’est le sommet pour les quinquagénaires et plus si affinités. Un match qui sent bon le catalogue de Manufrance et la culture ouvrière de la fin des Trente Glorieuses, la rivalité entre la province où il fait beau et celle on l’on se pèle le jonc les trois quarts de l’année, un match entre le kir et le Ricard, entre la commémoration d’une défaite sur les Champs-Élysées et celle d’une victoire sur la Canebière, l’une remontant aux Calendes grecques, l’autre à celle où Bernard Tapie n’avait pas l’air d’être le grand-père aigri de Belmondo. On ne va pas cracher dans la soupe, on a aimé, mais faut avouer, c’était un truc de has been.
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